Industries culturelles et créatives au Bénin : un défi de formation et de structuration à relever par les acteurs culturels

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L’Espace Tchif de Cotonou a organisé  ce mardi 12 décembre 2017, dans l’une de ses salles de conférence, la première édition de la Journée de l’entrepreneuriat culturel au Bénin. Cette initiative a été l’occasion de discuter et de réfléchir sur les industries créatives et culturelles au Bénin ainsi que leur participation au développement économique du pays.

Offrir un creuset d’échanges aux acteurs culturels pour discuter de l’avenir des industries culturelles et créatives au Bénin. Tel est l’objectif primordial de la journée de l’entrepreneuriat culturel au Bénin organisé par l’Espace Tchif. Après le mot de bienvenu du directeur de l’Espace Tchif, Francis Tchiakpe, c’est une table ronde  qui a lancé les échanges de cette première édition.

Quel avenir pour les industries créatives et culturelles au Bénin ? Tel est le thème autour duquel se sont fédérées les différentes interventions. A l’entame des échanges, le premier tour de table s’est attardé sur l’état des lieux des industries culturelles et créatives béninoises. Des premières interventions, il convient de retenir qu’il serait très précoce de parler d’industries culturelles et créatives au Bénin puisqu’il n’en existe pas qui soient très répandues, enracinées et solides. « Les acteurs culturels au Bénin perçoivent toujours les arts et cultures comme instrument de distraction. Nous n’avons pas encore compris que la culture peut apporter une plus-value au processus de développement économique d’un pays. Cela justifie le fait qu’il n’y a qu’une minorité d’acteurs culturels qui essayent avec ou sans moyens de créer des entreprises culturelles qui prospèrent avec le temps dans certains cas » fait savoir Francis Tchiakpe après avoir partagé son expérience avec les participants.

Toujours pour parler de l’état des lieux des industries culturelles créatives au Bénin, Eric Gbeha, vice-président du Bureau Export de la Musique Africaine (BEMA) a confié que les artistes et acteurs cultures manquent de structuration au Bénin. Prenant l’exemple de l’exportation de la musique africaine dont il a la charge, il dévoile que « de nombreux artistes béninois ne sont pas structuré. D’abord, sur le plan de la formation, des compétences et des aptitudes, il reste tant à faire. Ensuite dans la pratique du métier, les artistes ne sont pas au contact des réalités basiques de leur domaine. Il y a des artistes béninois qui malgré leur carrière n’ont pas de biographie, ni de fiche technique. Alors quelles industries ceux-là peuvent créer  et qui pourra leur confier de financement ? ».

D’autres constats issus de cet état des lieux concernent entre autres le manque d’accompagnement des pouvoirs en place qui ne s’inspirent pas toujours du modèle de développement des pays qui se sont basés sur les industries culturelles. Des arts à la culture passant par le tourisme et le cinéma, tout porte à croire que rien ne va, concluent les conférenciers.

Des recommandations portées vers le numérique

De nombreuses recommandations ont été faites pour assurer un avenir meilleur aux industries culturelles et créatives béninoises. « Je pense, vu l’étape actuelle des choses, qu’il faut des propositions concrètes pour faire avancer les choses. Il ne s’agira pas de copier les autres. Il va s’agir de créer des idées d’entreprises réalistes, adaptées aux réalités des béninois. Je pense que le numérique peut jouer un grand rôle dans la mise en œuvre de ces approches nouvelles » suggère Jean-Michel Kasbarian, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France.

Comme lui d’ailleurs, Jean Arnaud spécialiste en ingénierie culturelle  chez Scintillo, structure française de soutien et d’apport aux idées d’innovations culturelles structurées en entreprise, estime qu’il faut pour le Bénin un incubateur culturel. « Je pense qu’il serait mieux de penser à incubateur, c’est-à-dire une structure qui va regrouper tout le monde pour fédérer les idées d’entreprises, les structurer pour les porter loin. Et cela ne peut pas se faire sans le numérique qui est un outil puissant aujourd’hui. Il a y une vitalité culturelle certaine au Bénin et il faut en profiter » explique-t-il.

Comme il a su le mentionner dans son état des lieux, Eric Gbeha a proposé un toilettage de l’actuelle politique de promotion culturelle au Bénin. Il suggère un système trilogique Information, Formation, Communication. Pour lui, cette théorie appliquée aux artistes, promoteurs culturels et acteurs culturels pourrait révolutionner les industries culturelles créatives au Bénin.

 

Chanceline MEVOWANOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

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