Installation : Entre Cotonou et Ouidah, Joël Andrianomearisoa raconte les tableaux de nos vies en trois actes

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Un vernissage en trois actes étalés sur deux jours. C’est ce qu’a proposé ce week-end la Fondation Zinsou du Bénin en inaugurant les samedi 04 et dimanche 05 novembre 2017, une nouvelle exposition. Cette exposition qui est une installation du plasticien malgache Joël Andrianomearisoa intervient dans le cadre de la carte blanche accordée à l’artiste par la fondation.

« Sur un horizon infini se joue le théâtre de nos affections ». C’est l’intitulé de la nouvelle œuvre qu’accueille la Fondation Zinsou dans ses locaux depuis le samedi 04 novembre 2017. Le vernissage de la première partie de cette installation de Joël Andrianomearisoa s’est déroulé dans la soirée de ce samedi à la Fondation Zinsou de Cotonou.

« Le temps d’une rencontre ou pour toujours »

C’est le titre de la première partie de cette exposition. L’artiste, à ce stade de son installation, a simulé un hôtel. A l’entrée, dans le hall de ce grand hôtel qu’expose l’auteur, un grand tronc d’arbre a été posé sur des trépieds pour servir de bouquet de bienvenu aux passagers au rez-de-chaussée du complexe hôtelier. Des emballages noires, disposées de part et d’autres  font penser à des bagages de potentiels voyageurs. La sortie de la grande salle donne sur l’entrée d’une petite pièce, la réception. Dans cette pièce, l’auteur a exposé « Les clefs de l’infini », une installation faite de bois, de métaux. On pouvait y voir plusieurs clés disposées l’une après l’autre de sorte à former un rectangle. La clé sert à ouvrir une chambre. Ce qui nous laisse  entrer dans l’univers des chambres de l’hôtel. Quatre chambres ont été exploitées par l’auteur au premier étage. Dans ces différentes chambres, on pouvait voir plusieurs installations dont un bouquet de fleurs accompagné d’une musique douce, des impressions sur papier, des linges méticuleusement posés, des boîtes faites en bois…

Ce premier acte de l’exposition qui mélange les sentiments de  bonheur vécu grâce à une rencontre, de  partage d’un regard, d’un repas, de l’abandon, de  tristesse, d’amour, d’attente selon l’auteur, n’est que la résultante de nos vécus. « Ces installations véhiculent les affections et les sensations diverses que nous vivons. La haine, l’amour, la joie, la tristesse ou encore la mélancolie. Et pour exprimer toutes ces émotions, le décor que j’ai trouvé idéal pour mieux m’extérioriser est un hôtel d’où la métaphore de l’hôtel. L’hôtel, c’est un lieu qui n’a pas forcément d’identité, car il y a plusieurs personnes d’origines diverses qui se croisent, qui se mélangent sans distinction, sans préjugés » explique l’artiste.

Abordant sa démarche artistique, Joël Andrianomearisoa clarifie que « l’idée de la métaphore de l’hôtel n’est pas de représenter tout un hôtel mais d’installer tout un orchestre d’objets qui plongent au cœur  de l’ambiance d’un hôtel d’où les pièces, les salles qui abritent des objets d’hôtels réinterprétés d’une autre façon. Puisqu’il ne s’agit pas voir forcément des choses mais de ressentir ».

 » Le dernier baiser » et « Après l’oubli »

Ressentir. C’est le verbe qui va guider toute l’installation de l’artiste Malgache au niveau de l’Acte 2 de cette exposition dont le vernissage se tiendra le dimanche 05 novembre 2017 au Jardin d’Essai sur la route de Ouidah. Intitulée « Le dernier baiser » et faite de métal, l’œuvre est une « métaphore de banc public ». Selon l’artiste, il symbolise le lieu des adieux, des au-revoir.  « On s’y love, on y rêve le monde, et on s’y donne surtout le dernier baiser avant de sombrer dans la nuit noire de l’oubli », explique-t-il.

Cap fut ensuite mis sur Ouidah, plus précisément au Musée de la Fondation pour l’acte  3 de cette exposition. Intitulée « Après l’oubli », cette troisième partie déroule les émotions d’après séparation. Plusieurs œuvres de l’artiste y sont exposées notamment « L’horizon infini », « Le labyrinthe des passions », « L’oubli », « Les larmes éteintes », « Le jardin sentimental », « Les vestiges de l’extase »  ou encore « Le poème du bien aimé ». Toutes ces expositions installées dans des pièces sont  l’expression des séparations après rencontre, des regrets, de tristesse, de derniers adieux.

« La vie est faite de rencontres, de séparations, de re-rencontres, de re-séparations, de nouvelles rencontres et de nouvelles séparations. Nous sommes constamment dans des aller-retours d’émotions. Ces instants sont remplis de choses positives mais aussi de choses négatives. De ces expériences, on garde des souvenirs même si on oublie certains pour aller de l’avant et c’est toute l’essence de cette exposition. Ce n’est pas un prétexte pour  ne pas s’accrocher. Non, au contraire, je pense qu’il faut s’accrocher à des personnes. Encore que l’histoire de la rencontre exposée ici  inclut aussi la rencontre avec des objets, des territoires,  des tissus,  des spectacles. Le temps d’une rencontre ou pour toujours, Le dernier baiser, l’Après l’Oubli, pour moi, ce sont le cycle de la vie » conclut l’artiste.

Chanceline MEVOWANOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

 

« Sur un horizon infini se joue le théâtre de nos affections »
Carte blanche à l’artiste Joel Andrianomearisoa à Cotonou et Ouidah !
6 novembre 2017 – 4 février 2018
Entrée gratuite

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