Fonds d’Aide à la Culture : Dans les coulisses de la protestation

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Du 26 mars 2016 où se tient la première rencontre qui accouchera de la Plateforme Wanilo au 13 avril de la même année où le ministre de la culture prend un arrêté pour mettre fin au processus électoral devant conduire au renouvellement du Conseil d’Administration du Fonds d’Aide à la Culture, plusieurs acteurs culturels ont travaillé pour « une meilleure gouvernance » de ce fonds destiné au financement des arts et culture au Bénin. Enquête au sein de cette résistance qui n’a rien laissé au hasard.

« Acteur culturel au Bénin. Un arrêté ministériel vient de stopper le processus électoral déclenché depuis quelques semaines au Fonds d’Aide à la Culture. Tu as gagné un combat, mais pas la guerre. Le combat gagné, c’est d’avoir fait accepter l’idée de reformer le secteur culturel tout entier de sorte à y mettre de la transparence, de la crédibilité et de l’impact. Mais la guerre, c’est d’arriver vraiment à faire aboutir les réformes.Tu dois maintenant participer davantage, personnellement, individuellement ou ensemble avec d’autres qui pensent comme toi ».

Comme depuis le 04 avril qu’elle s’est fait connaître officiellement, il a fallu quelques minutes à la Plateforme Wanilo pour produire un communiqué suite à la suspension du processus électoral devant conduire à l’élection des nouveaux administrateurs du Fonds d’ Aide à la Culture (FAC).

En effet, par arrêté N°098/MTC/DC/SGM/CTJ/CTC/PCA-FAC/SA en date du 13 avril 2016, le nouveau ministre de la culture Ange N’Koué, a purement et simplement « abrogé » l’arrêté N°082/MCAAT/DC/SGM/CTJ/CTC/PCA-FAC/SA du 1er avril 2016 portant modalités de désignation des représentants des fédérations d’artistes et d’associations de promoteurs culturels au Conseil d’Administration du Fonds d’Aide à la Culture ; reportant du coup les élections initialement prévues pour le 18 avril 2016. C’est cet arrêté qui a provoqué l’ire de certains acteurs culturels qui se réuniront pour réclamer l’arrêt du processus.

Le décret incriminé

Tout est parti du décret N°2015- 486 du 07 septembre 2015 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Fonds d’Aide à la Culture (FAC) signé par le désormais ancien Président de la République, Dr. Boni Yayi. L’article 7 de ce décret stipule que « Le Conseil d’Administration du Fonds est composé de quinze (15) membres représentant les acteurs publics et privés directement concernés par la culture et répartis comme suit :

Président : Le Ministre chargé de la Culture ou son représentant ;

Membres :

  • Le Ministère d’Etat en charge des Finances ou son représentant;
  • Le conseiller technique du Président de la République en charge de la Culture ;
  • Le Directeur de la Promotion Artistique et Culturelle ;
  • Le Directeur du Patrimoine Culturel ;
  • Le Directeur du Bureau Béninois des Droits d’Auteur et des Droits Voisins ;
  • Un (01) représentant des fédérations des artistes plasticiens ;
  • Un (01) représentant des fédérations des professionnels du livre ;
  • Un (01) représentant des fédérations de la musique moderne et de la musique moderne d’inspiration traditionnelle ;
  • Un (01) représentant des fédérations de la musique traditionnelle ;
  • Un (01) représentant des fédérations de théâtre ;
  • Un (01) représentant des fédérations des Professionnels de danse et de ballets ;
  • Un (01) représentant des fédérations des Professionnels du cinéma et de l’Audio-visuel ;
  • Un (01) représentant des fédérations des professionnels du Patrimoine Culturel ;
  • Un (01) représentant des fédérations des associations de promoteurs culturels ».

Ce décret « qui abroge toutes dispositions antérieures contraires, notamment celles du décret n°2008-112 du 12 mars 2008 portant approbation des statuts du Fonds d’Aide à la Culture », révisait ainsi le mode de désignation des représentants des acteurs culturels au sein du conseil d’administration du FAC. Car contrairement au décret abrogé qui conférait aux associations le droit de vote, c’est désormais les fédérations qui sont appelés à désigner les votants.

« C’était la solution face à la multiplicité des associations culturelles et surtout des soupçons de fraude dans la création de ces associations. On se retrouvait avec une même personne qui était le sponsor de centaines d’associations et donc de fait, imposait facilement son candidat. Ce décret a pour objectif de limiter ces genres de choses », nous explique une source bien impliquée dans la proposition du nouveau décret.

Plaintes et frustrations

Mais les plaintes fusent de toutes parts pour dénoncer un nouveau système de fraude. « Lors des rencontres ou discussions parfois houleuses entre acteurs culturels, il était fréquemment question de la gouvernance du fonds d’aide. Il y a avait bien sûr les accusations contre des acteurs culturels qui se font financer plusieurs fois sans rien faire de concert mais surtout des plaintes contre le nouveau décret qui définissait le mode de désignation des représentants des acteurs culturels au FAC. Nous avons compris qu’il fallait agir », raconte Espera Donouvossi, Directeur Exécutif de Partenari’Arts et Culture Bénin.

Avec d’autres acteurs culturels partageant les mêmes craintes de fraudes, ils entament des consultations pour convaincre le plus grand nombre à l’action. Ils mettent « difficilement » la main sur le décret incriminé, le multiplient et le distribuent aux acteurs culturels pour avoir leur adhésion. Mais les consultations juridiques qu’ils tiennent vont tôt faire de les décourager car ils sont convaincus que leurs actions n’iront guère plus loin que la dénonciation. « Nous avons compris qu’aucun mouvement militantisme ne saurait faire abroger une loi qu’est le décret présidentiel » confesse Espera Donouvossi.

C’est dans cette période que des enquêtes révèlent qu’entre « Octobre 2015 et mars 2016 » une « soixantaine de fédérations d’artistes sont créées et enregistrées dans les préfectures de Cotonou et Parakou ». Ces associations sont réparties comme suit : Cinéma, 16 fédérations ; Musique, 14 fédérations ; Théâtre, 08 fédérations ; Danse, 07 fédérations ; Arts Plastiques et Patrimoine culturel, 20. En outre, il est remarqué que « toutes les fédérations de cinéma sont créées à Cotonou » ; que « La majorité des fédérations d’Arts Plastiques est créée à Parakou » ; que « les mêmes noms circulent dans presque tous les bureaux de fédérations » et que surtout « des Responsables connus d’associations sont devenus présidents de fédération dont la date naissance est antérieure à celle de leur association ».

La conclusion est vite tirée : La fraude dénoncée avec le vote des associations se met également en place pour ce qui concerne les fédérations. Cette série de découvertes et la convocation du corps électoral pour le 18 avril finissent de pousser ces acteurs cultuels à passer à l’offensive.

Tout part des réseaux sociaux…

21 mars 2016. Au cours d’une banale conversation sur une plateforme whatsapp réunissant divers acteurs cultures et dénommée « Art Challenge Development », les langues se délient sur la gestion au Fonds d’Aide à la Culture du Bénin. Le forum, créé le 23 février 2016 par le journaliste culturel Esckil Agbo par ailleurs directeur de Publication de la plateforme www.dekartcom.net regroupe, outre des journalistes culturels, des acteurs culturels de diverses disciplines. Au fil des échanges, le ton monte. La discussion débouche sur le nouveau décret confirmant que seuls les représentants des fédérations d’artistes participeront à l’élection des 15 nouveaux membres du conseil d’administration du Fonds d’Aide à la culture.

D’un côté, ceux qui soutiennent que tous les acteurs culturels devraient avoir la possibilité de voter pour peu qu’ils détiennent l’attestation d’artiste délivrée par la Direction de Promotion Artistique et Culturelle (DPAC) ; de l’autre, ceux qui pensent qu’en l’état, le processus devrait aller à son terme. Après quelques échanges houleux où chacun faisait valoir ses arguments, le camp de ceux qui souhaitent une révision du mode de désignation des administrateurs du FAC décide de se rencontrer pour étudier les actions à mettre en place pour se faire entendre. Le consensus se fait autour du 26 mars et Espera Donouvossi, membre fondateur et Directeur Exécutif de Partenari’Arts et Culture Bénin propose d’accueillir la rencontre au siège de son organisation à Agla à Cotonou.

Le 26 mars, ils sont cinq à répondre présents à cette réunion qui devait planifier les actions à mener pour mettre fin au processus électoral : Esaïe Adéossi plus connu sous le pseudonyme de Azcool de Porto, Giovanni Houansou, Esckil Agbo, Henri Morgan et Espéra Donouvossi. Cette réunion a permis de mettre en commun les réflexions, de définir des objectifs clairs et des actions à mener pour les atteindre. C’est également au cours de cette réunion que la dénomination du mouvement sera trouvée.

Plusieurs propositions ont été faites comme « Acteurs culturels pour le meilleur fonctionnement du FAC » qui sera jugé trop long. C’est finalement « Wanilo » (« Agis pour rentrer dans l’histoire » en fon, langue du Bénin) proposé par Espera Donouvossi qui sera retenu. « On voulait éviter de créer une autre association, c’est pourquoi nous avons parlé de plateforme en prenant le soin de dire que c’est ouvert à d’autres associations et mouvements partageant les mêmes objectifs que nous. Et pour nous, en choisissant Wanilo, nous voulions faire de cette lutte l’une des plus mémorables dans l’histoire de l’activisme culturel du Benin », confie un participant à cette réunion.

La protestation s’organise

Désormais les rôles de chacun sont clairement définis et la machine est lancé. Chacun savait ce qu’il avait à faire. Le groupe est divisé en trois compartiments coordonnés chacun par deux personnes : la coordination, la mobilisation humaine et la communication. D’un autre côté, pendant que certains étaient chargés de dénoncer, d’autres devaient faire des propositions. Tout ceci donnait l’impression d’une machine bien huilée qui ne tardera pas à trouver de nouveaux adhérents et sympathisants.

Ainsi, le 04 avril, date prévue pour la publication du premier communiqué officiel, un autre groupe dénommé « Mouvement Trop c’est trop » fait une déclaration à la place des Martyrs Cotonou pour dénoncer le même décret. Emmené par le chanteur Jolidon Lafia, le mouvement va plus loin et exige les Etats Généraux de la culture. Les objectifs ne sont plus les mêmes et le risque de voir les revendications se multiplier est grand.

Dans la foulée, en début d’après-midi, la plateforme publie son communiqué en date du 03 avril dans lequel elle expose ses exigences : « 1- L’arrêt immédiat du processus électoral des administrateurs du Fond d’Aide à la culture en cours ; 2- La prolongation jusqu’au 31 décembre 2016 du mandat des conseillers actuels afin de créer le débat autour de la redynamisation du FAC à travers une réorganisation et l’assainissement de la vie associative dans le secteur des arts ; 3- La démocratisation directe du secteur (UN ACTEUR CULTURE, UNE VOIX) en attendant l’assainissement de la vie associative dans le secteur ». Elle finit en se disant prête à engager « toutes les actions militantes, juridico-administratives pour que le secteur soit assaini et que cesse la dilapidation des subventions allouées à la création et à la promotion artistique au Bénin ».

Publié sur les réseaux sociaux, ce communiqué lance officiellement les actions de la plateforme. Chacun choisit son camp selon ses revendications.  Tout va dans tous les sens et plusieurs groupuscules de mouvements se créent. Les exigences ne sont plus forcément les mêmes même si la finalité proclamée par tous est l’assainissement de la gestion du Fonds d’Aide à la Culture. Au niveau de la plateforme, la nécessité de recentrer le débat et de resserrer les rangs se fait de plus sentir.

En rangs serrés

La veille s’organise. Mais il faut aussi l’adhésion des acteurs culturels autour d’un objectif commun et des propositions concrètes. C’est dans cette optique que le jeudi 7 avril, la plateforme prend sur elle de réunir au Centre Artisttik Africa tous les acteurs culturels engagés dans la bataille. L’objectif est de s’entendre sur le mode opératoire afin d’avoir gain de cause. La rencontre se tient dans la matinée et débouche sur des propositions concrètes et des revendications claires à soumettre au nouveau ministre de la culture, nommé la veille au soir et qui devait prendre service à 16h ce même jour.

Aux dires d’un acteur présent à cette réunion, elle était utile et a permis de « connaître les sensibilités des uns et des autres mais aussi d’avoir une idée des risques à venir et comment les anticiper ou à défaut, les gérer ». Mais surtout, l’urgence de faire une conférence de presse s’est avérée. Ce sera fait le vendredi 8 avril au Centre de Promotion de l’artisanat.

Munis des copies de Journaux Officiels comme preuve de création fantaisiste de fédérations, les membres de la plateforme Wanilo ont expliqué aux journalistes et acteurs culturels présents à cette conférence de presse toute leur démarche. Tous les mouvements et associations partageant les mêmes visions étaient présents et ont émis le souhait que la plateforme ne laisse aucun répit au nouveau ministre jusqu’à satisfaction.

Surtout qu’en face, la résistance commence par s’organiser. Désormais deux camps s’affrontent : d’un côté, ceux qui demandent l’abrogation du décret fixant la date de l’élection des administrateurs du FAC et de l’autre, ceux qui, mettant en avant le risque de vide juridique, proposent que les élections se tiennent, quitte à régler les problèmes de gestion du fonds ensuite.

La bataille finale

11 avril. C’est au Hall des Arts de Cotonou que plusieurs acteurs culturels ont convié les hommes des médias à une conférence de presse afin de donner leur position sur le débat en cours en ce qui concerne la poursuite ou non du processus électoral des nouveaux administrateurs du Fonds d’Aide à la Culture. Au nombre de ceux-ci, Pascal Wanou, Anicet Adanzounon, Adolphe Koffi Aladé ou encore Stan Tohon. Et pour eux, les élections prévues pour le 18 avril prochain doivent se tenir. Ils mettent en avant le vide juridique que pourrait causer le report. Mais surtout accuse les mouvements et la plateforme Wanilo d’être manipulés et d’avoir en leur sein des journalistes culturels qui, selon eux, ne seraient pas légitimes pour cette lutte.

Le 11 avril, en début d’après-midi et comme pour se laver de tout soupçons de financement occultes, la plateforme fait circuler un communiqué où elle invite « ses membres et sympathisants à une souscription volontaire d’au moins 1000 F (CFA, ndlr) par Mobile Money au 97xxxxxx ou par Flooz au 94xxxxxx ». En coulisses, ils affirment tout prendre en charge « personnellement » et que le manque de moyens les limite dans leurs actions. Mais, loin de cette polémique de financement, le destin du décret contesté se joue désormais au ministère.

Car ce même jour et presque au même moment que le point de presse des acteurs « pro-élection », le nouveau ministre de la culture publie un communiqué sur sa page Facebook officielle. Il dit prendre la mesure de la situation et annonce les couleurs. « Nous avons pris service effectivement la semaine dernière. Pendant que nous travaillons à mettre en place un cabinet efficace, l’urgence des reformes nous parvient de toutes parts. Les acteurs culturels eux-mêmes haussent le ton. Le Fonds d’Aide à la Culture sera notre première réforme. Comment ce fonds pourra servir la création artistique, la promotion et la diffusion afin de laisser des impacts, créer des emplois et contribuer au développement socio-économique de notre chère patrie ? ». Et d’ajouter : « Nous invitons la Plateforme Wanilo et d’autres mouvements pour les reformes qualitatives de nous faire des propositions. Nous devons connaitre le secteur et recenser ses acteurs à travers des critères objectivement bien élaborés. En attendant, nous prenons les mesures juridico-administratives pour éviter le vide juridique que pouvait créer toutes réformes envisagées ».

Le ministre Ange N’Koue a-t-il pris partie trop tôt ? Quoi qu’il en soit, alors que la plateforme prend cette publication comme signe d’espoir et la partage sur tous les réseaux sociaux, elle sera supprimée de la Page Facebook officielle du ministre quelques heures plus tard.

Le lendemain, 12 avril, les différentes parties sont reçues au ministère. Chacun a étalé ses arguments et la plateforme, par la voix de Giovanni Houansou, a émis 4 principaux souhaits à l’endroit du ministre de la culture : « 1. Que ce processus soit d’abord suspendu afin que vous y voyez clair. Le temps de faire plus d’investigations, d’écouter les acteurs pour avancer vers une issue moins périlleuse ; 2. Que vous receviez les propositions allant dans le sens de rendre plus transparent et plus crédible tout le processus de désignation des représentants des artistes, basé sur le principe « un acteur culturel, un vote », ainsi que celles liées à la gestion du Fonds d’Aide à la Culture ; 3. Qu’avant que le prochain conseil d’administration ne soit élu, que nos administrateurs en fin de mandat rendent compte de leur gestion durant les quatre années passées afin que nous ayons des éléments d’appréciation pour passer au vote ; 4. Que d’autre part, il soit procédé à un audit complet du Fonds d’Aide à la Culture ».

Une première victoire

« J’ai appris par les réseaux sociaux que le Ministre venait de prendre un arrêté pour abroger celui que nous contestions. C’est un sentiment de confiance et de courage à continuer de faire des combats justes pour le rayonnement du secteur de la création au Benin ». 13 avril 2016. C’est à quelques kilomètres de Cotonou, plus précisément à Lagos qu’Espera Donouvossi a appris la nouvelle. Très vite, Les réseaux sociaux se feront le relais de l’ajournement par le ministre des élections des nouveaux administrateurs. Une étape de franchie. Mais la mobilisation reste intacte et de nouveaux objectifs sont définis. « Nous avons gagné un combat mais la guerre n’est pas finie » affirme Giovanni Houansou.

En effet, nul ne sait comment se feront les réformes. Si le ministère associera toutes les parties. Si toutes les revendications de la plateforme seront prises en compte. Ou encore s’il faudra faire des concessions. Et si au final, le Fonds d’Aide à la Culture du Bénin répondra désormais aux aspirations de tous.

Une chose est sûre, la machine est lancée. Et le Ministre entend donner la parole à tout le monde. En témoigne sa première rencontre avec tous les acteurs au lendemain de la prise de son décret, le jeudi 14 avril 2016 à son cabinet. L’avenir du Fonds d’aide à la culture est désormais entre ses mains. Et la plateforme, elle, sait qu’elle a rendez-vous avec le destin.

©www.benincultures.com

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