Arts de Rue : Le Collectif ACMUR et l’OIF outillent de jeunes régisseurs

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Avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Collectif ACMUR organise, à Ouagadougou, du 26 novembre au 05 décembre 2018, un atelier de formation en Régie de spectacle en espace public. La formation se déroule à l’Institut Burkinabé et enregistre la participation d’une vingtaine de personnes venues de 4 pays de l’Afrique de l’Ouest.

Le samedi 1er décembre 2018, au 6è jour de la formation en Régie de Spectacle en Espace Public qu’organise le Collectif Arts, Clowns, Marionnettes et Musiques dans nos Rues (ACMUR) avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les participants sont entretenus par Thierry Bambara, régisseur général de l’Institut français de Ouagadougou. Il est question du choix des lieux de spectacle, de la sécurisation des lieux et du matériel, de la composition d’une équipe technique et de l’accueil des artistes.

Pour introduire cette journée consacrée à la gestion d’une régie générale, Thierry Bambara fera une courte introduction avant d’inviter les participants à se mettre en groupe pour des exercices qui devront leur permettre de mieux cerner les différentes notions qui leur seront données. « C’est un domaine technique et il ne sert à rien de vous transmettre des notions sans que vous ne soyez confrontés à certaines réalités de terrain. Evidemment, il y a des choses à savoir mais le plus important, si vous voulez faire la régie, reste la pratique », explique le formateur du jour avant d’inviter les participants à se retirer pour une trentaine de minutes.

Plus pratique que théorique

Plus de la moitié du temps de formation de ce samedi 1er décembre sera plus pratique que théorique. Une méthodologie voulue et imposée durant toutes les formations organisées récemment par le Collectif ACMUR. Pour son Directeur Artistique, Boniface Kagambega, cette méthodologie s’impose d’elle-même au regard du thème de la formation. « Il faut amener les participants à se confronter déjà à certaines réalités. S’il est vrai qu’il faut avoir certaines notions théoriques avant de comprendre certaines situations en régie, il n’en demeure pas moins que par la pratique, ces notions sont assimilables encore plus facilement. Du coup, nous avons opté pour une formation plus pratique que théorique », confie-t-il.

Une option qui nécessite une plus grande attention dans le choix des formateurs. Pour cette session qui réunit des participants du Togo, du Bénin, de la Côte d’ivoire et du Burkina Faso, Jacob Bamogo (Régisseur Lumière) et Issa Ouedraogo ( co-fondateur du premier collectif de scénographes en Afrique de l’Ouest   Face Ô Sceno et scénographe du CITO) ont précédé Thierry Bambara. De fréquentes séances pratiques sont également organisées dans les rues, plus précisément à la Place de la Femme de Goughin (lieu de déroulement du festival des arts de Rue Rendez-vous Chez nous depuis 9 ans). Les participants testent, sous le regard des formateurs et parfois de personnes ressources, leurs connaissances.

Pour la comédienne et conteuse togolaise Hanifatou Dobila, cette formation est plus qu’importante à l’heure où l’art se déplace et s’installe de plus en plus dans les rues. « Aujourd’hui, les créations sont faites pour s’adresser aux différentes couches sociales et le public se trouve majoritairement dans les rues et on doit aller vers lui. Il nous revient donc de prendre les dispositions nécessaires pour le satisfaire à tous les niveaux et bien évidemment au niveau technique aussi. Cette formation m’apporte beaucoup. Les formateurs nous donnent les outils pour l’organisation d’un événement en tant que régisseur, les dispositions à prendre, les erreurs à ne pas faire » expose la conteuse.

Professionnaliser les arts de rue

Partie intégrante d’une série de formations initiée et mise en œuvre par le Collectif ACMUR avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie vise à professionnaliser les arts de rue, affirme Boniface Kagambega. « Il s’agit de disposer de personnes qualifiées capables de faire face aux nouveaux défis liés aux arts de rue. Ces dernières années, les arts de rue ont pris de l’ampleur et dans un futur proche, il faudra vraiment compter avec ce type d’art. C’est en anticipant cet état de choses que nous avons initié cette série de formation axée sur le développement et la gestion de projets en espace public », explique-t-il.

La formation s’inscrit également dans la dynamique du Collectif créé pour démocratiser les arts dans les rues. Cette dynamique qui a pris corps avec la création et l’organisation depuis une dizaine d’année du Festival Rendez-vous Chez Nous qui se tient généralement en février à Ouagadougou, Komsilga et BoboDioulasso. Les villes de Bamako au Mali et Conakry en Guinée ont aussi rejoint les rangs en organisant depuis peu leur festival.

« C’est une vision d’ensemble pensée par des personnes soucieuses de retourner l’art au public. Les possibilités offertes par les rues sont immenses et nous l’expérimentons chaque année, que ce soit avec le festival qu’avec les formations et les autres activités que nous menons. C’était vrai hier et c’est encore plus vrai aujourd’hui où nous nous apprêtons à tenir la 10è édition du Festival Rendez-vous Chez Nous à Ouaga en Février prochain » dira Le Directeur Artistique du Collectif qui souhaite déjà que les personnes formées tout au long de l’année soient présentes sur cette édition du Festival pour une expérimentation en grandeur nature des notions acquises.

 

Par Eustache AGBOTON ©www.benincultures.com

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