Chronique Urbaine #1 : Harmonie Byll Catarya, Slameuse d’impact et d’instant

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Auteure d’un recueil de slam, sa poésie est avant tout d’oralité. Mais aussi de dévoilement. Ou devrais-je dire de re-cheminement. Comme si la nostalgie est le socle de sa démarche. Comme si, Harmonie Byll Catarya, tient à nous faire revivre le processus de son enfantement artistique. Depuis la parturition jusqu’aux vagissements, depuis les titubations jusqu’à la maturation. Elle nous mène donc, vers elle, et nous emmène dans ses nuits d’intérieur, comme pour nous indiquer d’où lui vient toute la verve qui gicle de son for.

C’est donc peut-être par aveu qu’Harmonie a bâti « Art-Mots-Nid » (premier recueil de l’auteure paru aux Editions du Flamboyant), ou par confession ? Demandons-lui. Ce qui est certain, c’est qu’elle tente de s’éprouver ou de prouver que vit en elle, cet équilibre intime que lui concède le slam. A moins que… ce soit au fond, elle qui s’établit en cette poésie urbaine.

C’est pour cela, qu’il conviendrait de ne pas lire c(s)es textes ; il faut les PARLER, les DIRE, les CLAMER, les DÉCLAMER, les SCANDER, les ENTONNER si vous voulez, mais quand même, les faire TONNER.

Parce qu’ils méritent plus que des yeux, il leur faudrait aussi l’attention des tympans. Les entendre sourdre en sourdine le long de soi, afin qu’ils fassent échos en chaque extrémité de nos organes.

Mieux, en nous plongeant dans cette œuvre, soyons certain que nous allons sonder notre imaginaire. Eh oui ! Ouvrir « Art-Mots-Nid », c’est s’engager à expérimenter l’exercice d’imaginer Harmonie Byll Catarya en train d’articuler c(s)es mots, de leur donner l’inflexion convenable afin qu’ils puissent s’exhaler en nous, de leur conférer toute l’émotion suffisante pour nous saisir, nous emparer, nous dominer, nous contenir, au point de prendre emprise sur nos lèvres, nos oreilles, nos mouvements extérieurs du corps.

Cette poésie est donc d’instant. Bien qu’elle nous voyage entre amours ; quête d’appartenance (africaine) ou de l’essentiel existentiel ; affections ou attendrissements ; calembours,  holorimes, fluctuation des sens, jeux de mots, jeux d’esprit ;  espérances ; subjectivités ; une bribe de politique mais toujours le vécu ; ces vécus vaincus ou vaincœurs ;  l’ensemble porté par cette clarté, ce naturel, cette sobriété scripturale qui fait corps avec la voix.

Alors oui, j’insiste : sa poésie est en tout : Oralité. Et ne saurait être mieux ressenti qu’ainsi.

D’ailleurs, si au-delà de son livre, l’envie vous prend de découvrir Harmonie, par sa voix, faîtes donc le chemin vers « Accusée, slamez-vous! « .

 

Et là, il conviendrait de savoir qu’Harmonie a une diction précise, faite d’accentuation et d’une articulation juste. C’est donc cet atout qu’on lui connait, que la slameuse perpétue dans « Accusée, slamez-vous ! « . Un texte d’attachement à la poésie, où l’auteur mélange récit d’enfances scolaires,  autobiographie  et  vérités  subjectivement objectives,  au sujet de sa rencontre avec le slam, et de son rapport au genre. Il s’agit donc là, d’un single à mémoire et pour mémoire !

Par Djamile Mama Gao (Negr’ Djamile), Ecrivain – Artiste (Slameur) ©www.benincultures.com

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