Cérémonie de présentation du Plan de relance du secteur culturel : La Culture fait son entrée dans le PAG.

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Ce mercredi 21 février 2018, la salle MADIBA de l’Hôtel Golden Tulip Le Diplomate de Cotonou a servi de cadre pour la cérémonie de présentation du Plan de relance du secteur des arts et de la culture. C’était un rendez-vous important et aucun acteur culturel n’a voulu se faire conter l’événement. Ils y étaient presque tous et venus de toute l’étendue du territoire national pour écouter religieusement l’exposé de Oswald HOMEKY, Ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports.

Le Plan de relance du secteur des arts et de la culture a été présenté aux acteurs culturels. Ce plan est la synthèse des réflexions effectuées au sommet de l’Etat pour corriger l’absence du volet Culturel dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Il constitue une trame qui fait le bilan des problèmes récurrents, dresse le tableau des réformes sectorielles et structurelles à effecteur et expose des projets à moyen, court et à long terme pour le rayonnement de l’action culturelle et artistique au plan national, sous régional et international.

Le constat actuel révèle plusieurs dysfonctionnements parmi lesquels on peut citer : l’absence de cadres d’expressions, de mécanisme de financement aux projets artistiques et culturels, de couverture sanitaire ; une faible visibilité du secteur au plan international sans oublier l’absence de véritables industries culturelles. En réponse à ces préoccupations majeures, le plan propose des réponses fiables : un programme de détection, d’accompagnement et de promotion de jeunes talents dans diverses disciplines au niveau scolaire dans les 77 communes y compris les non scolaires, un soutien à la production et la promotion des artistes confirmés sans oublier les médias nationaux qui les accompagnent, l’organisation de concerts tournants et une politique d’impulsion des industries culturelles qui se traduit par la défiscalisation des charges financières des industries, un accompagnement à l’éligibilité au code des investissements et la loi sur le financement de la culture. Un cadre juridique et institutionnel qui facilitera l’envol de l’action culturelle. La chaine du livre n’est pas oubliée. Des réformes majeures sont aussi programmées pour retourner nos jeunes à la lecture dans des espaces appropriés tout en permettant aux acteurs de la chaine du livre de mener efficacement leur travail. Le théâtre va retourner à l’école et dans nos maisons à travers un programme annuel des représentations et la célébration de la Semaine du Théâtre béninois avec à la clé la renaissance du Festival International du Théâtre du Bénin (FITHEB). Le code cinématographique sera actualisé et adopté sans oublier les programmes de soutien à la production locale. Les arts plastiques seront mieux repositionnés avec la construction d’une galerie et une reconnaissance des plasticiens béninois de renommée internationale. Le fonds de bonification va booster les industries de la mode et va permettra d’appuyer la promotion des matières textiles de fabrication d’inspiration béninoise. Le BUBEDRA sera épuré et redynamiser à travers un dispositif qui prévoit la dématérialisation du système de collecte des redevances et une extension de la perception sans oublier la redéfinition de la clé de répartition des droits d’auteurs et droits voisins. Le financement du Fonds des Arts et de la Culture (FAC) sera transversal mais avec beaucoup plus de rigueur et d’organisation. Les festivals qui seront organisés ou accompagnés désormais par le Ministère doivent être thématiques et régionaux. 54 arènes culturelles censées accueillir ces programmations seront construites à cet effet dans 54 communes du pays. La Maison de l’artiste, le Théâtre national et la construction d’un zénith de 7000 places à Cotonou sont aussi en perspectives dans le volet Infrastructures de ce plan. La prise en charge sociale des artistes n’est pas occultée. Et pour cela, les artistes sont appelés à profiter du Recensement Administratif à Vocation d’identification de la Population (RAVIP) ou ils attendront certainement un autre processus de recensement des artistes. La posture responsable et rassurante adoptée par le ministre Oswald HOMEKY a huilé la recevabilité du message. Les artistes, toutes catégories confondues, ont eu droit à leur dose de dopage. Le Ministre a utilisé le charme verbal et l’expressif nécessaire pour atomiser la lassitude des acteurs culturels. Dans les propos du Ministre, il y a une certaine assurance, à la limite inquiétante, qui trouble les acteurs. Le financement pour mettre en œuvre ce plan pharaonique et ambitieux existe et le Ministre l’a martelé. « L’argent pour réaliser ça existe » lâche-t-il. Quel est le calendrier de ce plan ? De façon générale, à travers ce programme, l’existant n’est pas pris en compte. L’Etat va accompagner l’action culturelle mais il le fera compte tenu de ses priorités. Des inquiétudes persistent toujours malgré cette séance. On peut citer par exemple le flou du complément des dettes du Fonds d’Aide à la Culture, puisque les acteurs ont toujours mentionné un montant qui avoisine les 700 millions mais hier, l’autorité ministérielle a perlé de 2,5 milliards. Qui aurait complété ce montant ? Qui peut éclairer l’opinion publique et celle de l’autorité sur la somme exacte de ces reliquats ? Les contours du Fonds de Bonification restent encore flous. Les brèches ouvertes par ce plan sont multiples et multiformes, l’on n’aurait pas tort de se demander les compétences disponibles au Ministère pour accompagner le ministre à mettre en œuvre ce plan. L’autorité gagnerait à vite organiser les rencontres par secteur d’activité pour mieux aborder les préoccupations des acteurs dans chaque secteur.

Paterne TCHAOU

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