Les confidences de l’Ambassadeur de France sur la coopération culturelle avec le Bénin

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Institut français du Bénin, ex – centre culturel français. Nouvelle politique culturelle de la France au Bénin. Francophonie. Politique culturelle du Bénin. Biennale Bénin 2012. L’ambassadeur de la France au Bénin, Jean-Paul Monchau, n’a occulté aucune question liée à la coopération culturelle entre les deux pays. En poste au Bénin depuis le 21 juillet 2011, le diplomate français porte un regard critique sur la culture béninoise qui, pour lui, est peut-être « la valeur ajoutée » que le pays peut offrir. Entretien exclusif avec un passionné de la culture, « un petit soldat de la Francophonie » et un globe-trotter.

Du 26 au 29 juillet, vous avez effectué une tournée dans le département du Borgou. Que peut-on retenir de cette tournée sur le plan culturel ?

Sur le volet culturel, nous avons donné un coup de projecteur sur l’Institut français de Parakou, le seul institut que nous ayons à part celui de Cotonou. Mais comme vous avez pu le voir, c’est un centre qui est très bien équipé, qui a été entièrement refait en 2010, qui présente de manière peut être un peu plus réduite, mais quand même de façon tout à fait opérationnelle, les mêmes caractéristiques que l’Institut français de Cotonou. Nous y avons une médiathèque, un cyber accessible pour des prix très modiques. Nous avons même un espace de spectacle puisqu’on a vu ce magnifique concert qu’a donné Zeynab où près de mille personnes étaient présentes (le 28 août, ndlr). Nous avons démontré qu’on pouvait offrir à Parakou des spectacles de qualité, les mêmes spectacles qu’à Cotonou et pour moi, c’est une avancée très importante. Dans mon esprit, il est clair que les spectacles qui sont présentés à Cotonou peuvent être dupliqués à Parakou. Et nous allons y travailler parce qu’il n’y a aucune raison de se concentrer uniquement sur la capitale.

Vous pensez réellement que c’est faisable ?

Parakou, c’est une grande ville où il y aussi une université. Il y a énormément de jeunes qui tout naturellement peuvent trouver le chemin de l’Institut français. Alors là-dessus, je voudrais quand même insister sur notre politique. Quand vous êtes un jeune parakois, pour une cotisation de 2000 francs par an, vous avez accès à l’Institut français, c’est-à-dire à la médiathèque et au cyber. C’est quasiment gratuit si on rapporte cela à l’année. Ce que je voudrais vraiment, c’est que la bibliothèque s’enrichisse et que les Parakois et les Parakoises prennent l’habitude de venir à l’Institut français. C’est pour cela que nous devons aussi leur offrir des spectacles.
J’ai vu aussi au cours de la tournée l’Université, une nouvelle fois. Nous avons fait un gros effort à l’Université de Parakou depuis 3 ans pour que la gestion des étudiants soit facilitée. Nous avons mis des outils informatiques, nous avons travaillé aussi sur le système LMD (Licence Master Doctorat, ndlr). Nous sommes très proches finalement de l’Université de Parakou en termes de partenariat puisque nos agents du service de coopération vont régulièrement à Parakou.

Parlant de l’Institut français, qu’est-ce qui explique ce subit changement de nom puisqu’on parlait de centre culturel français ?

Il faut dire que le courant est venu de Paris. Nous avons réorganisé notre dispositif culturel au niveau mondial donc évidemment le Bénin ne pouvait pas y échapper. Nous avions des structures qui avaient besoin d’être fondues pour qu’il y ait une vision d’ensemble. Et tout cela a abouti à la création à Paris de l’Institut Français qui est dirigé par Monsieur Xavier Darcos, ancien Ministre de la coopération. Cette structure permet d’avoir une vision mondiale de notre dispositif culturel. Le Centre Culturel français est devenu Institut français. Je pense que les habitués de l’Institut ou du Centre ont bien vu que cela ne changeait strictement rien à notre politique. Au contraire. L’Institut Français du Bénin se trouve renforcé et nous continuons de déployer nos moyens ici pour le bénéfice des Béninoises et des Béninois en termes culturels.
Je suis évidemment très heureux d’avoir un outil comme celui-là. On le voit bien, il se passe tous les jours quelque chose à l’Institut français. Tous les jours sauf le dimanche puisqu’il est fermé. Mais cette année, j’ai voulu que la médiathèque reste ouverte au mois d’août. L’année dernière, elle était fermée. Je m’en suis étonné en arrivant, je me suis demandé comment un centre culturel pouvait être fermé au mois d’août alors que peut être, c’est le moment où on a le temps de lire, le temps de venir écouter des disques ou de regarder un DVD, etc. Vous voyez, l’offre ne se réduit pas, au contraire, elle augmente. Et puis, l’Institut français, ce n’est pas seulement un endroit pour la culture française. Mais c’est aussi un lieu culturel où nous montrons la culture béninoise. Si nous voulons que la culture française soit appréciée, il faut aussi s’ouvrir sur la culture des autres. Nous le faisons de manière quasi hebdomadaire. Toutes les semaines ici, il y a des concerts d’artistes béninois, il y a des expositions d’arts plastiques par des artistes béninois, il y a des metteurs en scène béninois qui viennent monter du théâtre etc… bref, nous avons vraiment une ouverture sur la culture béninoise.

Comment sont choisis les artistes qui viennent prester à l’Institut français ?

Notre Directeur exécutif est très versé sur les questions culturelles. Rémi Secret va partir, il va être remplacé dans quelques semaines. C’est un métier que d’être à l’écoute de l’offre culturelle d’un pays, de découvrir de jeunes talents. Dans le passé, ici, il y a eu des découvertes extraordinaires. Il ne faut pas oublier, par exemple qu’Angélique Kidjo a pratiquement fait son premier concert au Centre Culturel français. Elle me le rappelait dans ce bureau, il y a quelques mois. Romuald Hazoumè a fait ses premières expositions au centre culturel français. Et on pourrait multiplier comme cela les exemples. Donc, je crois que cela tient aussi à la qualité des Directeurs que nous pouvons avoir. Je pense parfois aussi à l’intérêt que l’ambassadeur lui-même peut montrer pour les questions culturelles parce qu’évidemment, il a un effet d’encouragement et d’entraînement. Certains spectacles ou manifestations sont pilotés depuis la France mais très souvent, c’est ici que la programmation se décide.

Qui dirige aujourd’hui l’Institut français du Bénin ?

Nous avons voulu que le Conseiller de coopération et d’action culturelle soit en même temps Directeur, c’est-à-dire responsable suprême de l’Institut français. C’est le schéma que nous adoptons dans tous les pays. Au Bénin aussi. Il faut bien voir que l’action du Conseiller à la coopération est beaucoup plus large que le seul aspect culturel de l’Institut français. Il est le responsable suprême mais il faut bien quelqu’un sur place, dans les murs, un directeur exécutif qui véritablement fait le travail. Ainsi, nous avons à la fois la vision globale de notre action et un travail efficace qui peut se faire dans l’Institut.

Avec l’Institut français, l’Ambassade est l’un des principaux partenaires de la Biennale Regard Bénin dont la 1ère édition a eu lieu en 2010. Mais la 2ème édition initialement prévue pour Février n’a pu se tenir faute d’entente entre les organisateurs béninois. Aux dernières nouvelles, elle pourrait se dérouler du 08 Novembre 2012 au 13 Janvier 2013. Comment l’Ambassade a-t-elle vécu cette situation ?

Vous l’avez dit vous-même, c’était une guéguerre entre Béninois. Nous avons vu arriver pour l’édition 2012, deux groupes qui revendiquaient chacun la possibilité d’organiser la Biennale. Le Ministre de la culture, Jean Michel ABIMBOLA, a pris l’initiative de rassembler tout le monde et de dire qu’il n’y aura pas deux Regards Bénin et leur a demandé de s’entendre. Il a créé ce schéma qui va permettre de mettre sur pied la Biennale de 2012. Nous sommes contents qu’une solution ait été trouvée. L’Institut français de Paris vient de confirmer son soutien à cette opération. Je l’ai fait savoir au Ministre ABIMBOLA. Le commissaire (Abdellah Karroum, ndlr) s’est mis au travail. Il est en train de visiter tous les lieux qui seront impliqués. Et nous à l’Ambassade, nous encourageons tout cela. Ce qu’il faut espérer, c’est un grand moment pour l’art contemporain ici au Bénin. Des personnalités viendront au Bénin. Il y aura des journalistes, il y aura des articles sur le Bénin. C’est la raison pour laquelle j’avais plaidé auprès de Jean Michel ABIMBOLA et de son prédécesseur (Valentin DJENONTIN, ndlr) en disant que le Bénin pouvait obtenir beaucoup en investissant une somme très modique, comparé par exemple au coût de pages de publicité dans un grand magazine ou autre. Vous allez avoir de nombreux articles qui vont mettre en valeur la créativité béninoise, les artistes béninois. Il y a du talent ici au Bénin et il faut le faire valoir. La culture est aussi un secteur économique qui génère des emplois. Derrière, il y a l’hôtellerie, le tourisme… Je pense honnêtement que la culture, c’est peut-être ce que les béninois ont à offrir comme valeur ajoutée en terme d’attraction de touristes étrangers. Des efforts ont été faits avec l’UNESCO à Ouidah, à Abomey, mais malheureusement, les installations n’ont pas été entretenues.

Vous avez l’impression que la culture béninoise est peu valorisée ?

En tout cas, elle mérite d’être valorisée davantage. Il y a un terreau. Il y a quelque chose et cela ne fait aucun doute. D’ailleurs, vous le savez bien, ce n’est un secret pour personne, les artistes béninois se plaignent qu’au fond, c’est plutôt à l’étranger qu’ils sont reconnus, davantage qu’au Bénin. Ils passent plus souvent à l’étranger qu’au Bénin.

Que pensez-vous de la politique culturelle du Bénin ?

Je suis au Bénin depuis un an. Le Ministre de la Culture n’est pas resté très longtemps, il est devenu Ministre de l’Economie maritime. Son collègue de l’Economie maritime est devenu Ministre de la Culture. J’ai beaucoup d’amitiés pour Jean Michel ABIMBOLA qui a pris ce Ministère à bras le corps. Il faut lui laisser le temps de travailler. En tout cas, je constate qu’il est très présent. Il est présent à l’Institut français quand nous avons des manifestations. Il est présent à la Fondation ZINSOU. Il est présent sur les manifestations culturelles traditionnelles. C’est un homme de qualité qui s’implique, c’est une très bonne nouvelle pour la culture parce que le Ministre, évidemment, donne le ton. S’il est absent, c’est symbolique. S’il est présent, c’est plus que symbolique. C’est aussi une marque d’engagement aux côtés des artistes et du monde culturel…

Là, vous parlez des Ministres. Mais sur la politique culturelle elle-même…

Vous me posez une question difficile. Je sais que beaucoup de choses sont faites pour soutenir les traditions culturelles. Là aussi, c’est une valeur sur lesquelles le Bénin peut compter. Mais ce que je vous dis, c’est que j’entends surtout les artistes se plaindre. Et ils me disent qu’heureusement il y a l’Institut français. Je sais que maintenant beaucoup d’artistes voudraient qu’il y ait un jour un centre culturel béninois et je les comprends. Mais je compte justement sur le nouveau Ministre pour mieux définir cette politique culturelle.

Revenons à la Biennale Bénin, si vous voulez bien. D’aucuns pensent qu’elle a été initiée et soutenue par l’Ambassade de France au Bénin pour contrer l’hégémonie de la Biennale de Dakar. Est-ce exact ?

Non. Pas un instant. La Biennale de Dakar a déjà une dizaine d’années d’existence. Rien n’empêche de développer un événement culturel au Bénin. Le Bénin le mérite. De même que vous avez en Europe de grandes expositions à Bale, à Munich, à Paris, il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas en Afrique, ni même en Afrique de l’Ouest, un deuxième lieu pour de grands événements culturels. Pourquoi voulez-vous qu’il n’y ait pas ici à Cotonou un événement propre au Bénin ? Je ne vois pas de concurrence, je vois de la complémentarité. Beaucoup de gens n’iront pas à Dakar et beaucoup de gens ne viendront pas au Bénin. Si le Bénin offre cette opportunité, je crois que cela va attirer du monde. Mais ce ne sont pas forcément les mêmes et pas au même moment. Donc, j’y vois de la complémentarité.

Quel est l’état de la coopération culturelle entre la France et le Bénin ?

De façon globale, elle est excellente. Elle est sous nos yeux tous les jours. Prenez le programme de l’Institut français. Prenez mes relations avec le Ministre de la culture. Prenez le grand projet Biennale Bénin. On va de l’avant, on fait des choses ensemble. L’ambassade a soutenu financièrement la création de l’espace UNIK de Zinkpè à Abomey. Nous sommes à Parakou. Je pense que si nous pouvions même, dans l’avenir, délocaliser d’autres spectacles ailleurs qu’à Parakou, nous le ferions. Au Bénin, pays francophone, pays stable, accueillant, nous sommes absolument convaincus que la culture est une dimension de notre action et de notre présence. C’est une évidence pour nous.

Vous venez de l’évoquer, le Bénin est un pays membre de la Francophonie. Dans une interview accordée récemment à certains journaux béninois, vous disiez que vous aviez été déçu par la manière dont la Francophonie a été célébrée au Bénin en mars dernier. Pouvez-vous mieux vous expliquer ?

Vous savez, je suis un petit soldat de la Francophonie. Je me suis battu pour la Francophonie dans des pays non francophones. J’ai créé à Atlanta la semaine de la Francophonie. Je l’ai créée avec mes collègues belges, suisses, canadiens et nous avons organisé pendant le temps que j’étais là-bas, chaque année, une semaine de la Francophonie en nous appuyant aussi sur l’Alliance Française d’Atlanta. J’ai même travaillé pour la Francophonie avec le Carter Center, l’Ong de l’ex Président Carter, qui avait bien compris que la Francophonie n’est pas réduite à la langue française mais c’est aussi un cadre pour une action en Afrique, dans les pays francophones, en faveur de la santé, de la démocratie, des droits de l’homme, etc. Et nous avons fait des choses magnifiques en plein cœur du sud profond des Etats Unis. Vous voyez, je me suis battu là-bas. Je me suis battu pour la Francophonie au Malawi et en Zambie. J’ai commencé plus modestement au Costa Rica. Et puis j’arrive ici au Bénin. Je me disais que la fête de la Francophonie, ça allait être grandiose au Bénin, quartier latin de l’Afrique, pays francophone, etc. Et j’ai été déçu. J’ai découvert qu’en fait, s’il n’y avait pas eu les spectacles à l’Institut français, l’implication de nos amis suisses, les Haïtiens aussi, qui voulaient faire quelque chose, finalement, il n’y avait pas de programme important de festivités. Voilà, je le dis comme je le pense : j’ai trouvé la Semaine de la Francophonie un peu décevante. Il n’y avait pas beaucoup d’événements, pas un engagement extraordinaire. Pourtant les Béninois sont capables d’organiser de grands concerts, de grandes rencontres. Mais pas apparemment pour la Francophonie qui devrait pourtant être l’occasion d’une fête de grande ampleur.

Vous avez pu trouver les causes de cet état de choses ?

Je n’ai pas vraiment décortiqué le problème. Mais je crois qu’il faudrait un engagement national plus fort sachant que ce n’est pas seulement en demandant de l’argent aux ambassades qu’on va pouvoir faire une grande fête. Il n’y a pas forcément besoin de beaucoup d’argent pour faire la fête. Quand j’étais en Zambie, les Zambiens n’étaient pas en charge de la Francophonie. C’était l’ambassade de France avec d’autres ambassades qui s’étaient mises en avant. Ici, ce sont les Béninois qui ont en charge la Francophonie. Maintenant, on ne peut pas tout faire. Mais puisque vous m’interrogez sur ce sujet, je vous dis ma déception que cet événement ne soit pas davantage valorisé aux yeux du public.

La France est l’un des pays qui investit le plus dans la culture béninoise. Pourquoi ?

D’abord, je pense que l’histoire nous unit. Vous savez, on a eu environ 70 années de période coloniale ici. Maintenant, on a 52 années déjà d’indépendance. Mais je constate que le lien est toujours aussi fort. Donc c’est d’abord l’histoire. Ensuite, c’est la langue. Il y a une gestion très intelligente faite par les Béninois depuis 50 ans. Les Béninois ont positivé les événements de l’histoire qui nous unit. C’est vrai qu’on a eu l’esclavage et la colonisation. Mais l’esclavage, tout le monde sait ici qu’il y a eu des responsabilités partagées. La colonisation, elle a eu de mauvais côtés, c’est indéniable. Elle a peut-être aussi laissé un héritage. En tout cas, c’est ce que disent les Béninois eux-mêmes. La langue, notamment, la structure juridique, peut-être aussi la Constitution. Entre Béninois et Français, il n’y a pas de ressentiment. Il y a une vision positive de l’histoire et une volonté d’aller de l’avant, ensemble vers l’avenir. Ce qui nous encourage à continuer d’appuyer tout ce qui peut se faire dans le domaine culturel comme dans d’autres secteurs. Parce qu’en plus, on a la chance d’avoir avec le Bénin, un pays stable. Peu de pays dans la région peuvent revendiquer une telle stabilité. Nous considérons que ce côté stable et vertueux mérite en permanence d’être encouragé. Tant sur la culture, comme sur d’autres sujets. Mais peut être que la culture, c’est ce qui se voit le plus. Comme disait Malraux, « c’est ce qui reste quand on a tout oublié ». Et je suis très heureux d’avoir cette dimension culturelle dans mon portefeuille parce c’est autour d’événements culturels qu’on se rencontre, qu’on partage, qu’on se voit. Rappelez-vous la conférence avec Alain Mabanckou, il y avait là 150 ou 200 personnes en train de débattre autour de l’œuvre d’un auteur franco-congolais et cela se passait à Cotonou. Mabanckou est allé à l’Université où il a rencontré des centaines d’étudiants. Il y a ici un climat intellectuel et des cerveaux qui aiment débattre. Si je peux dans les mois qui viennent, faire venir d’autres auteurs pour des débats, je le ferai. Parce que c’est l’occasion de faire connaître une œuvre mais aussi d’organiser des débats. Autour de l’œuvre de Mabanckou des questions se posaient. Quelle attitude aujourd’hui pour un homme africain en Europe, aux Etats-Unis ? Comment cela se passe ? Tout ce qui est bon pour le cerveau est bon pour l’homme.

Vu votre engagement personnel pour la culture béninoise, les acteurs culturels peuvent-ils espérer plus de soutien de la part de l’Ambassade de France ?

Je ne peux pas dire les choses comme ça. Vous savez les difficultés qu’on a en Europe. Donc, c’est clair, le budget de l’Etat ne va pas augmenter. En revanche, je pense que l’action de l’Ambassadeur compte aussi. Ma valeur ajoutée, si je peux en avoir une, c’est de jouer sur tous les tableaux. Il n’y a pas que l’argent de l’Etat. Il y a aussi les communes en France. Il y a aussi les Organisations Non Gouvernementales, les acteurs culturels. Je pense qu’on peut arriver à faire beaucoup mieux en mutualisant, en attirant, en montrant justement toute l’offre culturelle béninoise. Vous savez, la décentralisation est une réalité en France. Il y a beaucoup de départements et de communes qui ont des moyens à investir dans la coopération décentralisée. Et la culture peut en faire partie. Regardez, Rosny-sous-Bois vient de valoriser le travail de ZINKPÈ. Sans doute qu’à un moment donné, l’Institut français ou le SCAC (Service de Coopération et d’Action Culturelle, ndlr) a aidé ZINKPÈ. Maintenant, c’est cette commune de France qui valorise cet artiste béninois. C’est aussi comme cela que les choses se font. Pas forcément avec un chèque. Elles se font aussi grâce aux investissements que nous pouvons avoir à titre personnel ou dans notre travail. Cette énergie qu’un directeur de Centre ou qu’un Ambassadeur va mettre a aussi beaucoup de valeur. La culture finalement peut mobiliser les énergies. C’est sans limites, sans fins. Ce n’est pas comptable, ce n’est pas budgétaire. C’est de l’engagement personnel, c’est humain. C’est tout ça. C’est ma vision des choses. J’ai été frappé justement dans mes précédents postes où j’avais beaucoup moins de moyens qu’au Bénin, de tout ce que j’ai pu faire grâce à l’énergie que j’ai pu trouver auprès de mes collaborateurs et des bonnes volontés qui sont venus s’ajouter à ce que nous faisions. Il n’y a pas de limites à l’énergie humaine et il n’y a pas de limites à la culture, à son développement, à son partage. Et c’est pour cela que vous me voyez sur beaucoup de fronts finalement. Je ne peux pas tout faire mais quand on me sollicite, j’essaie de faire.

Propos recueillis par Eustache AGBOTON

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