« Dansons maintenant ! » 2015 : les élèves du CEG Océan en mode retro

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Ils dépassent la trentaine et ils remontent à plus de trente ans en arrière. Ils revisitent les musiques des années 60, 70 et 80 de l’Afrique. Et ils ne se font pas prier, les jeunes danseurs du Collège d’Enseignement Général – CEG – Océan de la Haie-Vive de Cotonou.

« One, two, three, four… bang ! ». Et pour la énième fois, en cette ultime séance de répétition, les camarades d’école d’Even Delphine exécutent la même phase de danse. On compte de manière rythmée vers l’avant quatre pas cadencés et coquets ; et puis « bang », coup de rein latéral. Jolie !

Nous sommes dans la salle n°2 du bâtiment C du CEG Océan de la Haie-Vive de Cotonou ce vendredi 06 février 2015. Le festival « Dansons maintenant ! » a occupé également ce cadre d’instruction avec son cri de gaieté, lancé depuis le samedi 31 janvier dernier dans la Capitale économique du Bénin. Les élèves de ce collège ont été aussi de la partie des danseurs. Inscrits dans l’atelier de Rachelle Agbossou de la Compagnie de danse Walô, ils étaient un peu plus d’une trentaine à suivre les consignes de ce stage de courte durée.

A quelques minutes de la restitution de leur semaine de création, l’excitation monte. Le bus coloré de la Fondation Zinsou est déjà stationné pour les conduire à l’Institut français. Alors, on redessine la carte de l’Afrique sur le sol, des lampions sont disposés sur les contours, un acteur passe introduire le récit de la traversée politique du continent. Trois jeunes danseurs arrivent, figurant le colonisateur, raides. Dans une succession de tableaux de la soumission, de l’éveil, de la révolte, de la réjouissance des Indépendances, les élèves revisitent doublement l’histoire de l’Afrique : politique et musicale.

Rachelle Agbossou clarifie la démarche : « avec cet atelier du festival ‘Dansons maintenant !’, nous avons voulu que les élèves s’imprègnent, un temps soit peu, du passé au vu du thème « La musique des années 60 à 80 en Afrique ». C’est donc pour leur permettre de goûter un peu à ce que leurs parents et grands-parents avaient vécu en matière de musique et de costume. Derrière, on a mis une petite histoire qui traite de l’évolution politique de l’Afrique ». Alors, se déroule la succession de tableaux où plusieurs types de danses se relaient. Du kwassa-kwassa et du lokéto de l’Afrique centrale, du zinli, du houngan et du agbadja du Bénin, les universels hip-hop, salsa… En fond musical, « Antilles méchant bateau » de Mahy 2, « Africa » d’Ismaël Lo, « Programme a changé » de Sagbohan Danialou, « Kwassa Kwassa » d’un certain Kanda Bongo Man, le mythique « Wadjo » de Nel Oliver ou encore « Get got » de Death Grips. De l’un à l’autre, ça swingue chic.

Tan Even Delphine en classe de 4e au CEG Océan est du groupe des jeunes danseurs : « J’ai aimé danser sur les musiques anciennes. J’aime surtout le houngan, le lokéto mais aussi le hip-hop ». Lui volant presque son moment de parole, son jeune frère Fabrice Amouzoun de la 5e s’épanche, sangler dans sa salopette et avec sa coiffure afro d’époque, à l’allure Lauryn Hill, « Moi, j’ai aimé les danses et puis, j’aime beaucoup les habits des anciens qu’on a porté. Leur habillement est très original ». Avec un sourire épanoui, les deux ajoutent en chœur, « on se croirait dans l’ancien temps ».

Et au public composé de leurs camarades perchés aux fenêtres de suivre, en avant première, le résultat, tout euphorique. A la volée, on recueillera des « awoo ! (interjection d’allégresse, ndlr) », « c’est bon la danse deh ! ». Le public de l’Institut français aura également eu à vivre ces quelques minutes de style retro, accompagné d’une autre restitution, ce vendredi 06 février, celle de l’atelier de Marguerite Salvy.

©www.benincultures.com

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