Darlène Abissi, une ferme promesse pour la mode béninoise

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La jeune styliste Darlène Abissi à la fin de son défilé à l'Institut français de Cotonou ©DR
La jeune styliste Darlène Abissi à la fin de son défilé à l’Institut français de Cotonou ©DR

A presque seize ans, Darlène Abissi a déjà créé sa marque de vêtement de son petit prénom « Funmilayo ». La grande révélation de ce prodige de la cadette d’une certaine Pépita D est venue avec la collection « Soyez mystérieuse » conçue par la jeune styliste et donnée à voir le vendredi 13 juin dernier à l’Institut français de Cotonou. Portrait d’une promesse de la mode béninoise de demain.

Une vingtaine de modèles créés par la lycéenne Darlène Abissi. Le fait est pour le moins prodigieux quand on regarde de près la personnalité de la jeune styliste : seize ans bientôt et la classe de Terminale série B de l’enseignement général en poche avec une moyenne de 13,83/20. La collection « Soyez mystérieuse » qui met Darlène Abissi sous les feux de la rampe est le fruit de quatre longues années de créativité et de travail minutieux inspirés par les couleurs et motifs des pagnes africains qu’elle rencontre autour d’elle.

Ce qui s’était révélé comme un jeu d’enfance pour la petite Darlène est devenu en l’espace de cinq ans un talent que la jeune fille, aidée de sa famille (sa mère Christiane Assogba en tête), n’a de cesse de polir au travers de formations et applications. Celle qui intrigue plus d’un aujourd’hui par son génie n’est que le résultat de certaines circonstances qu’elle et son entourage n’ont pas laissées fortuites.

Il était une fois, une petite Darlène habillait ses poupées Barbie

Très tôt à l’âge de sept ans, la mère de notre styliste n’a pas manqué de constater que sa fille s’amusait à confectionner de habits à ses poupées Barbie. Sans se préoccuper au départ de modèles dessinés au préalable, Darlène changeait de garde rode à ses petites amies de compagnie d’enfance. « Ces créations pour ses Barbies m’égaillaient, me donnaient de la joie » confie sa mère. Une joie qu’elle a très vite fait partagée à ses connaissances. Ce qui en 2011, a permis à la petite enfant de onze ans d’être admise dans un atelier de formation en dessin de modèle de mode pendant trois mois au Centre Culturel Chinois de Cotonou d’où elle est sortie lauréate avec le Prix de la Première Dame de la République du Bénin.

Une consécration stimulante qui, peu à peu, a donné confiance à Miss Darlène qui multiplia les dessins jusqu’à former ses catalogues dont les coupes et la régularité des tracés sont séduisantes. Les modèles qui y sont proposés sont audacieux, osés et appellent à être cousus. Un autre chalenge auquel elle a associé des couturières avec des expériences diverses, pas toujours concluantes. Et l’idée de donner plus d’éclat à ce travail d’artiste de la jeune fille s’est imposée avec pour couronnement la première collection de la styliste en herbe « Soyez mystérieuses ». Composée entre autres de tenues de sortie, de soirée, de ville, adaptées aussi bien aux jeunes qu’aux personnes âgées, cette collection met davantage l’accent sur l’association des couleurs qui donnent du goût, du charme à la personnalité de la femme. Et elle y est parvenue non sans avoir les idées claires dans sa tête.

« Je sais que je ne suis pas encore parfaite »

Cette humilité est loin d’être un aveu d’incompétence ; la jeune fille pense d’ores et déjà à une carrière. Et pour cela, se former. Décrocher d’abord son baccalauréat l’année scolaire à venir et intégrer une école de ce type de formation. Si pour l’heure, c’est le professionnalisme d’une couturière qui donne forme et vie à ses modèles, elle compte acquérir les compétences en couture et peaufiner son art pour devenir une styliste de rang international de la mode africaine qui donne du sens aux couleurs et aux motifs des tissus du continent.

Une ambition bien claire que très tôt les instances compétentes se doivent de faire leur, vu que le Bénin ne dispose pas de ce type d’institut de formation. En attendant cette heureuse issue, les proches, les camarades et le corps professoral de l’étoile montante du stylisme national restent admiratifs de leur perle à raison car Darlène « était dans la mode depuis l’enfance » confesse sa mère euphorique qui se rappelle les caprices vestimentaires de la petite fille d’alors.

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