Renforcement de capacités des éditeurs : le livre numérique au cœur d’un atelier

Author: Pas de commentaire Share:

 

Du 09 au 13 juillet 2018 se déroule au Bénin, plus précisément dans les locaux de l’Hôtel Paradisia, un atelier de formation organisé  à l’endroit des éditeurs pour l’initiation à la fabrication et la commercialisation de livres numériques. La cérémonie officielle de lancement qui s’est tenue ce lundi 09 juillet dans la salle de conférence de l’Hôtel Paradisia a connu la présence effective du Directeur des Arts et du Livre (DAL) Koffi ATTEDE. Cet atelier qui s’inscrit dans le cadre des activités relatives à la célébration des vingt ans d’existence des Éditions Ruisseaux d’Afrique est une initiative de l’Alliance Internationale des Editeurs Indépendants en partenariat avec les Editions Ruisseaux d’Afrique.

Soutenue par l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’atelier qui s’ouvre ce 09 juillet 2018 rassemble des éditeurs d’ici et d’ailleurs en occurrence ceux de la sous région ouest-africaine et d’autres contrées du monde. On peut énumérer entre autres pays l’Algérie, le Bénin, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, l’Haïti, la Madagascar, le Togo, le Sénégal et la France. Cette formation va permettre aux participants de renforcer leurs capacités dans la fabrication et la commercialisation des livres numériques. A l’ère du numérique, la dématérialisation s’impose comme une nécessité pour la survie d’une activité. Ailleurs, le livre s’est dématérialisé, et c’est heureux de constater ce début de changement chez nous, précise Le DAL. Pour Béatrice LALINON GBADO, Directrice des Éditions Ruisseaux d’Afrique, le secteur du livre ne peut rester en marge de ces nombreuses mutations technologiques qui s’opèrent. Et cette formation vient donc à point nommée. Jusqu’au 13 juillet, ils seront entretenus entre autres sur le lexique du « Livre numérique », la réalisation d’un epub et sur les stratégies pour réussir la diffusion,  la distribution des livres numériques en Afrique de l’Ouest, ajouta-t-elle. Il ne serait pas superflu de rappeler les principaux formateurs qui sont Gille Colleu des Editions Vents d’ailleurs (France),  Emma SHERCLIFF de Cassava Republic, du Nigéria et  Bako Malam ABDOU des Éditions Gashingo (Niger).

Le livre numérique et le contexte béninois 

Le livre numérique encore appelé libre électronique, livrel ou e-book en anglais désigne à la fois un texte appareil permettant d’afficher et de lire ce type de contenu. Présenté souvent comme le concurrent de la version papier, le livre électronique est une aubaine dans certains pays comme le Bénin où l’accès aux livres papiers continue d’être un luxe. À Cotonou, ville phare du Bénin, seules les bibliothèques de l’Institut Français, du Centre Culturel Américain ou du Centre Culturel Chinois constituent des références fiables aux chercheurs en quête de repères. L’État central ne dispose d’aucun espace public de connaissance. Dans ces conditions, le livre numérique constitue une opportunité pour tous les acteurs à travers les nombreux avantages qu’il présente : disponibilité, facilité d’accès, usage interactif. Cependant, l’utilisation du livre électronique fait appel à des pré-requis en informatique et un environnement favorable à l’innovation. De ce point de vue, il serait carrément impossible d’utiliser et de généraliser le livre numérique dans le contexte béninois car les autorités, cadres et intellectuels sont parfois réfractaires à l’innovation ou ne sont pas encore sensibles aux avantages de la technologie. En 2018 par exemple, par la note circulaire N° 001/MESTFP/DC/SGM/SA du 03 janvier 2018, le Ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle, le Professeur Mahougnon KAKPO a interdit l’usage du téléphone portable aux heures de cours aux enseignants et aux élèves dans les établissements scolaires, alors que le smartphone fait partie des outils de lectures des livres numériques. Mieux, les établissements scolaires ne disposant généralement pas de bibliothèques traditionnelles, les livres électroniques s’aperçoivent aujourd’hui  comme des dispositifs indispensables à la formation des apprenants. Les e-bibliothèques peuvent résoudre les problèmes d’accès à la connaissance et aider à bien former nos élèves.

Par ailleurs, la gestion des droits d’auteurs en ligne reste un autre défi qui soulève encore des interrogations pertinentes. Où en est-on au Bureau Béninois des Droits d’Auteurs ? « Une chose est de rendre le livre numérique disponible mais une autre chose est protéger les droits des auteurs. Je me propose avec Ruisseaux d’Afrique, l’OIF et d’autres partenaires de rééditer un exercice comme celui-ci consacré à la gestion des droits d’auteur en ligne » a soulevé le DAL Koffi ATTEDE.

 

Paterne TCHAOU 

 

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

  Next Article

Babingo, au nom des acculturés : langues nationales, identités culturelles et développement

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *