Didier Kpassassi de l’APAB : « Continuer à promouvoir l’art photographique au Bénin »

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Didier Kpassassi est le président de l’Association des Photographes d’Art du Bénin (APAB), créée depuis 2013. Mise sur pied pour promouvoir la pratique photographique au Bénin en particulier et en Afrique en général, l’APAB a initié, entre autre, la Quinzaine de la Photographie dont l’édition 2017 se tient dans quelques semaines. Dans cet entretien qu’il accorde à Bénincultures dans le cadre de notre focus sur la photographie béninoise, il nous parle de ses expériences et nous donne son point de vue sur cette discipline au Bénin.

Vous êtes le président de l’APAB. Qu’entend-on par Photographe d’art ?

La photographie d’arts, ce sont les œuvres qui désignent les prises de vue photographiques ou filmées des tableaux, des dessins, des gravures, de décors et costumes de théâtre ou de cinéma, de sculptures, d’installations, et plus généralement de toute œuvre d’art.

La photographie d’art est généralement utile aux artistes qui veulent présenter leurs travaux sur un book ou un site internet, aux particuliers qui veulent garder une trace des œuvres qu’ils possèdent pour des besoins

Quels sont les objectifs de votre association ?

L’Association des Photographes d’Art du Bénin (APAB) souhaite promouvoir la culture béninoise à travers la photographie. Notre objectif est de vendre le Bénin à travers nos lentilles.

Et c’est dans cette optique que vous avez initié la Quinzaine de la Photographie ?

Oui, exactement. La Quinzaine de la Photographie fait partir des grandes manifestations de notre association. Elle a pour objectif de mettre en lumière ceux et celles qui ont choisi de faire de la photographie un métier. Nous essayons chaque année de nous réunir entre praticiens pour des partages de connaissance, des découvertes.

Quel bilan en faites-vous après les premières éditions ?

Je puis dire que le bilan est positif ; car de plus en plus les photographes, vidéastes et amateurs du monde de la photo s’y intéressent. Je n’en veux pour preuve que le nombre de dossiers que nous recevons chaque année après le lancement de l’appel à candidatures. Pour nous, c’est la preuve de l’intérêt grandissant pour l’art photographique et surtout que la photo a de plus en plus de place dans le vécu des gens.

Ce que vous dites est paradoxal quand on sait qu’aucun Béninois n’a été retenu parmi les photographes sélectionnés officiellement pour l’édition 2017 de la Quinzaine de la Photographie.

Oui, le comité d’organisation que je dirige a été aussi un peu surpris des résultats des dépouillements pour le compte de la prochaine édition de la Quinzaine de la Photographie prévue du 26 octobre au 10 novembre 2017 au Bénin. Le constat est là. Mais je puis dire que nous avions mené des démarches vers certains photographes et vidéastes béninois afin qu’ils postulent à l’appel à candidatures. Et nous avons aussi été surpris. Certes, des dossiers ont été déposés mais aucun n’a pu être retenu compte tenu de la qualité des dossiers reçus.

Doit-on comprendre que les photographes béninois ne sont pas compétitifs ? 

Compétitifs? Peut-être. Je fais le constat que les photographes béninois sont encore en apprentissage et qu’il leur faut encore du temps pour s’affirmer.  

Série « Les Vodunsi », Didier Kpassassi

Justement, quelle lecture faites-vous de la photographie béninoise aujourd’hui ?

La photographie béninoise a de beaux jours devant elle. Certes nous avons connu de grands photographes qui ont fait notre fierté. Aujourd’hui, j’avoue qu’il y a une nouvelle génération qui essaye de bien faire les choses. Notre rôle sera de les aider à réussir. Ce à quoi nous nous attelons.

Dans une interview a nous accordée, le photographe Ishola Akpo affirme qu’il n’y a pas encore de photographie au Bénin, juste des photographes. Partagez-vous cet avis ?

Je suis presque d’accord avec lui. Je pense que nous avons de très bons photographes dans notre pays. Il reste qu’ils doivent encore parfaire leur style et se façonner une identité et un style propre.

Quelles seront les particularités de la prochaine édition de la Quinzaine de la Photographie ?

Nous irons toujours à la rencontre du public pour cette édition. Nous organiserons des workshops parce que nous pensons que c’est de cette façon que nous pourrons mieux aguerrir nos photographes et les rendre encore plus compétitifs.

En votre qualité de président de l’APAB, quel est votre message à l’endroit de la communauté des photographes béninois a l’occasion de la journée mondiale de la photographie ?

Je voudrais nous demander à nous photographes de continuer à promouvoir et à véhiculer l’art photographique. J’exhorte la population africaine à nous soutenir dans la lutte que nous menons dans la conservation et la promotion du riche patrimoine africain. Vive la photographie africaine au service du développement et de la paix.

 

Propos recueillis par Eustache AGBOTON ©www.benincultures.com

 

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