Chronique Urbaine #6 : EÏSSY, une (bonne ?) relève de la chanson féminine béninoise

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Elle a commencé en tant que choriste et s’est forgée en accompagnant, pendant plusieurs années, orchestres et artistes de tout genre et toute influence. Après avoir lancé en début d’année sa carrière solo, à travers un premier single coupé-décalé (Ça y est, ndlr), loin de ses habitudes d’écoute et de cœur, la jeune chanteuse Eïssy, revient au micro avec un nouveau titre  » Tu ne bouges pas « . Décryptage !
Une voix. Une voix peut-être trop précautionneuse. Mais  cela ne retranche pas à la tessiture de l’artiste, les atouts homogènes que sont : la qualité du timbre et celle de l’harmonique.
Ainsi, dans un contexte béninois actuel,   » Tu ne bouges pas  » puise sa richesse et son originalité, d’abord dans cette voix mais aussi dans cette exploration volontaire du kompa.
Eissy ravive de ce fait, le lien séculaire qui noue Haïti et le Bénin, par la culture et par le rythme.
Par contre elle ne perd de vue, son rapport aux influences actuelles, résolument modernes.
C’est d’ailleurs, sans doute, pour cela, que la chanteuse, a opté pour le format digital du Kompa. Un Kompa nouvelle génération, comme le surnomme les adeptes du genre. Et pour rafraichir davantage son travail, Eïssy n’hésite pas à s’appuyer sur un r’n’b sentimental tout en faisant recours à une émincée de rap (au niveau du bright).
C’est une musique où la femme en elle, se refuse à un fatalisme consentant et s’impose (s’oppose donc) aux désirs libertins et de libertinage de son Don Juan de chéri.
Nous sommes donc, face à une volonté féminine d’affirmation de soi, de choix, et décision. Devrait-on y lire un appel à destination des femmes ? Doivent-elles se défaire désormais, de l’habitude répandue, qui consiste à accorder à l’homme la liberté d’assouvir sans vergogne et sans rien se reprocher ses instincts de soi-disant prédateur ?
Si l’on se plaît ici, à écouter les variations de la musique haïtienne, devenue un peu plus béninoise grâce à Eïssy, et qu’on suit les progressions imprévues de son chant, on admet aussi l’esprit d’engagement progressiste qu’insinue la chanteuse afin de contribuer à décomplexer la mentalité féminine vis-à-vis des vices masculins.  Trouvera-t-elle écho ?
Par Djamile Mama Gao (Negr’ Djamile), Ecrivain – Artiste (Slameur) ©www.benincultures.com

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