Chronique Urbaine #8 : Chaarlity, « Aveugle » ou le repentir d’un cœur passionné !

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Chaarlity est ce qu’on peut appeler un artiste d’assurance et de décision. Avec tout ce que cela comporte d’outrecuidance, mais aussi de réfection rapide quand il le ressent. Il   y   a   chez lui, la récurrence   d’un   lexique sexué mais aussi, cet élan répété, cet entrain à porter son regard sur l’amour. Autrement dit, il est enclin à questionner les actes amoureux.

Rappeur de conception, avec la manière et l’allure d’un bad-boy, avec le ton égotripeur, il est devenu chanteur de cœur, à mesure que ses ambitions artistiques ont pris des tournures de popularisation plus grande. Ainsi, son style s’est particularisé à travers ses chants perchés, allant  chercher dans la  profondeur  de  la douloureuse solitude d’un grand lover. Mais aussi, puisant dans la nécessité de savourer à temps, les singuliers moments, les uniques instants, partagés avec l’être aimée.

C’est d’ailleurs cela que suggère « Aveugle », son nouveau single. Le clip, entièrement réalisé et monté par Drahmas Omofresh (pour HORISHAL FILMS, ndlr), témoigne d’un refus de reporter le contentement d’être ensemble malgré le peu, l’exigence de savoir savourer le temps mis à disposition l’un pour l’autre, au risque de se retrouver confronté à ses propres regrets.

C’est donc une volonté affirmée par l’artiste, à désavouer l’obsession selon laquelle l’amitié compterait plus que l’amour (deux sentiments aussi forts ne devraient-ils pas coexister de façon équilibrer ?), à désapprouver la léthargie dans les relations de couple. Face à la fragilité des kiffes entre potes, face à la réalité d’un quotidien surchargé, face aux contingences de la quête humaine pour le confort personnel, Chaarlity avertit des risques, prévient des périls encourus, notifie l’amertume possible ; quand l’être aimée ne supporte plus d’attendre en vain, d’être omise au nom de tout, d’être reléguée au rang second.

Et c’est quelque part une transposition de notre époque ; où ce n’est plus seulement l’amour qui pourrait rendre aveugle, mais notre trop grande passion pour l’inessentiel.

Par Djamile Mama Gao (Negr’ Djamile), Ecrivain – Artiste (Slameur) ©www.benincultures.com 

 

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