FITHEB Xwé-Xi 2016 : Djougou fait son théâtre

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Djougou a accueilli, du 23 au 25 septembre, son escale de Fitheb Migratoire. La version Xwé-Xi du Fitheb s’est installé à la place de l’indépendance de la cité des Pétoni qui a servi de cadre au déroulement de la programmation artistique composée d’animations folkloriques, de danses locales et de sketch.

 

Avec l’implication personnelle du Maire de la commune de Djougou, El Hadj Allassane Zoumarou, les populations sont massivement sorties pour adopter le Fitheb comme leur événement. Le public de la soirée de lancement, organisé le vendredi 23 septembre, estimé à plus de 3000 spectateurs en donne valablement les preuves. En guise de spectacle d’attraction, ce sont les enfants qui ont d’abord animé un concours de danses avec des récompenses et la distribution du N° 8 de la Gazette du Fitheb. Le Secrétaire général de la Mairie, représentant le Maire El Hadj Allassane Zoumarou a dit son mot de bienvenu en remerciant le directeur Eric Hector Hounkpè pour le choix porté sur la commune de Djougou pour cette escale du Fitheb Xwé-Xi.
Une première soirée riche de ses quatre prestations artistiques
C’est d’abord le groupe Agamasso de Founga qui a planté le décor de la soirée. A travers leur spectacle de danse Zolari, un rythme identitaire Yom, ils ont focalisé l’esprit des spectateurs. Cette danse à l’origine est une danse identitaire de la célébration des nouvelles récoltes des populations de Djougou.

Ensuite, le griot Abdoul Gafarou de Baréi prit possession de la scène. Finaliste pour l’Atacora-Donga en 2012 de Conavab, ce griot accompagné par deux instrumentistes munis de percussions et de castagnettes, a capté aussi l’attention du public. Maître de la parole et de chants, comme on l’appelle, la particularité de sa prestation réside dans cette musique suave qu’il a distillée tout au long de la trentaine de minutes.

Au passage du groupe Souzai de Sagniha, l’enthousiasme suscité par les autres prestations n’a pas été estompé. Sur un fonds musical dansant, les jeunes de ce groupe ont présenté une chorégraphie atypique, qui allie facilement danses traditionnelles et modernes. L’harmonica, instrument principal, en accord avec les castagnettes et les percussions joue un rôle important dans l’orchestration d’une musique qui laisse un choix varié des pas de danses : Coupé décalé, Ndombolo, Soyoyo, Aské s’y retrouvent sans gêne. Les membres du groupe Sopal de Sosso ont aussi leur part de responsabilité dans l’allégresse artistique de cette soirée du 23 septembre à Djougou.

A l’instar des autres groupes, les chants n’ont pas encombré leur prestation. Il faut laisser libre cours aux mélodies et aux pas de danses pour le bonheur du public. Trois percussionnistes, deux flutistes et six danseurs, soit trois jeunes hommes et trois jeunes filles ont permis à ce groupe créé depuis 1990 de satisfaire l’attente du public.
Au-delà de la distraction, rôle premier du théâtre, la troupe ’’Awali Yéyé’’ à travers son sketch intitulé « Le gain facile » a procédé à une rééducation des jeunes gens, abonnés à la facilité. Cette représentation est une sorte de critique de mœurs de nos compatriotes escrocs qui excellent en collaboration avec des marabouts dans les pratiques douteuses d’enrichissement. Pour les populations qui ont effectué le déplacement dans le but de satisfaire leur soif de consommation culturelle, l’objectif de ce spectacle est atteint. « En plus de nous distraire avec ces plages de rire, ce spectacle nous enseigne que l’argent facile est dangereux » laisse entendre Allasane Gaou, jeune agriculteur venu au spectacle en compagnie de son épouse.
La sortie massive des populations de Djougou met en scène les besoins réels de consommation culturelle à l’intérieur du pays, un potentiel marché pour le rayonnement de l’économie du théâtre dans notre pays.

 

Par Paterne TCHAOU (Collaboration), Envoyé spécial à Djougou ©www.benincultures.com

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