Festival sur le Niger : « Développer l’art et la culture en appuyant l’émergence des économies locales »

Author: Pas de commentaire Share:

Venus des quatre coins du monde, ils ont été des milliers de festivaliers à répondre présents à la 11è édition du Festival sur le Niger qui se tenait à Ségou (Mali) du 4 au 8 février 2015. Une présence massive qui conforte la position de ce festival qui devient de plus en plus incontournable sur le continent. Mamou Daffé, le Directeur du festival nous parle ici des recettes qui font de ce rendez-vous, un des immanquables en matière de musique.

A Bamako où nous avons passé quelques jours avant de venir à Ségou, tous ceux que nous avons interrogés dans la rue connaissent le Festival sur le Niger. Comment expliquez-vous cette socialisation de votre festival ?

D’abord le temps. Cela fait onze ans que le festival se tient à Ségou. Mais aussi le contenu du festival est pensé de sorte que tous les festivaliers y trouvent leur compte. C’est un festival qui s’articule autour de la musique, des réflexions à travers le colloque international de Ségou et autour des arts visuels. Cela fait que tout le monde se retrouve.

Mais il y a aussi une grande foire artisanale et agricole qui aide beaucoup les populations locales, les artisans à écouler leurs produits. Donc nous avons des formats qui font que chaque structure, département, filière, personnalité se retrouve.

Ce qui fait qu’il y a un engouement autour de la très bonne musique proposée à Ségou. Il y a de très  bons instruments, le système de son utilisé sur le festival est unique au Mali. Tout ceci concourt à faire de Ségou une ville attractive…

Et surtout permet au festival d’être classé parmi les 25 meilleurs festivals internationaux par le célèbre magazine britannique Songlines

Tout à fait. Mais aussi, il ne faut pas occulter la portée historique de la ville de Ségou. C’est une ville qui était partie pour être la capitale économique de l’Afrique de l’Ouest. Dès le départ, Ségou avait les structures d’une grande ville, ouverte et chargée d’histoire.

Il est souvent reproché aux manifestations culturelles en Afrique de ne pas avoir des statistiques quant à leur impact sur l’économie locale. Comment votre festival remédie-t-il à cela ?

Nous menons chaque fois des études d’impact. Quand nous avons organisé les 5 ans du festival, nous avons fait une étude. Après la 10e édition aussi. Il faut dire que nous avons une commission Suivi et Evaluation qui se charge essentiellement des statistiques et qui produit des rapports à la fin de chaque édition du festival.

Le Festival sur le Niger, pour ses cinq (5) premières éditions, a fait une injection nette de 2,65 milliards de Franc CFA – et qui équivaut à environ 4,39 million d’Euros – dans les secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat de l’agriculture, du commerce, etc.

Nous travaillons aussi avec un cabinet qui nous aide à disposer de données fiables sur l’impact du festival ainsi que le nombre de festivaliers et de tourismes qui y participe. Nous pensons que c’est important pour savoir si on avance vraiment et si on contribue économiquement à la vie dans la ville.

Disposez-vous de chiffres qui témoignent de l’apport économique du festival ?

L’apport économique du festival est énorme. Selon l’étude d’impact, le Festival sur le Niger, pour ses cinq (5) premières éditions, a fait une injection nette de 2,65 milliards de Franc CFA – et qui équivaut à environ 4,39 million d’Euros – dans les secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat de l’agriculture, du commerce, etc. Si la première édition a été réalisée avec 73,8 millions de F CFA, l’édition de 2012 par exemple a coûté plus de 600 millions injectés dans la région de Ségou et au Mali.

En effet, notre combat consiste à développer l’art et la culture tout en appuyant efficacement l’émergence des économies locales fortes au service du développement socioéconomique durable des territoires concernés et de leurs populations.

Le Festival sur le Niger fait désormais partie d’une institution : la Fondation Festival sur le Niger, au même titre que le Centre Culturel Kôrè. Un opérateur culturel qui a une Fondation, quel est le message que vous envoyez au monde ?

Le message, c’est que la culture, c’est la solution. Elle est fondamentale et essentielle. Si nous voulons bâtir l’Afrique de demain, nous pensons que les questions culturelles doivent être prises très au sérieux. Parce que la Politique, elle est culturelle, l’économie est culturelle. Donc c’est extrêmement important. Cela nous renvoie à la centralité et à la transversalité de la culture.

La culture, c’est la solution. (…) Si nous voulons bâtir l’Afrique de demain, nous pensons que les questions culturelles doivent être prises très au sérieux.

C’est pour cela que nous avons pensé à rendre plus institutionnel le festival. La création de la Fondation Festival sur le Niger et du Centre Culturel Kôrè sont des atouts à la pérennisation de notre projet  qui était « d’appuyer l’économie locale et de valoriser les expressions artistiques et culturelles du Mali ».

Et tout ceci fonctionne très bien grâce à une vision commune partagée, les infrastructures et une jeune équipe dynamique consciente des enjeux du développement. Les deux s’influencent mutuellement et se nourrissent l’un de l’autre, ce qui constitue un gage de durabilité.

©www.benincultures.com

Entretien réalisé à Ségou (Mali) lors de la 11è édition du Festival sur le Niger qui se tenait à Ségou (Mali) du 4 au 8 février 2015.

Avec le soutien de Partenari’arts & Culture Benin

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

Previous Article

Musique : Kunpân, la voix de Koussoukouingou

Next Article

Théâtre : Wave, une vive emprise en quatre actes

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *