Quinzaine de la photographie au Bénin : Des images, reflets des situations de troubles, exposées

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Pour la 4e édition de la Quinzaine de la Photographie au Bénin, les photographes venus de plusieurs pays exposent leurs différentes œuvres sur le thème du festival « La photographie en temps de troubles ». Cette série d’exposition est intervenue après le vernissage qui s’est déroulé le lundi 30 octobre 2017 au Centre Culturel Chinois de Cotonou.

« Nous nous battons chaque jour pour créer une Afrique révélée, une révélation qui ne peut se faire sans la lumière et les photographes sont la lumière». C’est à cette assertion de Désiré Bada, secrétaire général des photographes du littoral  que se résume l’exposition de la Quinzaine de la Photographie au Bénin. Et pour rapporter cet objectif global  au thème du festival, les expositions de la Quinzaine de la Photographie au Bénin visent à lever le voile sur les troubles, les crises, les remous sociaux qui agitent le continent, les transposer dans une certaine dimension artistique et par ce biais, véhiculer un message de paix et d’union. Selon Didier Kpassassi, délégué général de l’Association des Photographes d’Art du Bénin, promoteur de la Quinzaine de la Photographie, les expositions ouvrent un champ d’interrogations sur la question des troubles en Afrique et, dans un même temps, portent un message fort pour la réconciliation de l’Afrique avec elle-même.

Une diversité qui interroge

La particularité des expositions de cette 4e édition de la Quinzaine de la photographie, c’est la diversité de la démarche artistique des photographes qui exposent. Babacar Traoré, photographe sénégalais venu sur le festival a exposé des images de murs sur lesquels sont inscrits des messages. Pour lui, les murs dans les situations de crise ont servi de support aux populations pour exprimer et porter leur voix. « Mon exposition présente la manière dont les peuples s’expriment en temps de troubles à travers les graffitis ou les messages écrits sur les murs », explique-t-il. Le Burkinabé Mohamed Ouédraogo quant à lui, va exposer des images d’une insurrection populaire survenue au Burkina Faso en 2014. Sur ces images, on y voit une autre forme d’expression des peuples en temps de crise qui véhicule un message.

Avec Wilfried Nakeu et Yvon N’gassam, tous deux photographes camerounais, la démarche va changer pour nous expliquer que l’absence de violence n’est pas synonyme d’absence de trouble. Wilfried Nakeu expose en effet des photos issues d’une typographie qu’il explique en ces termes: « Mes photos en elles-mêmes sont troublées. J’ai pris les images, j’ai enlevé toutes les couleurs, j’ai travaillé avec le blanc et le noir et ça a abouti à un résultat spectaculaire. Nous voyons les vrais visages des personnages, leur expression et de là nous pouvons déduire si ces personnes sont troublées car le trouble peut aussi être psychologique ».  Quant à Yvon N’gassam, à travers ces images exposées, il interroge l’univers d’après coït d’un couple. Selon lui, le trouble aussi peut venir d’une vie sexuelle non épanouie. « Aujourd’hui le terrorisme sévit. Et nous entendons que des personnes offrent leur vie pour servir de kamikaze parce qu’on leur a promis des vierges au paradis. Si ce monsieur je suppose avait une vie sexuelle comblée et épanouie sur terre, est-ce qu’il va penser aux vierges qu’on lui a promis au ciel ? Donc j’ai pris la sexualité de l’homme, qui peut être source de trouble également pour aborder la thématique du festival » explique-t-il. Les expositions se poursuivent dans plusieurs villes du Bénin à savoir Cotonou, Porto-Novo, Abomey, Ouidah.

Chanceline MEVOWANOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

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