Dak’Art 2018 : Laeila Adjovi, lauréate du Prix Léopold Sédar Senghor, « émue et reconnaissante »

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La photographe Franco-béninoise Laeila Adjovi a remporté ce jeudi 03 mai le prix Léopold Sédar Senghor du Président de la République à l’occasion de l’ouverture officielle de la 13è biennale de l’art africain contemporain. Se confiant aux médias à la fin de la cérémonie, la lauréate s’est dite « émue » mais surtout « reconnaissante » envers « l’ensemble des personnes ayant collaboré » sur l’œuvre.

Laeila Adjovi est journaliste de profession – en service à la BBC –  et « artiste de dimanche », aime-t-elle répéter à qui lui demande si elle vit de son art. Une profession qui se ressent systématiquement dans la simplicité des réponses qu’elle sert aux questions des journalistes, dans l’attention particulière qu’elle porte à tous ceux qui se présentent à elle comme journaliste et enfin dans la répartie dans ses prises de paroles.

A la fin de la cérémonie d’ouverture officielle de la 13è biennale de l’art africain contemporain, Dak’Art, au Grand Théâtre ce jeudi 03 mai, Laeila Adjovi était dans son élément. Sollicitée de toutes parts, elle sait se rendre disponible, malgré le poids de son trophée reçu des mains du Président de la République quelques minutes plus tôt.

Venue s’installer à Dakar en 2010 nantie du diplôme de sciences politiques et de journalisme obtenue 4 ans plus tôt, Laeila Adjovi s’est imposée comme reporter, photojournaliste et plasticienne. Avant Dakar, elle a travaillé dans la presse à Paris, puis dans le Pacifique et en Nouvelle Calédonie, où elle se lance dans un projet photographique sur les zones d’habitat précaire appelées « squats ».

Sur son site internet, la Franco-béninoise se décrit comme une adepte d’une «photographie documentaire ou de reportage qui créerait du lien entre les couches sociales, entre les cultures et entre les mondes, elle développe aussi une approche artistique qui mêle peinture, dessin et manipulations en chambre noire ».

Rester droit et regarder vers l’avenir en questionnant le passé

“Malaïka Dotou Sankofa’’. Telle est le nom de l’œuvre de la photographe primée à cette édition de Dak’Art. Très émue, Laeila Adjovi explique mot à mot les composantes du thème de son installation. «“Malaïka’ signifie l’ange en swahili ou “Malaka’’ en wolof, qui veut dire la même chose. ’Dotou’ signifie rester droit en fon, une langue du Bénin. Et ‘Sankofa’ est le symbole akan (Ndlr : populations d’Afrique de l’Ouest installées principalement au Ghana et en Côte d’Ivoire) de l’oiseau  messager qui vole la tête tournée vers l’arrière, une manière pour nous de dire qu’il faut apprendre du passé’’, confie celle qui dit être venue à la photographie en autodidacte, par curiosité, et qui y est restée par passion.

Exposée à l’ancien palais de justice de Dakar dédiée à l’exposition internationale, l’œuvre est constituée de 7 photographies encadrées et accrochées au mur dans une petite salle située à l’étage. Sur ces œuvres photographiques, on y aperçoit un être humain incarnée par Marie Agnès Gomis portant des ailes métalliques – fabriquées par Bassirou Wade (Bas design) – et représentant différentes situations de la vie. A l’entrée, la structure métallique des ailes surplombe la salle et offre comme une couverture, une protection pour tout visiteur. A droite, écrite à la main, un poème descriptif de l’installation et écrit par la Franco-béninoise elle-même.

Un poème qui commence ainsi : « Mon nom est Malaïka Dotou Sankofa. J’ignore depuis quand je suis bloquée ici. On m’a dit que c’était pour mon bien. De ne pas tenter de m’échapper. Que les cieux seraient terribles, tempête, orage et nuit. Alors je suis restée. Mais depuis quelques temps, je m’autorise à rêver ».

Rêver. C’est bien ce que s’autorise désormais Laeila Adjovi qui s’offre une place de choix dans l’art contemporain avec ce prix. Un prix constitué d’un trophée et doté d’un chèque de 20 millions de francs Cfa et qu’elle insiste constamment à présenter comme « un travail collaboratif » avec le vidéaste et photographe Loïc Hoquet. Elle a su faire passer le message auprès de ses confrères journalistes.

Eustache AGBOTON, Envoyé Spécial à Dak’Art ©www.benincultures.com
Avec l’appui de l’Ambassade de France au Bénin

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