2è Débat Littéraire : Habib Dakpogan , « quand je me révolte, j’écris»

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L’Acte 02 du Débat Littéraire organisé par le centre culturel Artisttik Africa en collaboration avec l’Association des Professeurs de français du Bénin et quelques maisons d’éditions du Bénin s’est déroulé ce samedi 11 Novembre  2017. Au cœur des échanges, le recueil de nouvelles « Etha Contest » de l’écrivain béninois Habib Dakpogan. La rencontre a eu pour cadre la paillote du Centre Artisttik Africa sis à Agla.

Présentation du recueil de nouvelles Etha Contest de l’écrivain béninois Habib Dakpogan. Tel est le premier exercice auquel s’est livré le modérateur Thanguy Agoï au cours de l’Acte 02 du Débat Littéraire. Selon ses propos, Etha Contest est un recueil de nouvelles de 259 pages composé de huit (08) Nouvelles dont « Un piège à cons », « Un problème de pain », « Rendez-vous unique », « Madame Matrix », « Moi, moitié de moitié », « Myriam Dicoh », et « Etha Contest ».

C’est une oeuvre, poursuit Thanguy Agoï, qui peint les réalités socio-politiques du Bénin et de l’Afrique dans un style axé sur l’humour, le sarcasme, et la description. Aprés avoir expliqué et illustré par des extraits la substance de l’ouvrage, le modérateur a donné la parole à l’écrivain, qui s’est lui même attardé sur l’essentiel à retenir de son oeuvre.

Etha Contest, réceptacle de leçons morales et éthiques

Habib Dakpogan à sa prise de parole a rappelé à l’assistance l’élément motivateur de ces écrits. Déjà dans les interventions, les lecteurs ont fait cas d’un sentiment de révolte pressentis chez l’auteur à travers ses écrits. Ce que ce dernier ne tardera pas à confirmer. « Il y a un certain nombre de choses dans notre société contre lesquelles je m’indigne. Que ce soit sur le plan politique et social. J’ai chaque fois besoin de me révolter contre ces dérives. Et quand je me révolte, j’écris » confie-t-il.

En donnant pour exemple la première nouvelle du recueil Un piège à cons, l’écrivain explique qu’à travers cette nouvelle qui colle à l’actualité politique du Bénin au temps du régime des FCBE (Forces Cauris pour un Bénin Emergent, ndlr) et qui lève les rideaux sur les coulisses des temps de l’approche du  remaniement ministériel, il  prévenait les peuples sur un déclin imminent du pays vue la manière dont le pouvoir était géré.

« A l’époque, j’ai observé notre président. J’ai vu qu’il était une personnalité forte mais très émotive qui aime se fait admirer par tous. Alors que le Bénin n’a pas besoin de ça. On a besoin d’être guidé et dirigé. Donc à travers le personnage du président représenté dans cette nouvelle, je nous avertissais sur la chute et la perte vers laquelle nous courrons » explique- t-il.

Toujours dans ses explications, Habib Dakpogan donne l’exemple la nouvelle Moi, moitié de moitié qui aborde l’histoire d’une maîtresse et d’un couple pour souligner que cette trame n’était qu’un prétexte. S’appuyant sur le déroulé de cette nouvelle, il explique que l’essentiel à retenir se traduit par les phrases suivantes, « Nous avons une fâcheuse manière de rechercher le tort chez les autres. Toutes les situations qui arrivent aujourd’hui dans notre pays ne sont qu’une succession de circonstances, de coïncidences dont nous sommes tous coupables. Il ne sert à rien de jeter la pierre à une personne. Cherchons avant tout à donner le bon exemple. Que chacun fasse sa démocratie en lui même et garde à l’esprit que dans le délit, il n’y a pas de hiérarchie ».

Habib Dakpogan et la métaphore de l’humour

De Partir ou rester, l’infamante république à Pv salle 6 en passant par Etha Contest,  la démarche et style de l’écrivain est le même. De l’humour mélangé au sarcasme, le tout drapé d’une description alambiquée et rythmée. Interrogé sur le choix de ce style, Habib Dakpogan clarifie que la manière de ne pas pleurer dans les tumultes de notre société est de rigoler pour pouvoir avaler la pilule amère. « L’humour dans mes textes n’est qu’une manière pour ne pas aborder nos problèmes de manière crue et sévère. Toutefois, je pense qu’il y a de quoi pleurer, de quoi nous apitoyer sur notre sort au Bénin. Avec le pays qui est mal géré, l’héritage coloniale qui nous a fait hybrides sans identités, celui traditionnel contre lequel nous luttons et qui nous rattrape, je crois qu’il y a de quoi nous apitoyer. Mais je préfère dénoncer les choses d’une manière légère et digeste. J’utilise juste l’humour pour dire ce qui est criard. L’humour dans mes oeuvres n’est qu’une métaphore » explique l’auteur, double tenant du Prix littéraire du Président de la République.

Chanceline MEVOWANOU (Collaboration) ©www.benincultures.com

 

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