Jean Louis KEDAGNI : « C’est par les jeunes que commencera la révolution artistique de notre pays »

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Jean Louis Kédagni, comédien formé à l’Ecole Internationale de Théâtre du Bénin (EITB) et Directeur du Festival Scolaire et Universitaire de Théâtre et de Chorégraphie nous fait un état des lieux de la pratique artistique au niveau de la couche juvénile.

www.benincultures.com : En tant que Directeur du Festival Scolaire et Universitaire de Théâtre et de Chorégraphie, dites-nous ce que les jeunes pensent des arts de la scène ?

Jean Louis Kédagni : L’opinion est plurielle au niveau des jeunes en ce qui concerne les arts de la scène. D’aucuns pensent que ce n’est pas un métier. D’autres y trouvent un moyen pour passer le temps, une sorte de distraction saine. Et dans ce sens ils n’ont pas complètement tort. Cependant d’autres trouvent qu’on peut en faire une carrière et ils vous citent en exemple des références nationales comme internationales.

Pensez vous que les arts de la scène ont ils un avenir dans ce contexte ?

L’avenir est certain car toutes les catégories de talents sont présentes. Il y a de la matière pour la relève et les professionnels doivent aujourd’hui travailler pour accompagner cette volonté des jeunes à faire valoir leurs talents. Il leur faudra aussi de la bonne conduite pour ne pas se détourner du chemin.

À partir de cette rentrée, les autorités du Ministère de l’enseignement ont autorisé les activités artistiques et culturelles dans nos collèges les vendredis soirs,  en tant que professionnel du théâtre, comment appréciez-vous cette décision ?

C’est une décision salutaire à partir du moment où les officiels reconnaissent maintenant le rôle des arts et de la culture dans la formation intégrale d’un apprenant. C’est le moment de remercier les autorités pour cette reconnaissance. Mais il faut qu’il veille aussi à l’application stricte de cette décision puisqu’il y a encore des établissements qui n’ont pas encore commencé la mise en oeuvre sous prétexte que le calendrier scolaire a démarré avant la prise de la décision.

Il faut que le Ministère l’impose et que cela devienne aussi des matières à enseigner. Cela va permettre de former en amont des professionnels dédiés à l’enseignement des disciplines artistiques dans nos collèges et ce sera l’occasion pour susciter une révolution artistique et culturelle à la base.

En dehors de toutes ces propositions, qu’est-ce que les autorités en charge de l’enseignement peuvent-elles toujours faire pour accompagner cette décision ?

En attendant de former des professionnels pour la cause, elles doivent solliciter l’expertise des professionnels du domaine pour des prestations professionnelles dans les lycées et collèges. Il leur revient de voir dans quel cadre elles peuvent mettre en oeuvre cette politique puisque cela pourra permettre aux jeunes de faire la part des choses et de commencer par bien apprendre à faire des spectacles professionnels. Ces professionnels viendront appuyer le travail effectué par les enseignants commis à cette tâche.

Ne pensez-vous pas que les artistes doivent en profiter pour organiser eux-mêmes des tournées périodiques dans nos collèges ?

Évidemment c’est une opportunité à ne pas rater. C’est le moment plus que jamais. Il faut maintenant créer des spectacles Jeune public et diffuser dans les nombreux collèges. Les créateurs doivent intégrer le volet d’absence d’accessoires et de logistique scénique et penser à des spectacles légers.

Les humoristes, conteurs, danseurs, slameurs et autres musiciens acoustiques doivent saisir ce public pour espérer remplir les salles d’ici 10 ans. Non seulement c’est une source de revenus fiable et rentable mais c’est aussi une démarche d’éducation artistique et culturelle qui commence avec cette réforme. C’est par les jeunes que commencera la révolution artistique et culturelle de notre pays.

Propos recueillis par Paterne TCHAOU ©www.benincultures.com

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