Littérature : Ouvrons les pages de « La plume d’ocre » d’Armel Kouyami

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Armel KOUYAMI, agronome de formation et passionné de la littérature, a publié aux Editions plurielles, « La plume d’ocre ». Préfacé par Oscar KIDJO, ce recueil de 190 pages comporte au total 85 poèmes titrés. Il a officiellement été présenté au public le samedi 17 juin 2017 au centre culturel Artisttik Africa.

Dans sa forme matérielle, La plume d’ocre se présente sous une couverture de couleur brune avec inscription à la première page de couverture du genre littéraire, du nom de l’auteur, du titre de l’œuvre avec la mention des Editions plurielles. La quatrième de couverture laisse un extrait tiré de la page 155 et un bref aperçu sur le parcours biographique du poète.

Le vocabulaire des sentiments et des sensations utilisé dans ce recueil est accessible à tout lecteur. A travers phrases courtes, associations lexicales, images fortes, comparaisons, métaphores, anaphores, le lecteur se promène librement dans l’univers poétique d’Armel KOUYAMI sans grandes difficultés. L’emploi d’une ponctuation forte à travers l’usage abondant des points d’interrogation et d’exclamation traduisent les émotions du poète.

L’amour vrai vit et survit dans ce recueil et échappe aux brisures, vomissures, éclaboussures, souillures, tachetures, rayures pour imposer, sa pureté, sa sainteté, sa pluralité et sa sincérité.

La plume d’ocre est un recueil dédié à la célébration de l’Amour. Armel KOUYAMI exploite toutes les facettes de cette thématique à travers un traitement pluriel. Cet amour vrai qui transcende les interdits et pesanteurs sociaux est comparable au sacrifice suprême dont est capable Un chevalier pour sauver sa dame dans un roman courtois. L’amour vrai vit et survit dans ce recueil et échappe aux brisures, vomissures, éclaboussures, souillures, tachetures, rayures pour imposer, sa pureté, sa sainteté, sa pluralité et sa sincérité. Ces sentiments sincères comme ceux qui existent aujourd’hui entre Emmanuel et Brigitte MACRON et Donald et Melania TRUMP se rapprochent aisément de la fin’amor, cette expression aristocratique de l’amour. Ces vers qu’on lit à la page 175 confirment notre appréhension :

« Tu es tout pour moi.

Je serai toujours là pour toi

Quoi qu’ils disent ou fassent

Pourvu que toi tu le saches. »

Le courtois et le lyrique y trouvent une place de matériaux thématique, poétique et narratif. Le recueil poétique La plume d’ocre nous fournit en effet toutes les preuves thématiques et textuelles de la poésie lyrique. L’expression poésie lyrique renvoie aux textes dans lesquels le poète exprime ses sentiments personnels, intimes : il peut s’agir de l’amour, de la nostalgie, de la solitude, des angoisses liées à la condition humaine et à la nature. Il ne s’agit pas seulement d’exprimer ses propres sentiments mais de renvoyer aux sentiments éprouvés par tous.

Les indices relatifs à l’amour, la nostalgie, la solitude et l’angoisse sont perceptibles dans l’écriture poétique d’Armel KOUYAMI. Le lyrisme intimiste qui bouillonne dans ce recueil est une évidence de la célébration de l’amour. Quand on s’intéresse par exemple à la nostalgie, le mot ‘’Souvenir’’ a été employé dans 17 poèmes sur 85 sans compter les autres mots relevant du champ lexical de cette expression qui se retrouvent dans les autres textes du recueil. Le texte situé à la page 165 est intitulé ‘’Solitude’’.

Référence est faite à cette expression dans plusieurs textes. C’est le cas par exemple dans le poème intitulé ‘’Passant’’ qu’on lit à la page 75 : « Je passe ma vie fleurie de chagrins. La solitude est ma seule amie. Elle si présente de jour comme de nuit ». Pour mieux percevoir l’angoisse, les souffrances liées à la condition humaine et à la nature, il faut s’intéresser au registre pathétique utilisé dans ce recueil qui suscite chez le lecteur une émotion douloureuse. Une douleur provoquée par les peines exprimées ou cachées, vécues ou imaginées.

Armel KOUYAMI piège son lecteur et l’entraîne dans son aventure poétique en associant Amour-Haine, Rêve-Réalité, Illusion-Evidence.

 

Nous sommes en face d’une écriture qui met à nu et sans ambages les sentiments d’arrière-cour. C’est une poésie qui met sous les feux de la rampe de sincères sentiments inavoués, cachés, interdits, vécus ou imaginés. A chaque mot, à chaque vers, à chaque poème, l’on lit le supplice mais aussi l’euphorie. Ce tandem dichotomique qui est l’essence de l’écriture poétique d’Armel KOUYAMI fait évoluer son texte exactement comme on tend du foin au bout d’un fil à un âne.

Armel KOUYAMI piège son lecteur et l’entraîne dans son aventure poétique en associant Amour-Haine, Rêve-Réalité, Illusion-Evidence. Une aventure à travers laquelle utopies, regrets, joies, bonheur, paix, troubles se lient d’amitié sous le regard d’un lecteur accompagné par une orchestration douce et fluide qui ceinture l’ensemble du texte.

Ce n’est donc pas gratuit la référence aux personnages emblématiques de la musique : le Roi David, joueur de la lyre (page 151), à Orphée, musicien et poète grec (page 111), aux troubadours (page 153) et la préface confiée à Oscar KIDJO sont autant d’indices qui prouvent le penchant de ce poète à la musicalité qui doit caractériser une telle aventure poétique.

En lisant ce recueil, on a l’impression qu’il y a un semblant de dialogue entre le ‘’Je’’ du scripteur ou du poète et un ‘’Tu’’ inconnu. Le poème ‘’Le petit morceau’’ situé à la page 81 du recueil comporte les caractéristiques d’un dialogue. Cet interlocuteur, auteur des déboires, des joies, des échecs et des réussites peut s’appeler ‘’Solitude’’ ou ‘’Femme’’.

La solitude ou la femme tout comme leur présence ou absence est sujet à inspiration dans l’écrit poétique d’Armel KOUYAMI. Elles ont par exemple pour prénoms dans ce recueil : Madéka, Vanessa, Elvira, Mademoiselle Hélène, Mylady, ou Stéphanie. Ce n’est donc pas un hasard si la dédicace se consacre à rendre hommage à trois femmes.  Quand elles n’existent pas, place est faite à la solitude.

Le mot ‘’Rêve’’ est utilisé 23 fois. Il occupe une place importante dans le recueil. Il faut donc que tout lecteur-rêveur garde précieusement ses rêves pour ne pas les laisser s’envoler avec les rêves de ce poète-rêveur.

Par Paterne TCHAOU ©www.benincultures.com

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