Débat Littéraire, acte 1 : Pascal Okri Tossou expose « Hémorroïdes »

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L’acte 01 du Débat Littéraire initié par le Centre Culturel Artisttik Africa en collaboration avec l’Association des Professeurs de Français du Bénin et plusieurs maisons d’éditions du Bénin s’est déroulé le samedi 07 octobre 2017. Et comme annoncé, l’œuvre théâtrale titrée « Hémorroïdes » de l’écrivain béninois Pascal Okri Tossou était au cœur des échanges. La rencontre a eu pour cadre la paillote du Centre Culturel Artisttik Africa.

Modéré par le journaliste et chroniqueur littéraire Modeste Toffohossou, ce premier acte du Débat Littéraire a connu la présence d’amoureux des lettres, étudiants, professeurs de français, écrivains, éditeurs, hommes des médias. La séance qui se tenait autour de l’ouvrage « Hémorroïdes » de Pascal Okri Tossou a permis de connaître l’auteur et de mieux comprendre sa démarche littéraire.

Présentant l’auteur justement, Modeste Toffohossou exposera qu’il est écrivain béninois, professeur des lettres à l’Université d’Abomey-Calavi et chef du département des Lettres Modernes. Il est l’auteur de plusieurs romans et essais que sont « Femmes », «Numéros matricules », « Syram », « L’Intégrale pour les TEEO au BTS-Bénin », « Villon…Voltaire…Vigny », « Corpographie et Corpologie ».  Publiée aux Editions Plumes Soleil, « Hémorroïdes » est   sa première œuvre théâtrale.

Selon la présentation faite par le modérateur de l’ouvrage du jour, on retient qu’« Hémorroïdes » est une pièce théâtrale de 43 pages structurée en trois tableaux. Elle  retrace les imperfections, les déviances, et les dérapages ancrés dans les vécus des peuples et  par ce biais, projette dans un futur les tumultes qu’engendreront  ces tares si rien n’est fait pour un changement de comportement. « La problématique de la corruption, la rupture et le désintéressement des valeurs morales prestigieuses, la perdition de la jeunesse,   les débauches causées aujourd’hui par l’utilisation inconsciente de l’internet et des Smartphones que l’auteur qualifie de « doux anesthésiants » sont entre autres les vices de notre société contre lesquels s’indigne Okri Pascal Tossou»;explique Modeste Toffohossou.

« Hémorroïdes,  faire mal pour guérir »

« C’est l’histoire d’une jeune fille assise l’entrejambe à découvert.  Sa mère, vu que la posture de sa fille n’est pas digne et acceptée dans notre société imbue de nobles valeurs, lui infligea une forte claque pour l’amener à revoir sa position. Cette fille aura certainement mal à cause de cette raclée. Mais, ce mal l’amène systématiquement à adopter un  positionnement normal et décent ». C’est avec cette petite anecdote que l’écrivain Okri Pascal Tossou justifie le contenu de son œuvre. « Hémorroïdes fait mal rien que par l’image. Et c’est à travers ce mal que je veux corriger. Hémorroïdes vient réactiver les codes identificatoires de notre humanité qui sont en train d’être sautés » explique-t-il.

Il sera appuyé par Ousmane Alédji, promoteur du centre Artisttik Africa qui pour sa part estime que l’ouvrage a le mérite de l’imaginaire. « Hémorroïdes. Rien que l’intitulé de la pièce évoque l’idée d’un mal, d’un déchirement dense et énorme dont sont victimes les populations et sur lequel l’auteur veut attirer l’attention. A travers cette œuvre, l’auteur nous propose donc de voir les pans de notre humanité  qui sont en train de se dégrader. Il va finir par une note d’engagement qui devrait être le crédo de tous pour un reversement de la situation. Et c’est cela qui justifie, selon moi, la dernière partie de la pièce à travers cette déclamation pleine de sens:  «….J’écume contre les ordonnancements sourds de nos crânes. J’écume contre toutes formes de dysfonctionnements interhumains. J’ écume contre cet ordre social qui veut que ce soient les enfants qui portent le fardeau des adultes. J’écume…J’écume…J’écume… », croit comprendre Ousmane Alédji.

Hémorroïdes, quelle portée littéraire ?  

Ce n’est certainement pas une première. Mais la touche particulière qu’a apportée Pascal Okri Tossou à sa pièce théâtrale ne laisse personne indifférent. D’abord, après lecture on se rend compte que la pièce est écrite indépendamment de toutes prescriptions normatives relatives à la littérature dramatique. Pas de subdivision en scène, en acte ou de didascalies visibles. Cette démarche que certains qualifient « d’anti-conformiste », l’auteur l’explique par sa volonté de laisser des possibilités d’ouverture aux metteurs en scène et aux acteurs.

Il va beaucoup plus loin dans ces explications et confie: « pour moi, l’écrivain propose son texte et il revient au metteur en scène et aux comédiens de donner vie à l’œuvre.  Hémorroïdes a la particularité de vouloir réhabiliter la place du metteur en scène et du comédien dans le théâtre. L’oeuvre n’est qu’un prétexte et c’est au metteur en scène et aux comédiens de donner vie à ce prétexte ». Cette démarche de l’auteur sera apprécié par le metteur en scène Claude Balogoun qui se propose d’ores-et-déjà de mettre en scène ce texte, dans un futur proche.

Les échanges autour de l’ouvrage ont été meublés des interventions de part et d’autre. Le rendez-vous est pris pour le premier samedi du mois de Novembre (04 novembre) avec l’écrivain Habib Dakpogan autour de son recueil de nouvelles Etha Contest. A travers des échanges axés sur les œuvres de l’esprit des auteurs béninois, Le Débat Littéraire  vise entre autre à faire la promotion des auteurs béninois et de leurs ouvrages en mettant davantage ces derniers  en contact avec les lecteurs.

Chanceline MEVOWANOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

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