« Le rapprochement des peuples » : Dominique Kouas et la rencontre des mondes

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Une vingtaine d’œuvres de peinture et de sculpture, à la fragrance savoureuse, sont exposées dans la salle Joseph Kpobly et sur la terrasse gauche de l’Institut français de Cotonou depuis un mois.

Depuis le vernissage de l’exposition « Le rapprochement des peuples » l’univers de Dominique Kouas fascine à l’Institut Français de Cotonou. Une trentaine de peinture et de sculpture compose cette exposition. Au vernissage, l’Ambassadeur de la France au Bénin, Son Excellence Aline Kuster-Menager, dira que l’univers de Dominique Kouas est un ensemble d’« objets de la tradition récupérés associant les arts premiers à la modernité, le sacré au profane » et qui « donne à ces pièces toute leur puissance artistique ».

Cette lecture ne trahit pas l’âme de la création du plasticien. Qu’il s’agisse des œuvres telles que « Porte d’humanisme », « Passeport des initiés » ou « Gardien », l’esthétique est à la croisée des arts plastiques et de l’expression physique des éléments du quotidien et du religieux traditionnel.

L’artiste, dix ans après sa dernière apparition sur la scène artistique nationale, a précisé que « les éléments qui ont contribué à la confection de cette exposition viennent de chez nous. C’est une expo-école où les substances sont tirées des objets antiques comme les masques Fang ». La curiosité et les interrogations sont bien nourries au regard des œuvres exposées. Elles s’imprègnent des arts vodous. Parfois élémentaires au départ, elles prennent une variation colorée et expressive sous le pinceau et les doigts de Dominique Kouas.

« Le rapprochement des peuples », diptyque de la positivité

Deux tableaux donnent leur nom à l’ensemble de l’exposition. Installés côte à côte, les deux œuvres éponymes sont d’un regard incisif. Car, elles vous observent de leurs yeux nombreux et ferraillés. Et vous crient après, presque. Les deux présentent des têtes métalliques multiples dans une métonymie des sept milliards de voisins que compte la planète terre. Des figurines aux yeux bien perçants et aux bouches bien crieuses. Qu’annoncent-elles ?

Le premier en compte 460. En numérologie, nous revenons au chiffre 1. L’unité. L’ensemble est parsemé de trois autres codes. Un gong, pour matérialiser l’appel du créateur aux cinq continents ici concrétisés par cinq grelots métalliques. A lire dans ce langage, la représentation physique du tintement, de la vitalité des peuples des zones humanisées de l’univers. Définitivement, l’appel de Dominique Kouas est celui de l’union à travers sa voix que préfigure le gong en direction des cinq grelots, des cinq continents. Parce qu’au croisement de ces deux premières énergies se retrouve une nappe de fils tissés. Le plasticien pose ainsi l’équilibre du monde en ces trois éléments parlant pour les peuples du monde.

A côté de ce tableau, le second prolonge cette impression d’équilibre d’abord par le nombre de figures qu’il présente : 282 = 3. Equilibre. Mieux, ce tableau tient en lien les différentes segmentations de peuplement par des perles. Perles, symbolisme de fertilité, de féminité. Donc de paix, et de toutes les valeurs du vivre-ensemble. Aux couleurs telles que le noir, le vert, le bleu etc., on décrypte l’or noir, la verdure, l’eau. D’autres, comme le rose ou l’orange, rappellent les grâces de l’amour, les bienfaits des fruits.

Les œuvres de Kouas sont ainsi à la patte-d’oie des suggestions symboliques et du spirituel. A l’image des deux tableaux éponymes, les réalisations de l’artiste qui sont en exposition-vente jusqu’en janvier 2015, constituent de réels sujets de questionnement. « Porte d’humanisme », « Percussion », « Symbiose »…, elles interpellent, saisissent les sens et nourrissent les interrogations.

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