Unesco : Ce que gagne un site inscrit sur le patrimoine mondial

Author: Pas de commentaire Share:

En marge de la Conférence internationale sur la circulation des biens culturels et patrimoine en partage ce 1er juin 2018 organisée à Paris par l’Unesco, le Bénin a officiellement reçu la convention d’inscription du complexe W-Arly-Pendjari sur la liste du patrimoine mondial. Occasion pour Bénincultures de faire le point sur les avantages mais aussi les contraintes d’un site inscrit sur la liste de l’Unesco, l’institution de l’ONU chargée de l’éducation, des sciences et de la  culture.

L’image a fait le tour des réseaux sociaux. A Paris, ce 1er juin 2018 pour participer à une conférence internationale sur la circulation des biens culturels et patrimoine en partage (où le président béninois a prononcé un discours à la tribune), la délégation béninoise est officiellement entrée en possession de la convention d’inscription du complexe W-Arly-Pendjari sur la liste du patrimoine mondial. Réserve naturelle partagé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, W-Arly-Pendjari est inscrite depuis juillet 2017 et est une extension du Parc national du W au Niger, inscrit depuis 1996 sur la Liste du patrimoine mondial.

Sur le site de l’Unesco, la réserve naturelle est décrite comme le plus grand et le plus important « continuum d’écosystèmes terrestres, semi-aquatiques et aquatiques de la ceinture de savanes de l’Afrique de l’Ouest ». Il « couvre une vaste étendue de savane soudano-sahélienne intacte, avec des types de végétation comme les prairies, les brousses arbustives, les savanes boisées ou les vastes forêts-galeries ». En outre, le site W-Arly-Pendjari «accueille notamment la plus grande population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest et la plupart des grands mammifères typiques de la région, comme le lamantin d’Afrique, le guépard, le lion ou le léopard. Il abrite aussi la seule population viable de lions de la région ».

Des avantages …

Instituée en 1972 par la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, aujourd’hui ratifiée par 186 Etats parties, l’attribution du label vise à encourager à travers le monde l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité et une application universelle.

L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial lui confère entre autres l’appartenance à une communauté internationale qui sauvegarde les biens d’importance universelle ; l’accès au Fonds du patrimoine mondial ; une assistance d’urgence pour réparer les dommages causés par les catastrophes naturelles ou par l’activité humaine ; la possibilité de bénéficier de plans de gestion, qui définissent des mesures de préservation et des mécanismes de suivi adéquats ou encore une plus grande sensibilisation du public au site et à ses valeurs exceptionnelles, ce qui renforce les activités touristiques sur le site.

… Et des contraintes

Selon le gestionnaire du patrimoine béninois, Franck Ogou, avec son inscription sur la liste du patrimoine mondial, un site « acquiert une reconnaissance internationale et n’est plus la propriété exclusive du pays détenteur. Mais aussi et surtout la gestion et la conservation du site deviennent une priorité selon les standards internationaux et toute action qui pourrait atteinte à son intégrité et à son authenticité peut être objet de déclassement ».

Sur ce dernier point, il convient de retenir que l’inscription sur la liste du patrimoine mondial induit un suivi de l’Unesco, qui peut déclasser un lieu. Cette menace a joué en faveur du centre historique de Vienne (Autriche), dont la municipalité a abandonné un projet de construction de quatre tours, et également du plateau des Pyramides, en Egypte, dont le projet autoroutier a été dévié. Par contre, la Vallée de l’Elbe à Dresde en Allemagne et le Sanctuaire de l’oryx arabe en Oman ont été retirés de la liste respectivement en 2009 et en 2007.

Eustache AGBOTON ©www.benincultures.com

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

Previous Article

Universités Ouvertes de la Société Civique en Afrique : Gratien Ahouanmènou honore le Bénin

Next Article

Patrice Talon : la restitution des biens culturels, « un moyen de lutte contre la pauvreté »

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *