Célébration de la JISTNA au Bénin : Repenser le Chemin du Retour

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L’Union Générale pour le Développement de Ouidah (UGDO) en collaboration avec la Mairie de la Commune de Ouidah et d’autres partenaires ont célébré du 17 au 26 août 2018, la Journée Internationale du Souvenir de la Traite Négrière et de son Abolition (JISTNA). Organisée avec le label et le soutien moral de l’UNESCO, la JISTNA 2018 garnie d’un programme comblé  entre communications, visites touristiques, messes et animations culturelles et artistiques. Le circuit de la chaîne de l’esclavage a été décortiqué au profit des différentes délégations et des afro-descendants venus pour la circonstance. Seulement qu’il faut repenser désormais le Chemin du Retour en offrant un itinéraire qui permet aux âmes des esclaves déportés d’effectuer un bon retour aussi. 

En dehors des prestations artistiques, des communications et autres activités scientifiques qui créent l’effervescence autour du JISTNA, la visite des différents endroits clés liés à l’histoire de l’esclavage et à son abolition constitue une phase importante pour les afro-descendants et les mânes de leurs aïeux. Généralement cette commémoration commence par la Place CHACHA, après le cap est mis sur la place ZOMACHI, ZOMAÏ, Mémorial de ZOUNGBODJI et la PORTE du NON-RETOUR, où autorités politico-administatives, délégations étrangères, afro-descendants, personnalités d’ici et d’ailleurs invitées attendent pour une cérémonie officielle. Cet itinéraire n’est pas mauvais mais il ne favorise pas une pleine intégration de l’aspect spirituel du Retour des mânes des esclaves déportés. Pourquoi ? La dernière étape du périple des esclaves est la plage. C’est par là qu’ils embarquent pour le nouveau monde. S’ils meurent en cours de route, leurs âmes reviennent par le même chemin. S’ils arrivent à s’en sortir, restent en vie et procréent dans le nouveau monde, à leur mort, leurs âmes reviendront aussi par le même chemin : celui de la mer : symbolique du lien entre les deux mondes : celui de l’Afrique et du nouveau monde et celui des esclaves morts et leurs descendants vivants. Les libations et le recueillement doivent commencer à la plage et se poursuivre au Mémorial ZOUNGBODJI. La place ZOMAÏ où les esclaves ont été durant des nuits enchaînés et maltraités, peut suivre avant que les délégations n’atterrissent à la place ZOMACHI (flamme allumée) qui symbolise aujourd’hui la liberté conquise. Désormais, la place CHACHA pourrait abriter la cérémonie officielle de la JISTNA. L’itinéraire ainsi proposé se résume comme suit : PORTE DU NON-RETOUR, MÉMORIAL ZOUNGBODJI, ZOMAÏ,  ZOMACHI ET PLACE CHACHA. Cet itinéraire placera les valeurs les plus chères défendues par les esclaves comme la liberté (Plage de la Porte du non-retour) la dignité (Zomachi) et l’égalité (Place Chacha où les enchères se feront désormais équitablement) au cœur de la commémoration du 23 août à Ouidah.

Repenser l’itinéraire de cette commémoration à Ouidah, c’est redonner vie à l’esprit de la révolte des insurgés de Saint-Domingue car les événements de la nuit du 22 au 23 août 1791 témoignent la bravoure et la détermination de ces Africains qui montraient que la lutte pour la liberté est une nécessité universelle. Se remémorer ces événements du 23 août 1791 à la place CHACHA à Ouidah en guise de cérémonie officielle, c’est en quelque sorte placer les peuples d’Afrique et leurs dirigeants respectifs devant leurs responsabilités dans l’édification d’une Afrique prospère qui ne doit plus tricher avec ses valeurs.

Paterne TCHAOU

 

 

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