Financement et promotion culturelle au Bénin : Richard Flash accuse

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Richard Flash, chanteur béninois résident en France a convié les hommes des médias à l’hôtel SOSSA de Cotonou pour une conférence de presse, ce lundi 02 novembre. Annoncée comme une occasion pour le chanteur pour présenter son prochain album, c’est finalement un réquisitoire contre la gestion du Fonds d’Aide à la Culture et l’amateurisme dans la promotion de la culture béninoise à l’étranger, qui sera dressé par le conférencier. 
« Monsieur Richard Flash, pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de dénoncer ces pratiques ? Où étiez-vous quand on désignait ceux qui vous représentent aujourd’hui au sein de ces Directions ? Est-ce parce que vous êtes frustré que vous avez décidé de parler ? », questionne un journaliste à cette conférence de presse. Réponse du conférencier, « Non, ce n’est pas par frustration. Mais parce que j’estime qu’il est temps que les choses évoluent dans mon pays ».
Et pendant près de 90 minutes, le zoukeur donnera sans ambages son point de vue sur la gestion faite du Fonds d’Aide à la Culture et les tares de la politique de la promotion de la Culture au Bénin. D’entrée, il fait le constat qu’avant l’augmentation du budget du Fonds d’Aide à la Culture, les artistes musiciens mettaient plus le cœur à l’œuvre et arrivaient à mieux se faire connaître dans leur pays et à l’extérieur.
Mais alors, comment expliquer que « depuis que nous avons de l’argent, nous sommes devenus pauvres », s’interroge Richard Flash. Et à cette interrogation, pour lui, la réponse est toute simple : « l’argent du Fonds d’Aide à la Culture ne bénéficie pas aux bonnes personnes et est l’apanage d’une frange de  « devanciers » qui en bénéficient en permanence ».
Dans son exposé, Richard Flash fait également savoir, qu’en l’état, le Fonds d’Aide à la Culture ne sert pas véritablement la culture béninoise en général et la musique en particulier. Il suggère que les artistes qui siègent en tant qu’administrateurs au sein de l’institution soient remplacés par des évaluateurs ayant la capacité de juger les projets soumis en toute impartialité et en se basant sur des critères objectifs connus de tous en matière d’évaluation de projets.
« Un gestionnaire de projet en évaluera l’impact sur le secteur, sa viabilité et saura clairement si le projet est important pour le secteur ou pas. Par contre, un artiste n’évaluera logiquement le projet que sur la base de ses appréhensions subjectives et affinités personnelles. L’objectivité disparaît » argumente-t-il.
Repenser la politique de promotion de la culture béninoise à l’étranger
La conséquence directe de cette situation qu’il dénonce au Fonds d’Aide à la Culture est, selon Richard Flash, que les festivals à dimension internationale organisés sur toute l’étendue du territoire ne font pas vraiment la promotion des artistes. Pour lui, un festival doit être l’occasion de mettre en contact les différentes cultures et ainsi créer une ouverture pour que la culture béninoise s’exporte. « On a trop de festivals internationaux qui se tiennent au Bénin et qui se limitent à un concert sans qu’aucun invité étranger n’y participe. Dans ce cas, comment voulez-vous que les autres nous invitent à leur tour ? » se demande – t il.
Au final, les artistes béninois ne sont pas compétitifs sur le marché international. A Paris où il réside depuis quelques années, Richard Flash affirme n’avoir pas connaissance d’un événement pour la promotion culturelle du Bénin organisée régulièrement par l’Etat béninois.
Hasard du calendrier ? Alors que dans la matinée, Richard Flash réunissait les journalistes pour dénoncer l’amateurisme dans la promotion de la culture béninoise à l’extérieur, en début de soirée, le Directeur de la Promotion Artistique et Culturelle (DPAC), Patrick Idohou, animait un point de presse pour le pré-lancement de l’édition 2015 de la semaine culturelle du Bénin à Paris, ville de résidence de Richard Flash.
Quid de son 4è album ?
Principal sujet annoncé pour cette rencontre entre Richard Flash et les hommes des médias, la sortie de son prochain et 4è album. De sa présentation, on retient que l’artiste, plus connu pour le Zouk qu’il a adopté depuis le début de sa carrière, s’apprête à offrir à son public, un album avec des genres variés. Intitulé à juste titre « No Format » pour témoigner de la diversité des rythmes qui s’y trouvent, l’album est annoncé pour le mois de décembre.
Exit dont la focalisation sur le zouk qu’on attend de lui, ce 4ème album est « sans préférence rythmique ». « J’ai touché presque à tous les rythmes sur cet album qui ne reste qu’un projet que j’ai voulu réaliser pour me faire plaisir. J’ai aussi des inspirations qui n’ont rien à voir avec le zouk. Je préfère ne pas me bloquer et donner aussi l’exemple qu’on peut bien faire d’autres choses en tant qu’artiste », justifie l’ancien animateur.
Cet « album-projet » de 8 titres est entièrement chanté en langues nationales. Une manière pour Richard Flash, à l’en croire, de rendre hommages aux langues de son pays qui sont très originales. Mais aussi un appel à la jeune génération de chanteurs qui, fait remarquer le chateur, « agit comme si nos langues n’étaient pas belles et se sent obligée de chanter en Lingala ou autres langues incompréhensibles pour leur compatriote ». Décidément, ce matin, Richard Flash n’avait pas sa langue dans sa poche.
©www.benincultures.com

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