10 ans après son décès : l’Afrique s’unit pour célébrer Ousmane Sembène

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Le Centre Culturel Artisttik Africa à Cotonou (Bénin) à l’instar de plusieurs dizaines d’écoles, de musées, de centres culturels, d’ONG et même de propriétés privées répartis sur tout le continent africain rend hommage au « père du cinéma africain », Sembène Ousmane décédé le 9 juin 2007. A l’occasion, des projections publiques et gratuites du film documentaire Sembène ! seront organisées dans plus de 30 pays africains du 9 au 11 juin 2017.

Malade depuis plusieurs mois, celui qui s’est surnommé « l’aîné des anciens du cinéma africain » meurt à l’âge de 84 ans à son domicile à Yoff (Dakar, Sénégal) le 9 juin 2007. 10 ans après, Le cinéma Normandie, en partenariat avec plus de 50 institutions  à travers l’Afrique, organise la plus grande projection communautaire de l’histoire pour rendre hommage à Sembène Ousmane.

Selon le communiqué parvenu à notre rédaction, « Le projet est motivé par le désir  non réalisé de Sembene de son vivant,  et 50 ans de travail continu, de restituer les histoires africaines aux Africains.  Pendant des décennies,  à travers  la période coloniale,  et jusqu’aux indépendances à la fin des années 50 et au début des années 60,  les écoles coloniales, les journaux, les télévisions, les films  et les langues de l’Europe étaient les seuls vecteurs  dominants de la culture africaine. Les cultures africaines étaient marginalisées et criminalisées et plusieurs Africains ont perdu contact avec  leur passé ».

En effet, dès son premier film, Borom Sarret (1962),  Sembene s’est consacré à faire un  cinéma conçu comme « école du soir », pour les Africains.  Ses œuvres ont revu  l’histoire africaine selon une perspective africaine,  dénoncé la corruption des dirigeants et célébré « l’héroïsme au quotidien ». Sembene a passé 50 ans à écrire des livres et à faire des films dans un effort sans relâche  de réorienter les Africains après des générations de colonisation.  Malheureusement, 10 ans après sa mort, Sembène, un véritable héros d’un cinéma de montée en pouvoir des Africains, demeure inconnu de plusieurs jeunes Africains.

Et que naissent de nouveaux « Ousmane Sembène »

Selon Samba Gadjigo, le metteur en scène du film et biographe du film documentaire Sembene !, « le projet Sembène à travers l’Afrique » vise à inspirer toute personne dévouée au progrès de l’Afrique. « Ce projet représente une étape importante vers notre objectif principal : injecter dans la conscience des Africains le legs de Sembene, fait d’histoires  militantes et progressistes. Usant des nouveaux outils que sont les réseaux sociaux,  les technologies numériques et les organisations communautaires, nous espérons partager  ce documentaire avec un vaste public, qui va apprécier,  les puissantes histoires d’Ousmane Sembene à travers le continent ».

Plus d’une centaine de projections sont confirmées entre le 9 et le 11 juin. Toutes les projections seront suivies de débats dont plusieurs seront menées par des universitaires et des cinéastes. A Cotonou au Bénin, c’est le Centre Culturel Artittik Africa qui accueille cette projection. A en croire Ramanou Alédji, coordonnateur du  centre, « le projet nous a tout de suite séduit de par sa pertinence et sa volonté affichée de voir naitre de nouveaux Sembène. Nous n’avons donc pas hésité à nous y associer ».

Ainsi, le samedi 10 juin 2017, à 17 heures, les cinéphiles béninois en général et cotonois en particulier sont invités à cette projection qui sera suivie par un débat modéré par le journaliste culturel Fortuné Sossa, avec comme panéliste Jemima Catraye, réalisatrice et directrice de la télévision nationale ; Akala Akambi, ancien directeur de la cinématographie et du directeur du Fonds d’Appui à la Production Audiovisuelle (FAPA), Bonaventure Assogba.

 

Par Eustache AGBOTON, ©www.benincultures.com

 

Filmographie de Ousmane Sembène

Borom Sarret (court-métrage, 1963), L’empire Songhay (court-métrage documentaire, 1963), Niaye (moyen-métrage, 1964), La Noire de…(long-métrage, 1966), Le Mandat (long-métrage, 1968), Taaw (court-métrage, 1970), Ermitaï (long-métrage, 1971), Xala (long-métrage, 1974), Ceddo (long-métrage, 1976), Camp de Thiaroye (long-métrage, 1987), Guelwaar (long-métrage, 1992), Faat Kiné (long-métrage, 2000),Moolaadé (2004)

Bibliographie de Sembène Ousmane

Le Docker noir (roman, 1956), O pays, mon beau peuple (roman, 1957), Les Bouts de bois de Dieu (roman, 1960), Voltaïque (nouvelles, 1961, L’Harmattan (roman, 1963), Le Mandat (récit 1964), Xala (récit, 1973), Le Dernier de l’Empire (roman, 1981), Niiwam, suivi de Taaw (nouvelles, 1987)

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