THEATRE
Le budget du Fitheb 2012 bouclé à 96%
A la faveur d’une conférence de presse hier à Cotonou, Pascal Wanou, Directeur du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a fait le point des préparatifs de la onzième édition de l’événement qui se déroule du 27 mars au 07 avril 2012. Une édition dit-il, de renouveau placée sous le thème «L’économie du théâtre en Afrique».

Pascal Wanou, Directeur du Fitheb ©DR
Six mois après la conférence de presse de lancement officiel de la campagne de la onzième édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), le Directeur du festival, Pascal Wanou était à nouveau devant les hommes des médias. C’était ce mardi 06 mars 2012 au siège du festival à Cotonou. L’objectif était de faire le point des activités de cette campagne et de ses retombées.
Aux dires du Directeur, la campagne a été marquée par une tournée du comité d’organisation de l’édition 2012 du festival dans les villes d’accueil de l’événement. Une tournée qui a permis au comité de fournir aux populations toutes les informations utiles et de les préparer à la venue du festival dans leur ville respective.
L’autre point de la campagne Fitheb 2012 a été, d’après les déclarations du Directeur, la mobilisation des partenaires qui en majorité, avaient entretemps tourné le dos au festival. Et déjà, c’est une mission accomplie, affirme Pascal Wanou. Car, explique-t-il, tous les partenaires internationaux sont à nouveau avec le Fitheb. Du côté des locaux, la confiance est revenue aussi. Cette reconquête des partenaires a permis à la Direction du Fitheb d’être déjà à un taux de 96% du budget prévisionnel qui s’élève à environ 340.000.000 (trois cents quarante millions) de francs Cfa. «Ces 96%, ce sont les accords déjà signés. Les 4% restants sont les promesses faites et qui attendent d’être finalisées par les signatures d’accord», précise Pascal Wanou.
A noter que l’apport direct de l’Etat béninois dans ce budget est estimé à 200.000.000 (deux cents millions) de francs Cfa. En termes de subvention allouée à la Direction du Fitheb, l’Etat contribue à hauteur de 65.000.000 F Cfa environ, de façon indirecte à ce budget.
Plus de 100 représentations dans 10 villes du Bénin
Les acquis de cette campagne ont permis à la Direction du Fitheb, de finaliser le menu de la présente édition. Fitheb 2012, c’est 32 spectacles de 32 compagnies venues de 16 pays d’Afrique et d’Europe y compris le Bénin. 7 spectacles –6 de théâtre et 1 de danse- sont exclusivement produits par des acteurs béninois. Dans le menu établi sur douze jours, chaque compagnie est programmée pour au moins trois représentations dans dix villes du Bénin que sont : Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey, Abomey-Calavi, Ouidah, Lokossa, Bohicon, Djougou et Natitingou. Trois de ces villes notamment Cotonou, Porto-Novo et Parakou vont abriter les villages du Fitheb où il y aura le marché du festival, des spectacles de musique, la nuit du conte, etc.
A côté des spectacles de théâtre classique, il y aura également du théâtre populaire. «C’est dans le but de ressusciter la dimension populaire du Fitheb» explique le Directeur. «Il faut amener le théâtre vers les populations. Ce n’est que de cette manière que les populations vont se l’approprier» a-t-il ajouté. D’autres activités périphériques sont également prévues telles que des ateliers de formation, des tables rondes et le colloque international sur le thème «L’économie du théâtre en Afrique». Le lancement de toutes ces activités est prévu pour le mardi 27 mars 2012 à 10 heures au palais des congrès de Cotonou.
Ecrit le mercredi 7 mars 2012 par Blaise AHOUANSE (la Nouvelle Tribune)
« Kan hoho nou» en tournée nationale au Bénin
Après 60 représentations en France, le spectacle "kan hoho nou" est au Bénin pour une tournée nationale. Joué par le comédien Hervé Wégbomè, seul sur scène, le spectacle raconte la difficulté qu’éprouve un petit écolier à s’adapter à sa nouvelle vie en ville après plusieurs années au village. Prévu pour être joué dans 7 villes du Bénin, le spectacle ne devrait pas manquer de séduire le public.

Hervé Wégbomè dans "Kan hoho nou" ©Bénincultures
Sèna. Habitué des fêtes au clair de lune, de la chasse, des feux de brousse, de la cueillette, des jeux sous la pluie, des veillées de conte autour du feu, Sèna vivait tranquillement au village avec sa grand-mère. Il grandissait au milieu de ses oncles, tantes et cousins, apprenant la solidarité et la bravoure jusqu’au jour où son père l’emmena dans la grande ville pour poursuivre ses études. Il s’y retrouve confronté au modernisme et aux réalités urbaines. Dans sa nouvelle vie faite d’antagonisme avec l’ancienne, je jeune enfant cherche ses marques. Mais difficile de délaisser ses mains pour s’habituer désormais aux couverts et aux assiettes en porcelaine ; ou d’utiliser la brosse à dent et le dentifrice, lui qui ne connaissait que son cure dent coupé rapidement sur une branche d’arbuste. Plusieurs « nouveautés » feront regretter à Sèna de s’être un jour réjouit à l’idée de venir en ville.
« Kan hoho nou…» est une fable contemporaine qui parle de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui, l’Afrique de la tradition et du modernisme, l’Afrique des contes au clair de lune, des chasses aux porcs épics, l’Afrique avec ses cérémonies d’initiation, ses cérémonies de « sortie d’enfant », ses prières à la nouvelle lune.… en comparaison avec l’Afrique des téléphones portables à trois cartes sim simultanées, l’Afrique des connexions internet, l’Afrique des jeux vidéo etc.
Programme de la tournée
Zakpota : Vendredi 24 février à 17h
Dogbo (2 spectacles) : Samedi 25 février à 16h et 17h
Dassa (2 spectacles) : Dimanche 26 février à 17h et Lundi 27 février à 18h
Natitingou : Mardi 28 février à 18h
Cotonou (2 spectacles) : Jeudi 1er mars à 17h et Vendredi 02 mars à 17h
Porto Novo (2 spectacles) : Samedi 03 mars à 10h et 11h
Abomey-Calavi : Samedi 03 mars à 18H
Ecrit le 24-02-2012 par Bénincultures
BENIN EN CREATION : Reconstituer la chaîne de la création théâtrale au Bénin ECONSTITUER LA CHAINE DE LA CREATION THEATRALE AU BENIN
Du 27 Septembre 2008 au 10 Mars 2009, la première édition de BENIN EN CREATION, une résidence internationale d’écriture et de création théâtrale initiée par l’association culturelle « Atelier Ouverture AZO », s’est déroulée dans 10 villes du Bénin. Ce projet, né de l’ambition de contribuer à la redynamisation du secteur de la production, de la diffusion des créations théâtrales et de l’animation des espaces culturels nationaux, à bénéficié de l’appui financier de l’Union Européenne à travers le second appel à projet du Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles Décentralisées (PSICD Bénin).

Le concept
Partir d’une résidence d’écriture de deux textes pour aboutir à la création de deux spectacles de théâtre en passant par la conception et la réalisation des décors, des costumes et la création des lumières et de la musique. Les spectacles ainsi créés partent en diffusion nationale dans les villes du Bénin, puis sont proposés à des rencontres et festivals à l’étranger. Ainsi pourrait se décliner en peu de mots l’audacieux pari qu’ambitionne de relever, tous les deux ans, la jeune équipe du projet BENIN EN CREATION conduite par le metteur en scène béninois Brice BONOU.
Il n’est plus un mythe que les créations théâtrales du Sud souffrent, de façon criarde pour la plupart, d’un amateurisme imputable avant tout au manque d’informations, de formations spécifiques des acteurs et d’une politique culturelle qui allie vision sectorielle, plan d’action clairement décliné et volonté ferme des pouvoirs publics .
Au Bénin, les créateurs en général et ceux du Théâtre en particulier manquent d’espaces conventionnels de création, d’un circuit formel et lisible de diffusion, d’opportunités régulières d’échanges pour confronter leurs produits au regard et aux critiques d’autres créateurs du continent et du monde. Par ailleurs, la relative spécialisation des compétences et de l’expertise locales, la restriction des moyens infrastructurels, matériels, techniques et financiers sont autant de freins à l’essor du secteur, que le projet contribue à lever.« BENIN EN CREATION, au regard des problèmes entre autres de compétences et de qualité des créations, a offert aux participants des conditions professionnelles et un cadre approprié de travail qui associe la formation à la pratique, l’expertise nationale à celle étrangère, l’excellence du talent au confort de travail. Elle met les acteurs principaux de la chaîne de création théâtrale sur un même site, dans une même période et dans le même élan soit simultanément, soit alternativement » a précisé M. Brice BONOU, Directeur artistique des résidences.
L’édition 2008
Le choix de Natitingou, ville septentrionale du Bénin située à 645 Km de Cotonou, a offert aux participants un environnement idéal à bien des égards et favorable à l’inspiration et au travail de création. Après un mois de résidences d’écriture des jeunes auteurs Gérard HEMADOU et Mohamed MAMAN, encadrés par Hermas GBAGUIDI avec une intervention for appréciée de Florent E. HESSOU, deux pièces de théâtre ont été écrites : Nuit de noces par Gérard HEMADOU et Balkissou de Mohamed MAMAN.
S’en est suivi le travail de création et de mise en spectacle avec deux équipes distinctes conduite l’une par deux anciens pensionnaires de l’Ecole Internationale de Théâtre du Bénin, Luc Koubidina Alanda du Togo et le béninois Patrice TOTON. Ces équipes formées à partir des huit comédiens, deux décorateurs, deux régisseurs sons et lumières, venus du Bénin, du Togo et du Tchad, sélectionnés sur appel à candidature internationales, ont travaillé pendant un mois à la création des deux spectacles. La qualité du travail de création a été assurée et renforcée par des ateliers de formation dirigés par les béninois Alfred FADONOUGBO pour les comédiens, Grégoire NOUDEHOU pour les décorateurs, Alexis MAGA, pour les régisseurs et le togolais Ramsès ALFA, encadreur des metteurs en scène,
BENIN EN CREATION dans sa phase de diffusion a permis une dizaine de représentations des deux créations dans dix villes de l’ensemble du territoire national. Ainsi, de Natitingou à Djougou, Parakou, Dassa zoumé, Bohicon en passant par Porto Novo, Grand Popo, Abomey-calavi et Cotonou, le projet a permis d’inverser la démarche qui consiste à faire venir le public au Théâtre. Désormais, le théâtre et ses acteurs s’installent en parfaite harmonie, sans préjugés ni a priori, au cœur même de la population, pour être conçu, modelé, cuisiné et lui être servi.
Les impacts économiques et socio communautaires
BENIN EN CREATION 2008, c’est un budget de plus de 36 millions de francs CFA, dont près de 70% (plus de 25 millions) investis dans la ville d’accueil, Natitingou, sous forme de frais d’hôtels, de restauration, de transport, de matériels artistiques et techniques, de frais médicaux, de frais d’agréments de séjour et distractions variées et de dépenses diverses favorables au tissu économique locale.
Le projet a par ailleurs permis à une vingtaine de jeunes acteurs culturels de la sous région, pendant deux mois, de se former, se professionnaliser et d’être rodés à l’expérience de la chaîne de la création théâtrale et demeurent des relais de qualité auprès des membres de leurs organisations respectives.
Vers une meilleure animation des espaces culturels nationaux, la mise en place d’un cadre d’échanges de connaissances et d’expériences entre les professionnels et la jeune génération des aspirants aux métiers du théâtre, BENIN EN CREATION, à condition d’être pérennisé, contribuera sérieusement à la structuration du secteur culturel béninois et des métiers artistiques qui y sont exercés.
Les perspectives
Une 2ème phase de diffusion nationale des deux créations est prévue pour le dernier trimestre 2009. Selon l’équipe de projet, des diffusions à l’étranger sont également prévues au début de l’année 2010 en prélude au lancement de l’appel à candidature de la 2ème édition prévue pour Juillet 2010. Il est à noter que, toujours dans le sens de la durabilité de l’initiative, les deux textes issus des résidences d’écriture sont en instance de publication.
Au-delà de sa vive couleur artistique, BENIN EN CREATION est avant tout une expérimentation mais aussi une aventure humaine faite de vie en groupe, de partages, de suggestions, de remises en cause, de douleurs pour aboutir à des créations, fruits de longs mois de travail assidu, acharné et passionné. Ce sont aussi des enjeux économiques et géoculturels importants. Une invite donc aux autres communes du Bénin à saisir la formidable occasion d’abriter l’édition 2010 de l’évènement, la 2ème, « celle de la résistance ».
Par Carole CAKPO