Musique : Kunpân, la voix de Koussoukouingou

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Les attraits de son Koussoukouingou natal enveloppe son oeuvre. De ses terres ensoleillées aux chaudes verdures, de son berceau du tourisme national, elle a gardé le timbre et s’en fait une fière ambassadrice. Kunpân vient au devant du showbiz national avec son premier album « Tchétènè » qui cache bien d’autres projets.

Edith N’Tcha N’po à l’état civil, Kunpân est une promesse montante de la musique Otammari. Déjà engagée dans la composition de son deuxième album, la chanteuse des hauteurs de Koussoukouingou dans la commune de Boukoumbé au nord ouest du Bénin, s’active à faire découvrir davantage ses charmes musicaux à ses compatriotes.

Dix titres pour le compte de son premier opus « Tchétènè », rendu public depuis novembre 2013. « Tchétènè », changez !, donne à définir une chanteuse au grand cœur. Elle part sur le principe de la bonté de l’humain. Une foi qui trouve ses assises dans sa conviction de la possibilité etd e l’harmonie du vivre ensemble. La religion n’est pas loin de ses choix et l’on découvre au fil des morceaux, une chanteuse sensible à l’homme, à Dieu, à l’amour, à l’Afrique.

Kunpân comme nom d’artiste, « Dieu donné » en Ditamari, est déjà un choix d’identité que porte Edith N’tcha pour sa carrière musicale. Un appel au renouveau de l’être, pour une ascension positive. Pratiquant la musique depuis son jeune âge, elle se résout à la composition dès 2006. Alors, très vite, son terroir en émerge. En même temps, elle n’omet pas son environnement, proche comme lointain. L’espoir s’y formule ; les vicissitudes de la vie également, celles de la mère, de la femme. Elle se forge résolument l’armure de l’amour pour y faire face. Tout doucement naissent de ses nuits, ses moments de grâce en termes d’inspiration, des titres comme « Tuntè », « Koutchétè », « Je t’attendrai »

On danse avec « Tchétènè ». Avec cette sensation d’entraînement sur les rythmes des origines de l’artiste. Rythmes qu’elle a copieusement liés aux usages de la musique pour créer cette touche qui part de la tradition à la rencontre la modernité. Les sonorités sont ainsi du Tipenti, du Dikpantiri, du Koutchati, de la Salsa ou du le Zouk. Mais cet album, c’est aussi de la philosophie et de la réflexion, notamment sur le statut de la femme, au foyer comme dans la société, la scolarisation des enfants, etc. On le note avec des morceaux tels que « Akari », « Itè Africa », « L’homme », « Onitipoku ».

De sa voix, promesse d’une pure caresse, certes héritée d’une longue expérience de choriste mais qui se doit cependant de se bonifier encore, Kunpân balance aisément sur différents airs et emporte facilement l’écoute. Accompagnée en majorité d’instruments à vent ou à corde (flûte, guitare, trompette), elle chante sur cet album en français, en Ditamari et sobrement en fon. Celle dont le modèle unique est Angélique Kidjo, tant dans la prestance de sa voix que dans sa présence scénique, est déjà reconnue pour la qualité de son travail au plan national.

En 2014, elle est primée à la troisième place de la finale de la 17e édition de la Coupe national du vainqueur des artistes du Bénin – Conavab –. Une distinction qui, loin de la satisfaire, la remet en scelle. Elle nourrit alors, pour la saison musicale 2015, le projet d’une série de concerts live pour mieux se montrer aux populations de son pays, celles de Natitingou, de Kandi, Parakou, par prédilection au départ. « Un artiste, c’est d’abord des concerts », fait-elle entendre, pleine d’engagement.

« Elle ne s’est pas trompée en choisissant de faire de la musique car elle a une voix très posée et son appartenance à un grande chorale chrétienne lui confère forcément des pré-requis dans le domaine », fait savoir Karl Tanguy Tokoudagba, promoteur culturel installé à Natitingou, en service au Centre culturel Maison TV5 de cette ville du nord Bénin. Une observation qu’il fait au regard de sa connaissance de l’artiste. Une des raisons qui ont d’ailleurs permis à Kunpân de lancer son album dans ce centre le 30 novembre 2013.

 

©www.benincultures.com

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