J’ai lu « Eclats de vers » de Méchac Adjaho

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Méchac Adjaho, linguiste et didacticien des arts a publié « Eclats de vers » aux Editions Plurielles, un recueil de poèmes. Nous avons parcouru cette œuvre de 150 pages. Loin de vous en donner la compréhension complète, nous vous donnons dans cet article la réception que nous faisons de ces vers en éclat.

Déjà au niveau du premier texte, le poète nous met la puce à l’oreille. Ici il n’est point question de l’art pour l’art. C’est de la poésie qui se donne pour mission de porter un message utile. « Je suis un de ces semeurs qui s’aiment la bonne semence, Au milieu de lits vrais » (Poesthète P.11). Un vers qui en plus d’être une belle construction sémantique porte sur le plan syntaxique, un procédé qui sera sporadique dans tout le recueil : le calembour. Pour imiter le poète et respecter ce jeu de mot, nous dirons : « Je suis un de ces semeurs qui sèment la bonne semence au milieu de l’ivraie »

Avec ce jeu de mot très employé dans le recueil, Méchac Adjaho crée un langage poétique avec en filigrane l’humour qui y trouve un terrain d’épanouissement. Ce langage construit avec un vocabulaire accessible ne se range pas dans la catégorie du langage herméneutique qu’on connaît à la poésie. La simplicité de la construction phrastique laisse les images et les métaphores s’occuper de la beauté du texte.

Dans ce recueil, Méchac Adjaho communique une vision du monde basée sur les valeurs nobles. Le poète prône la promotion de l’éthique. L’amour y est transversal : amour de la mère (Maman P. 69, Né de la femme P. 83) et l’amour passionnel et émotionnel (Je t’aime : mon requiem P. 125). Il fustige les travers de la société comme le retard (Calendes nègres P. 149), l’égoïsme, la méchanceté, la corruption (Polyéthique P.119), le vol, la mauvaise gestion et l’avortement (Avortons ! P. 27). Il fait aussi un lit pour la justice, l’équité et les autres valeurs mitoyennes du bon sens. « Eclats de vers » est une mixture à la texture moraliste où rappels à l’ordre, cris de cœur, d’amour et de joie se côtoient dans un univers accessible.

Dans ce recueil, le rythme vit, la musicalité des vers suscite parfois des gestes de tête, des claquements de doigts et des battements de pieds. Les mots employés par le poète sont comme des notes de musique qui vous installent dans une cadence et cela ne surprend nullement point quand on se réfère à la vie du poète. Méchac pratique quotidiennement la musique. Le Maestro comme surnom n’est pas donc un insolite. Cette musicalité qu’on retrouve dans son texte est soutenue par l’usage des figures de style de la sonorité : allitération, assonance, rime intérieure et paronomase trouvent un champ favorable d’application.

Et comme Eclat fait voisinage avec lumière, et par ricochet blanc, la couverture ne semble pas s’opposer à la pureté de son contenu. Dans « Eclats de vers », non seulement le poète s’éclate mais les vers se laissent aussi aller à son jeu et il s’amuse à les faire briller. Pas de jeu morphologique dans l’organisation du texte, les poèmes de ce recueil s’alignent simplement avec chacun un vers liminaire. Lisez « Eclats de vers » et à la fin du dernier feuillet, vous vous sentirez purifier, épurer.

Par Paterne TCHAOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

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