Rejoingnez-nous sur FACEBOOK Rejoignez-nous sur TWITTER
Recherche
 
Arts visuels
Danses
Musique
Theatre
Patrimoine
Mode
Litterature
Cinema
Medias

Bénincultures
Accueil
Qui sommes nous?
Bibliothèque
Bénincultures, le mag
Envoyez des informations
S'inscrire
Acteurs culturels
Organisations culturelles
Consulter le répertoire
Les acteurs culturels
Les organisations
 

NOS PARTENAIRES

Gouvernement du Bénin
RIAH: Réseau Inter Africain des Habitants
OIF: Organisation Internationale de la Francophonie
logo_aoa


PATRIMOINE

Sè, capitale de la poterie

Richesse naturelle, l’argile est l’une des matières premières dont dispose le Bénin. A Sè, dans le département du mono, cette matière est transformée en poterie grâce à l’intelligence et l’habileté de la potière. Pratique ancestrale ayant une origine mythique, la poterie continue aujourd’hui, tant bien que mal, de faire la fierté de tout une population. Eric Thomson, artiste musicien et natif de Sè, nous fait découvrir, le temps d’un article, la poterie de Sè.

poterie_a_se_au_benin
Fabrication de poterie à Sè au Bénin © Bénincultures

L’histoire raconte qu’une dame du nom de "maman Viangansi", mère fondatrice de la poterie aurait eu la révélation du génie "agué" dans la forêt qui lui aurait communiqué ce savoir. Elle aurait observé les génies de la forêt manipuler l’argile. Après une disparition  de trois mois sept jours, " maman viangansi" serait réapparu, les cheveux en broussaille. C’est donc depuis son retour qu’elle aurait commencé par manipuler l’argile et lui donner des formes qui serviront dans le quotidien de la population. "Toute invention, lorsqu’elle ne répond pas à un besoin social n’a pas de sens et donc, c’est en adaptant sa découverte à un besoin social que l’argile a intégré la vie sociale des communautés et a commencé par servir dans toutes sortes de rituels et d’usages domestiques », conclut Eric Thomson.

Des produits vraiment utiles

La poterie utilitaire, la poterie cultuelle et la poterie culturelle sont les types de poterie fabriqués à base de l’argile. La poterie utilitaire regroupe les produits qui servent dans le quotidien de l’homme. C’est le cas des « haglozin» qui sont des canaris indispensables à la préparation des tisanes. Les « Dagba », quant à eux servent à conserver l’eau toujours fraîche, « l’eau qui se passe de réfrigérateur », commente Eric Thomson. Enfin, on peut citer les différents types de foyers modernes utilisés pour la cuisine ou encore le « Zinvi » qui sert à l’épargne chez soi. On trouve aussi des marmites pour faire la sauce et même préparer des mets béninois.  La poterie cultuelle  constitue l’ensemble des produits de la poterie qui servent au culte dans les religions traditionnelles et endogènes. Quant à la poterie culturelle, elle prend en compte les produits utilisés pour l’exécution de certains rythmes typiquement béninois tels que le « Zinli ».

De l’argile à la poterie

Deux ou trois fois par semaines, très tôt le matin, la potière se rend à la à la carrière (Sungbamè, en fon)  pour chercher la matière première, l’argile (Sun). L’extraction de l’argile est la  toute première étape de la fabrication de poterie. La potière s’outille d’un panier ou d’une bassine et d’une houe pour se rendre à la carrière. De retour à la maison, l’argile obtenue est séchée au soleil. L’argile ainsi séchée est récupérée, délayée et pétrie. La portière transforme les restes de vieux pots en poudre et la mélange avec l’argile séchée et mouillée pour lui procurer de la résistance. La pâte obtenue est la « charmotte ». Cette « charmotte »  passera  plusieurs étapes de manipulation, de pétrissage, car plus on la pétrie, plus elle devient résistante, élastique et offre les qualités pour fabriquer les produits. La potière entreprend ensuite de la modeler, de la façonner et de la colorier à sa guise pour leur faire prendre forme. Mais avant leur usage, ces produits subissent enfin l’enfer du feu. Appelée « l’épreuve du feu », cette dernière étape de la transformation de l’argile permet aux produits de rester apte à servir sur une longue durée.

Par Rosine KEDEDJI (Bénincultures)


Dans les coulisses de la préparation du fromage peulh

« Et voilà ! Le fromage est prêt ! » s’exclame Mariam, une jeune fille peulh, la vingtaine,  désignant quatre passoires contenant des fromages qu’elle arrose d’eau. Avec l’aide très passive de sa mère, Mariam venait  ainsi de nous faire vivre les différentes étapes de la transformation du lait frais de vache en fromage. Nous sommes au camp Peulh, à une trentaine de kilomètres de la ville de Parakou. Et c’est dans la vaste cour d’une concession clôturée par une brousse à perte de vue que cette famille peulh nous a reçus pour … un cours de cuisine.

fromage_peulh_1

Dans une marmite en fonte non couverte posée sur le foyer, Mariam met du lait frais de vache et s’active à attiser le feu.

fromage_peulh_2
Elle pile ensuite la tige et les feuilles d’une plante très populaire dans notre pays. « Par temps de saison sèche, de petites billes couronnées de brindilles fines couleurs de coton, planent dans les airs. Elles s’échappent de cette plante », explique Béatrice Lalinon Gbado, auteure du livre « Le fromage peulh ». « C’est surtout la sève de cette plante que nous recherchons car elle permet aux différentes particules du lait de se coller et de former des caillots », poursuit Mariam.

fromage_peulh_3

La tige et les feuilles ainsi écrasées, Mariam les triture dans  un peu de lait frais, les retire et  en jette les déchets. A l’aide d’une passoire, elle filtre le mélange dans le lait déjà au feu. « Le lait au feu ne doit pas bouillir avant l’ajout du lait mélangé à la sève de la plante », conseille t- elle tout en surveillant son feu.

 

fromage_peulh_4

Ensuite, elle entreprend de prélever le fromage dans des passoires disposées sur des bols. Le reste des liquides s’échappe alors par les interstices des passoires.

fromage_peulh_5

Ensuite, elle entreprend de prélever le fromage dans des passoires disposées sur des bols. Le reste des liquides s’échappe alors par les interstices des passoires.

 

 


fromage_peulh_6

Et pour éviter  que le fromage ainsi obtenu ne se colle aux parois des passoires, Mariam les arrose d’eau simple avant de les retourner d’un geste vif et rapide.  « Et voilà ! Le fromage est prêt », s’exclame-t-elle. « Pour qu’il soit plus consistant, il faudra le laisser égoutter plusieurs jours durant », recommande la mère de Mariam, fière que sa fille ait bien joué son rôle de « cordon peulh ».

 

fromage_peulh_7
A notre demande, Mariam entreprend de colorier un certain nombre de fromage en rouge. Pour ce faire, elle triture l’écorce du plant de sorgho dans de l’eau dans laquelle elle fait reposer les fromages pendant quelques minutes. Les fromages prennent ainsi la couleur rouge, très appréciée par les consommateurs.

Notre cour de cuisine terminée et après un convivial repas de « Waké » (mélange de riz et de haricot) préparé par la mère de famille, nous sommes rentrés, fiers d’avoir pu percer les mystères de la préparation du fromage par les peulhs.


Reportage et Images : Eustache AGBOTON
(Bénincultures)




Cyrill Noyalet donne la parole au Gèlèdè

En marge de sa communication sur le thème « Gèlèdè et spiritualité au quotidien «  prévue ce jour 8 mars à 20 heures dans l’amphithéâtre Michel-Commault du lycée Pommerit (Ouest de la France), Cyrill Noyalet, réalisateur spécialisé dans l’anthropologie partagée, projette en avant-première son court métrage documentaire intitulé « Paroles de Gèlèdè ». Cette communication se tient dans le cadre de l’exposition « Masques Gèlèdè : Art, culture et tradition du Bénin » initiée par Jean-Yves Augel.

cyrill_noyalet_et_alidou
Le réalisateur Cyrill Noyalet et son co-auteur béninois, Alidou ©DR

« Paroles de Gèlèdè ». C’est le titre du court métrage documentaire que prévoit projeté en avant-première le réalisateur Cyrill Noyalet. Véritable démonstration filmique et pédagogique,  ce documentaire de  32 minutes révèle le sens réel du Gèlèdè dans les régions qui le pratique. Film documentaire mêlant paroles d’initiés interviewés par le réalisateur, culte de  la Grande Mère et sortie des masques, « Paroles de Gèlèdè » s’inscrit parfaitement dans la logique de l’exposition « Masques Gèlèdè : Art, culture et tradition du Bénin ». C’est le fruit de plusieurs années de travail pour le réalisateur qui a pu lier des rapports étroits avec les initiés de la société Gèlèdè. Cette collaboration a permis à Cyrill Noyalet de s’approprier le sens qui entoure la pratique du Gèlèdè. C’est une partie des résultats de ses recherches que nous livre le jeune réalisateur à travers ce documentaire. Il prévoit en effet un long métrage documentaire sur le même sujet d’ici quelques mois.

Formé à la Fondation européenne pour les métiers de l’image et du son (FEMIS),  Cyrill Noyalet est un jeune réalisateur qui a fait ses armes en réalisant des films de prévention (utilisés par l’UNICEF et l’atelier FIWE en Afrique) sur le trafic d’enfants au Bénin. Inspiré par le travail de son modèle, Jean Rouch, Cyrill Noyalet s’investit beaucoup au Bénin où il développe un travail de formation dans le cadre de ses tournages. En effet, il en profite pour établir une collaboration entre de jeunes béninois et des professionnels du cinéma béninois. L’objectif étant de permettre aux béninois de réaliser eux-mêmes dans un futur proche des documentaires pour valoriser leur riche culture.

Ecrit le 08-03-2012 par Eustache AGBOTON (Bénincultures)


Vernissage de l’exposition « Masques Gèlèdè : Art, culture et tradition du Bénin »

ambassadeur_benin_unesco
Son excellence Olabiyi Babalola Joseph Yaï au vernissage © Pascal LE COZ

L’exposition « Masques Gèlèdè : Art, culture et tradition du Bénin » a été inaugurée ce jeudi 1er mars à Pommerit-Jaudy (Ouest de la France) en présence de plusieurs personnalités au nombre desquelles l’ambassadeur du Bénin près de la France, Son Excellence Monsieur Albert Houngbo et le parrain de l’événement Son Excellence Olabiyi Babalola Joseph Yaï, ambassadeur du Bénin auprès de l’Unesco. Cette exposition qui durera jusqu’au 06 avril permettra aux visiteurs de contempler une centaine de masques Gèlèdè et de participer à une série de conférences animées par d’éminentes personnalités spécialisées dans les questions de culture africaine et d’art primitif.

Le cycle des conférences

Gèlèdè, pouvoirs, savoirs et créativité,
Par Madame Rachida de Souza, socio-anthropologue, muséologue, ancienne directrice du patrimoine culturel (Cotonou, Bénin), professeur à l’Université Senghor (Alexandrie, Égypte).
Amphithéâtre Michel-Commault, Lycée Pommerit. – Samedi 3 mars 2012. – 18 heures.

Gèlèdè et spiritualité au quotidien,
Par Monsieur Cyrille Noyalet, réalisateur, spécialisé dans l’anthropologie partagée.
Projection en avant-première de son dernier film réalisé au Bénin: Le Gèlèdè au quotidien.
Amphithéâtre Michel-Commault, Lycée Pommerit. – Jeudi 8 mars 2012 – 20 heures.

Art et esthétique: masques, parures, instruments dans les cérémonies GèlèdèPar Monsieur Jean-Yves Augel, consultant, collectionneur d’art africain, commissaire de l’exposition.
À la salle polyvalente, Cavan. Mardi 13 mars 2012 – 20 heures.

La restauration d’objets ethnographiques et d’œuvres sculptées
Par Madame Marie Soula, diplômée de l’Université de Paris I, Master «Conservation et restauration de biens culturels», restauratrice de biens culturels auprès de musées, de collectivités et de collectionneurs privés.
À la salle des fêtes, La Roche-Derrien. Samedi 17 mars 2012 – 15 heures.

La centralité de la femme dans l’imaginaire et les rites Gèlèdè
Par Monsieur Pierre Akpona, premier conseiller à la délégation permanente du Bénin auprès de l’UNESCO, président de l’Association internationale groupe Gèlèdè (AIGG), spécialiste du patrimoine immatériel.
Amphithéâtre Michel-Commault, Lycée Pommerit. Mercredi 21 mars 2012 – 18 heures.

Le genre oral Gèlèdè au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité
Par Monsieur Patrick Effiboley, historien, muséologue diplômé de l’École Supérieure des Arts d’Amsterdam (AHK), doctorant au CNRS et à l’Université Paris X (thèse en préparation sur les musées béninois), auteur de plusieurs articles et contributions sur le patrimoine culturel immatériel.
Amphithéâtre Michel-Commault, Lycée Pommerit. – Lundi 26 mars 2012 – 14 heures.

Dialogue avec le divin, un millénaire d’art et de culture Yoruba
Par Madame Hélène Joubert, professeur à l’école du Louvre, auteur de plusieurs ouvrages sur la culture Yoruba, conservateur en chef du patrimoine, responsable de l’unité patrimoniale des collections d’Afrique au musée du Quai Branly.
Conférence de clôture, amphithéâtre Michel-Commault, Lycée Pommerit. Jeudi 5 avril 2012 – 20 heures.

Ecrit le 26-02-2012 par Bénincultures


Exposition de masques Gèlèdè : La culture béninoise s’exporte dans l’Ouest de la France

Sous le patronage de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la science et la Culture) et le parrainage de Son Excellence Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, ambassadeur du Bénin auprès de l’organisation, une exposition de masques Gèlèdè se déroulera du 2 mars au 6 Avril 2012 à Pommerit-Jaudy (Ouest de la France). Intitulée « Masques du Gèlèdè : art, culture et tradition du Bénin » et initiée par Jean-Yves Augel, collectionneur et organisateur d’événements culturels, cette exposition présentera près de 150 masques d’exception issus de la communauté Yoruba-Nago.

gelede_masque
Masque lion articulé, Bénin, fin 20e. Collection particulière.©DR

Masques cimiers, masques ventraux, instruments de musique (tambours, gongs, calebasses, etc), parures. Près de 150 pièces provenant de grandes collections particulières seront présentées au cours de cette exposition sur les masques Gèlèdè. Le commissaire de l’exposition, Jean-Yves Augel, explique que « cette sélection comporte des pièces rares et anciennes de la fin du 19e, du début et du milieu du 20e qui côtoieront des créations de facture contemporaine ». Des créations contemporaines qui portent parfois les griffes d’artistes-sculpteurs béninois renommés, comme Amidou Dossou, Kifouli, Dossou ou encore Eloi Lokossou. Appuyées par des photographies et des documentaires, ces pièces seront présentées sur fond sonore d’orchestrations et de chants traditionnels, des tambours, des gongs, des calebasses musicales et autres sonnailles de chevilles.

Selon les organisateurs, l’exposition sera l’occasion de mettre en avant la culture exceptionnelle de la communauté Yoruba Nago, principalement établie au sud-est du Bénin. Elle permettra ainsi aux nombreux visiteurs attendus de découvrir la richesse humaine, artistique, culturelle, musicale et théâtrale du Gèlèdè. L’exposition « Masques Gèlèdè : art, culture et tradition du Bénin » prévoit aussi une série de conférences animées par d’éminentes personnalités spécialisées dans les questions de culture africaine  et d’art primitif. Il s’agit notamment de la conservatrice en chef au Musée du Quai Branly, Hélène Joubert ;  de la socio-anthropologue et muséologue, Rachida de Souza ; du spécialiste des traditions orales et du patrimoine immatériel, Pierre Akpona sans oublier Cyrille Noyalet, réalisateur, spécialisé dans l’anthropologie partagée.

Ce rendez-vous avec les masques Gèlèdè, proclamés depuis 2001 chef-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, sera inauguré le jeudi 1er mars 2012 à 18 heures par son Excellence Monsieur Olabiyi Babalola joseph Yaï, ambassadeur du Bénin auprès de l’UNESCO qui animera par ailleurs la conférence inaugurale sur le thème du « Dialogue des cultures ».

Ecrit le 26-02-2012 par Eustache AGBOTON (Bénincultures)


Quelques semaines après l’incendie au palais royal Houégbadja : Le ministre Abimbola se préoccupe du rétablissement du site

Le ministre de la Culture, de l’alphabétisation, de l’artisanat et du tourisme est préoccupé par la réhabilitation du palais royal Houégbadja après l’incendie qui a consumé plusieurs bâtiments le jeudi 19 janvier 2012. Sur le chemin qui devrait le conduire à Nikki dans le cadre de la célébration de l’édition 2012 de la fête de la Gaani, Jean-Michel Abimbola a marqué une escale sur les lieux du sinistre à Abomey. C’était le jeudi dernier en compagnie de quelques membres de son cabinet.

Juste au lendemain de sa prise de service en qualité de ministre de la Culture, Jean-Michel Abimbola a démarré sa mission sur des chapeaux de roue. Le tout premier dossier qui le préoccupe est la réhabilitation du palais royal Houégbadja ravagé par un incendie le 19 Janvier dernier. Mais avant tout, le ministre a décidé de se rendre sur les lieux en vue de constater par lui-même l’ampleur des dégâts, échanger avec les dignitaires et les conservateurs de site afin d’analyser par après les conditions dans lesquelles un appui du gouvernement serait nécessaire pour redonner au palais royal tout son aspect mérité. Sur le terrain, les dégâts sont considérables et le ministre a été très sensible à ce qui est arrivé au palais. Il a échangé en tête-à tête avec les dignitaires. Cette visite du ministre a été aussi une occasion de présenter les civilités aux membres de la cour royale. Il leur a exprimé sa disponibilité à collaborer dans le sens de la conservation de l’identité culturelle de notre pays, à travers ’entretien des palais royaux, sites, musées et autres lieux représentant des points de détours touristiques, pour accroître les capacités de notre pays en matière de tourisme. A sa sortie du palais, le ministre a confié à la presse qu’il était juste de passage sur instruction du Chef de l’Etat pour constater et faire l’état des lieux. Quant aux dignitaires et responsables à divers niveaux, ils se sont réjouis de ce que le nouveau ministre de la culture se préoccupe de la situation et effectue le déplacement. Le ministre a promis, une fois de retour, étudier avec les cadres à divers niveaux du ministère, les conditions dans lesquelles une communication permettra de solliciter l’apport du gouvernement pour la réhabilitation du palais.

Ecrit le 08/02/2012 par Le Matinal


Houawé Zounzonsa, berceau des rois d’Abomey

Sur les traces de l’histoire de la glorieuse dynastie des souverains d’Abomey, nous sommes allés à la maison originelle à Houawé Zounzonsa (actuel Bohicon), sous le ‘’Zounzon Kpassa’’, baobab que les descendants d’Adjahouto, à la mort de ce dernier, ramenèrent  de leur long périple depuis Allada. Sous la direction et l’éclairage de M. Nestor Dako-Wégbè, guérisseur traditionnel, petit-fils de Dako Kinmadozo, 4ème monarque dans la lignée Dako, nous avons revu le fétiche ‘’Agassou’’ et nous nous sommes faits raconter l’histoire par une voix autorisée. Lumière sur l’histoire d’un des plus glorieux royaumes d’Afrique qui doit son rayonnement posthume à son riche héritage culturel et à la bravoure de ses rois.


A la suite d’une dispute successorale intervenue à Allada après la mort d’Adjahouto,  Zozérigbé est allé à Adjatchè fonder le royaume de Hogbonou (actuel Porto-Novo), Meidji, le benjamin de la famille devient Roi d’Allada. Zanvo, Dako, Djegbo, Ganyé-Yessou et Zonlon tous frères germains migrèrent vers l’intérieur du pays, accompagnés de leur mère Nanyé Sava et de leur père Dogba Aglinguinou.
Après une courte escale à Zado (village Fon) où ils se rendirent compte très vite de l’inhospitalité du milieu du fait des nombreux cours d’eau qui inondent fréquemment la région en saison de pluie et où le vénéré père de la migration Dogba-Aglinguinnou auraient rendu l’âme, ils arrivèrent à Cana. Mais à cause de l’escarpement du relief de la région, ils ont dû pousser plus loin leur expédition avant d’arriver à Houawé-Gbinnou où ils installèrent définitivement le fétiche Agassou signe de l’hospitalité du milieu. Ils décidèrent aussi de planter le « Zounzon Kpassa » le grand baobab qu’ils détenaient depuis Allada.


DAKO-DONOU, « père » des rois d’Abomey
Très vite les ‘’nouveaux venus’’ s’imposèrent aux chefs de la région dont Nago Ayinon Kpahé, chef de Cana et Adingni, chef des Fon de la région. A la suite d’un conseil de famille, ayant réuni notamment les cinq frères ainsi que  leur mère Nanyé Sava et qui devait  désigner l’héritier du trône de leur feu père Dogba-Aglinguinnou, le choix a été porté unanimement sur l’aîné Ganyé-Hessou. Celui-ci, pour se faire sacrer Roi, devait, selon les pratiques, retourner à Allada pour suivre une cérémonie qui devrait durer trois lunes. Sur instigation de leur propre mère Nanyé-Sava, Dako prétexta du départ de son frère aîné pour s’installer sur le trône des Agassouvi en prenant le nom fort qui, traduit en français, veut dire ‘’Dako-Donou devient Roi en faisant fi de l’opinion de son grand frère’’. S’en suivent quatre années de mésentente fratricide entre Ganyé-Hessou et Dako-Donou. Toujours grâce à l’ingéniosité de la mère Nanyé Sava, la réconciliation intervint à Aza-Hounkponto par l’élévation de leurs filles respectives au rang de ‘’Nan’’. L’une sera baptisée Nan Wouvèmian et l’autre Akonoumè, ce qui signifie respectivement ‘’je suis insensible aux cancans’’ (Ganyé- Hessou), ‘’Mêlez-vous de vos affaires’’ (Dako- Donou). Ainsi, Dako-Donou devient le véritable Roi des Fons dans la région de Houawé et Ganyé-Hessou son grand frère, le chef de la tradition, chef de la collectivité, chef de ‘’Aïzan’’, chef d’Agassou et chef de tous les fétiches du royaume.


DAKO-DONOU, roi conquérant
L’usurpation du pouvoir par Dako-Donou grâce à la complicité de sa mère ‘’Naye Sava’’ semble découler de l’agression lancée contre les fils d’Adjahouto en l’absence de Ganye-Hessou. Avant l’arrivée de Ganye-Hessou, Dako-Donou et leurs suites à Houawé Zounzonsa, la région était essentiellement habitée par les Nagos et de nombreux petits chefs de tribus qui vivaient dans des cavernes encore existantes de nos jours. Le plus célèbre et redoutable s’appelait Aïnon Kpahe. Afin de s’installer définitivement sur cette terre propice, les Agassouvis affrontèrent Aïnon Kpahe et l’éliminèrent. Les partisans de ce dernier, pris de panique, se dirigèrent vers d’autres régions pour chercher asile. La paix qui commença à régner progressivement fut à nouveau perturbée par une série de mouvements dans la région de l’actuel Bohicon. Profitant de l’absence de Ganyé-Hessou parti pour son sacre à Allada, Dako-Donou engagea une série de conquêtes à Nandota,  Agassoudanon et Sodohomè. On assista ainsi à la destitution des propriétaires terriens tels que Nando, Hlo, Ako, Adé etc. qui succombèrent tour à tour. Dako-Donou devint alors le chef de terre et installa Kpoton et Agahoussin (roturiers) sur les terres ainsi conquises et annexées à son territoire.

En poursuivant ses conquêtes, Dako-Donou élimina successivement Kpolo Yahassè à la bataille de Lissèzoun puis le très puissant Adé, chef de Lissè-Sodohomè et détenteur du pouvoir d’invisibilité. En témoignage de sa victoire sur les Nagos Nando et Hlo (terriens de Nandota Somin), Dako-Donou prit le ‘’nom fort’’ de ‘’Hlihli-Somin’’. En raison du caractère redoutable du Roi Dako-Donou, son meilleur ami Gbaguidi, méfiant de la confiance qui lui est véritablement vouée, se retira de nuit avec toute sa famille pour s’installer derrière les collines de Gbowele où il fonda la ville de Savalou. Jusqu’à sa mort en 1645, le roi Dako-Donou a toujours réprimé sévèrement les révoltes. Son royaume s’étendait déjà à Lissèzoun, Tindji et Lissè-Sodohomè. Au Sud de Houawé, il installa un poste de douane à Cana qu’il confia à Wankpo pour contrer les agresseurs de Dénou Lissèzin et d’Akiza. A l’Est il en fit de même à Kpoton contre les insurrections des Nando et Hlo. A l’Ouest, un poste de douane fut également créé et confié à Agbossaga pour faire face à l’invasion des ennemis.  Il installa ensuite les Chefs de cultes et instaura ainsi l’adoration des ‘’Vaudouns’’. Il nomma Soglo, commandant en chef de l’armée du royaume et lui confia son fils Aza en vue de son entrainement à la guerre. Au commandant en chef Soglo ont succédé Adanmagniganou puis Dossou Dewa. Le roi désigna également un Premier Ministre (Migan) en la personne de Hassou Kini, homme vigoureux et très doué dans l’art des sciences occultes.

Le prince Aho surnommé Houégbadja : héritier et semeur de gloire
Les allégations selon lesquelles Houégbadja serait le fils de Ganyé-Hessou et non celui de Dako- Donou, ou encore  que ce dernier n’aurait eu que des filles sont, selon ses descendants, nulles et de nul effet.  Avant son arrivée dans la région de Houawé,  il avait déjà eu deux enfants dont l’un, un garçon, du nom de Wolohoun et l’autre, une fille, du nom de Kpofontin. Vinrent ensuite Houégbadja qui a suivi Wolohoun, ses autres frères et sœurs germains, Aza Hounkponto, Kodjadou, Honsou-Hounsou (Tohossou), ancêtre protecteur de Zomadonou (un autre Tohossou engendré par le Roi Akaba et érigé à Abomey) et pour finir Nan Zodoba. Houégbadja a encore un frère consanguin du nom de Attindoto qui a élu domicile à Avogbanna et une sœur Nanyé Noukouin mariée à Zozoun, père de Abodé, à Adanhondjigon (actuelle commune d’Agbangnizoun). Tous les enfants de Dako-Donou, à commencer par Houégbadja lui-même jusqu’à la dernière fille Zodoba, sont issus d’une même mère, Akpatéwou, originaire d’Atchonmè qui se trouve être la maison maternelle du roi Gbè Hin Azin (Béhanzin). Aux dires de M. Nestor DAKO WEGBE, la gloire qu’a connue le roi Béhanzin lors de son passage sur le trône d’Abomey, il le doit entre autres à Houégbadja qui traça les prémices de ce qui deviendra plus tard, l’un des plus grands royaumes d’Afrique. En effet, après un fâcheux incident familial survenu à la cour royale et après s’être fait expulsé du palais par Dako-Donou, Houégbadja ira se réfugier chez, Adingni, ennemi juré de son père. Pour regagner la confiance de ce dernier, il lui ramènera la tête de son hôte emballé dans un pagne, éliminant ainsi la plus sérieuse menace au règne de son père. Ce dernier, reconnaissant et fier de son fils, lui indiqua un emplacement à partir duquel devrait s’étendre et ce jusqu’à l’infini, son domaine propre. Ce domaine inclurait selon, notre guide, ce qui sera plus tard, le grand royaume du Dan Homè.

Par Koffi ATTEDE (Bénincultures)


Port des perles à la taille chez la femme: Faire des hanches la plus belle parcelle du corps

Considérées comme symbole de richesse et de pouvoir, les perles ont  un usage discret, intime et  très significatif pour les civilisations africaines dans le domaine de l’amour à travers leur  port  à la  taille  par la femme.  Autrefois  objet essentiel des préliminaires de l’acte sexuel entre l’homme et la femme, les hanches emperlées de la femme ont un spectaculaire pouvoir émoustillant. Un pouvoir qu’elles perdent  au fil des générations. Enquête sur un objet dont la vue faisait ‘’baver ‘‘ des  hommes.


« É ha jè do alin ni ». Littéralement traduit « Il lui a compté les perles aux hanches », l’adage fon pour exprimer  l’adultère traduit l’importance accordée par la société africaine aux perles portées par la femme aux hanches. Longtemps demeurées parures intimes des femmes, les perles doivent être vues et touchées avec un grand respect. Discrètement enfilées sous les pagnes  des femmes, les tours de taille de perles telle une ceinture donnent de l’extérieur plus d’embonpoint aux hanches, un élément d’attrait de la femme africaine.  Les hommes à qui est dédié  ce geste,  certifient que plus le nombre de rangées  enfilées est important (4, 8, 12 tours et même plus), plus l’effet est remarquable. « Malgré l’harmonie de l’agencement de ces perles, leur fonction n’est jamais prioritairement l’esthétique, mais l’érotisme : elles sont essentiellement destinées  à exciter la sensualité, l’appétit sexuel des hommes qui savent les apprécier à leur juste valeur » écrit le professeur A. Félix Iroko dans Les perles au-delà du décoratif dans le golfe du Bénin à travers les âges (1993, mis en ligne le 28 juillet 2009). Ainsi,  « les perles véhiculent un message codé qui s’identifie dans le lit conjugal où l’homme découvre que sa compagne n’est pas semblable à un ver de terre » explique Mme Viviane Adikpeto, assise sur un tabouret au clair de lune à Canaan où elle nous a reçus. La jeune fille dès ses premières règles devrait normalement mettre au moins quatre rangées de perles à la hanche et deux au moins aux jarrets pour signifier qu’elle était déjà femme. Un geste qui lui garantirait également un bon  mari.

Les premières perles
Les perles ont été introduites au Bénin par les rois, les reines et les adeptes Vodou qui les ont adoptées sans en prioriser la fonction décorative. Dans les royaumes, la favorite du roi était celle qui avait la plus belle parure. « Les plus appréciées étaient celles qui sont dites bébé ou abébé dans les aires culturelles yoruba et adjatado : ce sont des perles discoïdes minces et plates, à très courte perforation centrale de couleur noire, bleue ou rouge ; elles étaient assez fragiles et ne résistaient pas à l’épreuve du feu comme les ‘’nanas’’. (…) Enfilées, elles se présentent sous l’aspect d’une grosse ceinture » conclut le professeur A. Félix Iroko. A la suite des familles royales, les dahoméennes d’alors adoptèrent le port des perles pour séduire leur conjoint. Elles pouvaient enfiler les perles de même couleur ou les agencer, au gré du plaisir de leur homme.

Les perles aujourd’hui
De nos jours, Les perles s’utilisent sous diverses formes. D’abord, les  adeptes  vodoun, les rois et les reines en mettent toujours au cou, au bras et aux poignets en signes  distinctifs. La perle constitue en effet une denrée précieuse qui s’altère difficilement et dont l’aspect, la couleur et l’enfilade sont relatifs à chaque divinité. Dans la vie conjugale, les  perles  ont perdu leur signification et leur raison d’être, car peu d’homme leur accorde un prix. « Les jeunes sont beaucoup plus pressés d’aller à l’essentiel plutôt que de découvrir  les hanches emperlées. C’est la conséquence fâcheuse de la globalisation du monde. Et pourtant, la perle est notre culture… »,  déplore Louis Sinzogan. La perle s’utilise aussi sous des aspects sophistiqués et beaucoup plus adaptés à l’usage externe. Les jarretières de perles sont aujourd’hui remplacées  par le port de petites chaînes à la cheville. La prolifération des perles modernisées et plus coûteuses a ravi la vedette aux prestataires de services ambulantes qui au lieu d’être recherchées par leurs clientes vont plutôt à la rencontre de celles-ci. Cependant, bien que la beauté externe ne soit pas à négliger, celle intime l’est encore moins. Une invite donc aux jeunes filles et aux dames qui tiennent à dompter leur homme. Les perles sont à valoriser et à préserver.

Par Carole CAKPO (Bénincultures)


 

1ère édition de la « Nuit de la Parole »: Patrice Toton promeut les arts de l’oralité

Promouvoir le conte en Afrique en donnant plus de visibilité aux conteurs professionnels et inciter les jeunes à renouer avec leur passé. C’est ce qui sous-tend l’organisation de la nuit de la parole. Cette initiative du président de l’Association Katulati, Patrice Toton, a réuni sur la même scène, des artistes venus du Togo, du Burkina-Faso, du Bénin et de la France. Pierre Dassabouté, Thomas Ogoudjobi, Thibault, Kamel, Sergent Markus, Freddy,

Tanagda Boukari et Alasane Sidibé ont fait voyager les spectateurs au cœur des mots, des proverbes et des incantations vendredi 30 septembre dernier à l’Institut français de Cotonou. Tout en dégustant des grillades et boissons locales, les spectateurs ont également dansé au rythme des percussions du groupe du Café Cauris Coquillage « Chez Rada ».

Patrice Toton

Selon Patrice Toton, deux millions d’années avant nous, nos ancêtres se servaient de l’oralité. Au coin du feu le soir, ils racontaient aux enfants, de belles histoires riches en enseignements. Il s’avère donc indispensable de ressusciter cette pratique éducative jetée aux oubliettes de nos jours. « La nuit de la parole restera donc un repère indélébile de l’histoire de l’oralité », a-t-il confié. Les mérites des conteurs professionnels et acteurs culturels associés à cette 1ère édition de la « Nuit de la parole » ont été reconnus. Patrice Toton a jugé bon de primer quelques-uns d’entre eux pour leur dévouement à la promotion de la culture africaine. Il s’agit de Baba Kéita,Pierre Dassabouté, Danielle Ramalou du Brésil et le directeur du festival Yeleen au Burkina-faso, Boukari Tanagda. Ils ont reçu chacun, un trophée des mains des personnalités conviées à cette soirée. Il faut préciser que cette soirée placée sous le parrainage du Directeur de l’Ecole du patrimoine africain (Epa), Baba Kéita et du directeur de l’Ecole internationale de théâtre du Bénin (Eitb), Alougbine Dine, a été rééditée samedi 1er octobre à Porto-Novo et Grand-Popo.

Page suivante

 


 
(©) 2012 Les Editions Plurielles
WebMaster: Nelson GANGBO / iMedia