Festival International de graffiti au Bénin : Et Cotonou changea de visage

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Docta du Sénégal finalisant une fresque ©DR
Docta du Sénégal finalisant une fresque ©DR

Du 08 au 18 de ce mois a eu lieu la deuxième édition du Festival International de graffiti au Bénin qui a pris pour quartier général le Centre Artisttik Africa d’Agla avec au final, des résultats satisfaisants pour les organisateurs.

Organisée autour du thème « Environnement et Beauté de Chez Nous », cette deuxième édition de la rencontre des graffeurs à Cotonou a séduit bien de Béninois. « Regardez comment ils donnent de la vie à notre clôture ! Même les moustiques qui restent dans ce bas-fond seront impressionnés » ; voilà comment s’exprimait une habitante de la maison qui recevait les coups de spray de la dernière performance de Docta du Sénégal et de Bandi de la Suisse mardi dernier dans la rue de Artisttik Africa.

Cette joie de voir son cadre de vie changer sous le coup de spray, de teintes, de formes et figures, d’autres populations et structures l’ont ressentie lorsqu’elles ont reçu la visite de ces festivaliers venus entre autres du Burkina-Faso, du Sénégal, du Togo, de la Suisse, du Bénin. Rafiy Okefolahan, l’un des responsables de ce festival, fait remarquer que ce sont les populations qui ont donné leur accord aux graffeurs pour faire ces performances. Il précise que dans les villes ciblées au préalable par les organisateurs, « les autorités n’ont toujours pas donné leur feu vert » pour la pratique de cet art ».

Si ces fresques qui ornent à présent certains endroits de Cotonou – rues d’Agla, de Saint Michel, de Sikècodji – charment par leur couleurs et audaces iconiques, c’est aussi parce qu’ils ont été fait en des lieux où généralement sommeillaient des immondices. De sorte que par le tag, une sensibilisation se fait contre les pratiques contraires à l’hygiène.

Des résultats qui ont été préparés

Et pour atteindre un pareil objectif, les responsables du festival ont dans une première phase, organisé des ateliers de formation et de renforcement des capacités au profit de jeunes graffeurs béninois pratiquant déjà le graffiti qui se sont joints aux professionnels venus d’ailleurs. Les travaux ont ainsi permis de les instruire sur différentes techniques du tag à l’image du pochon, du posca ou du spray.

Les difficultés des jeunes graffeurs étant, outre la non disponibilité d’espaces d’expression, liées à l’accès aux outils de travail, les formations leur ont donné l’occasion de s’adapter entre autres aux matériaux du peintre – la teinture, l’acrylique – à défaut des bombes dûment recommandées. Ils ont eu également l’occasion de discuter sur l’histoire du graffiti, son rôle et ses pouvoirs.

Lentement cette discipline artistique prend ses marques dans la communauté béninoise et avec le soutien d’un autre grand festival, le Festigraff du Sénégal, elle pourra convaincre les uns et les autres sur sa dimension artistique.

Par Hurcyle GNONHOUE ©www.benincultures.com

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