SHE’S ON FIRE : Promouvoir l’accès des filles à l’art et la culture à travers la danse

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La 4e édition du festival international de danses urbaines exclusivement féminin « SHE’S ON FIRE » organisé par l’Association I AM AFRO, a été officiellement lancée le mardi 12 septembre 2017 à Cotonou. La cérémonie de lancement a eu pour cadre l’enceinte du restaurant TERANGA de la Haie vive et a connu la participation des festivalières, de plusieurs danseuses professionnelles venues de divers horizons et des partenaires.

Au cours de cette conférence de lancement, les organisateurs ont porté à l’attention du public les motifs d’existence de ce festival et ses objectifs. Selon Kevin Adjalian, président de l’Association I AM AFRO et promoteur du festival, l’idée d’organiser SHE’S ON FIRE est né d’un constat. Celui du désintéressement des filles au secteur culturel. « Pour commencer, on avait déjà organisé un festival de danse ouvert à tout le monde. Par la suite, on a remarqué qu’il n’y avait presque pas de filles qui ont participé. Cet état de chose a attiré notre attention. Ce n’est pas que les filles ne savent pas danser. Alors pourquoi n’osent-elles pas s’afficher dans les domaines de l’art et de la culture ? D’interrogations en interrogations, on est parvenu à l’idée d’initier ce festival », explique-t-il.

La première édition du festival s’est ainsi déroulée en 2013 avec comme vision principale de valoriser les danses urbaines au Bénin à travers la gent féminine et offrir à ces filles une opportunité de développer une carrière professionnelle dans la danse. Au fil du temps, la vision du festival va s’agrandir. « Les objectifs du festival ont évolué au fur et à mesure que l’évènement prenait de l’ampleur. A côté de la promotion de l’accès des filles à la danse, nous avons pensé qu’on pouvait les amener à entreprendre dans le domaine de la culture. Aujourd’hui, non seulement nous encourageons les filles à faire carrière dans la danse, mais nous les motivons aussi à l’entrepreneuriat culturel », fait remarquer le danseur-chorégraphe.

C’est pour cela que cette édition est placée sous la marque de l’entrepreneuriat culturel avec comme particularité l’insertion d’un concours d’entrepreneuriat culturel dans les activités du festival. Les jeunes filles auront donc à rédiger un projet culturel qu’elles auront à défendre devant un jury.

« Femme, passion, et vie professionnelle »

« Entreprendre dans le domaine de la culture en étant femme reste un acte qui nécessite du courage, de l’audace et des compétences ». C’est ce qu’il convient de retenir de la première séance d’échanges et de partage d’expériences organisée dans le prolongement de la conférence d’ouverture au profit des festivalières. Mariama Touré, Nadia Chitou et Astrid Djidjoho ont entretenu les participantes autour du thème « Femme, passion, et vie professionnelle ». Plantant le décor et répondant à la question d’une des participantes de savoir comment nourrir sa passion culturelle et réussir à réaliser un projet de type culturel, Mariama Touré, directrice du 1er centre de danses urbaines au Sénégal « The Dance Hall », est allée droit au but. « Il n’y a pas de miracles pour réaliser un projet culturel. Vous devez vous armer de courage, de bravoure et d’une bonne maîtrise de votre domaine. Quand ces conditions sont réunies et que vous osez, vous ne pouvez que réussir » confie-t-elle.

Et à Nadia Chitou, directrice de publication d’un magazine de mode « Racine Magazine » de renchérir, « nous sommes dans un secteur dont la masse ignore toute l’importance. La culture n’est pas vue comme un domaine dans lequel on peut faire carrière. Donc pour entreprendre dans ce domaine et réussir, il faut un mental d’acier et de très bonnes potentialités à la hauteur de la mission à accomplir ». Comment alors faire preuve de courage dans une société où la femme est discriminée, confrontée à des barrières de vie conjugale qui freine son élan de réussite ?

A cette question, Astrid Djidjoho estime que c’est à la femme de ne pas laisser de faille pour que la société la détourne de ses visions. « Les gens ont des préjugés sur des femmes qui sont dans le secteur de la culture et tente même de dresser des limites devant celle-ci. Mais je pense c’est à la femme de travailler, de ne pas se laisser ralentir. Plusieurs festivals culturels sont portés aujourd’hui par des hommes. Et pourquoi pas les femmes ? La femme est capable et elle doit le prouver », clame-t-elle.

Avant de conclure, les communicatrices n’ont pas manqué de préciser que comme dans tous domaines, les difficultés sont précises et qu’il faut se doter de la force de les surmonter. « Entreprendre dans le domaine culturel est difficile pour une femme. Cependant, ne regarder pas les difficultés. Osez et vous réussirez. Je vous invite donc à massivement participer au « Cultural Entreprise Challenge » organisé dans le cadre du festival » affirme Mariama Touré pour finir.

En plus de ce concours, plusieurs autres activités sont au menu de cette 4è édition du festival. Il s’agit des ateliers de formations sur la danse et le Battle She’s on fire qui est une compétition de danse entre plusieurs duo de jeunes filles venus de la France, la république Tchèque, le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Bénin.

Chanceline MEVOWANOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

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