MUSIQUE
Isbath Madou : 16 ans de carrière musicale et toujours humble !
Le 28 février 1996, Christian Enock Lagnidé, alors président du Club Jeunesse et Progrès décide de récompenser les personnes qui œuvrent pour la paix au Bénin à quelques jours des élections présidentielles. Feu Monseigneur Isidore de Souza sera chargé au cours de la cérémonie de remettre le Prix de la Paix. Ce prix sera attribué à Isbath Moustapha Jinabou, plus connu sous le nom d’artiste de Madou pour sa chanson Dotou, sortie quelques mois plutôt. Pour elle, ce fût le commencement d’une grande carrière musicale. 16 ans plus tard, le 28 février 2012, elle n’a pas oublié ses origines ni ceux qui ont fait d’elle, l’artiste qu’elle est devenue et c’est avec beaucoup d’humilité qu’elle a accepté de faire avec nous le bilan de sa carrière. Interview.

La chanteuse béninoise Isbath Madou ©NEPS fotoshoc, Côte d'Ivoire
Bénincultures: Depuis quelques années, Madou s'est installée en Côte d'Ivoire. Ce déménagement ne porte-t-il pas un coup dans vos relations avec vos nombreux fans béninois?
Madou:Tout d'abord, je salue le peuple béninois qui a fait de moi Madou. C’est vrai que je suis installée en Côte d'Ivoire pour diverses raisons et je pense que cela ne doit pas porter préjudice à ma relation avec mes fans du Benin surtout que je les représente dignement là où je suis.
Vous étiez obligée de vous installer en Côte d'Ivoire?
Pas obligé mais c’est un choix...
Nous savons que vous êtes en Côte d’ivoire à cause de votre mari qui est ivoirien. Aucun béninois n’a réussi à vous séduire ?
(Rires). Le Benin regorge de jolis garçons très séduisants mais ils n'ont pas voulu m’apprivoiser. Peut-être qu’à l’époque, je n'étais pas assez bien pour eux !! L’ivoirien a vu en moi la femme exemplaire qu'il lui faut et là je rends grâce à Dieu, car je suis épanouie.
Comment se passe votre intégration dans votre pays d'adoption?
Mon intégration dans mon pays d'adoption se passe très bien dans le respect mutuel.
Vous avez gardé de bonnes relations avec vos fans au Béninois?
Oui, je pense. Puisqu'ils répondent toujours présents à mes invitations à chaque fois que l’occasion se présente.
Le 28 février 2012, vous fêterez 16 ans de carrière musicale. Pourquoi considérez-vous cette date comme celle marquant le début de votre carrière?
Le 28 février 1996 a été le déclic de ma carrière musicale parce que c’est après cette date que les Béninois ont commencé par me regarder autrement. Sinon, je suis dans le milieu artiste depuis les années 90.
Expliquez-nous ce déclic.
Cette année, j’ai été classée parmi les femmes les plus en vue du Benin...Je suis invitée à diverses prestations et je représente le Benin à des festivals.
La chanson qui vous aura valu toute cette attention est Dotou. Quelle est son histoire?
Le titre Dotou est divin !! Je vous fais pour la 1ère fois une révélation. Dotou est venu un midi et ce n’était même pas prévu pour l’album Founwadjê (le premier album de Madou, ndlr). Cela devrait paraitre sur une compilation d'artistes suite à un concours national " révélation 93" organisé par le ministère de la culture d'alors. Mais après avoir fini la chanson avec Richmir Totah, Magloire Ahéhéhinou, Jean Adagbénon etc., je l’ai trouvé trop beau pour figurer dans une compilation et nous avons décidé de l’échanger contre un autre titre de mon album Founwadjê. Sinon, je pense aujourd’hui que Dieu a voulu peut-être passer par ma modeste personne pour lancer un message de paix.
Avec le recul, diriez-vous que cette chanson a fait votre carrière ?
Oui, je le dirai très haut car c'est Dotou qui m’a fait connaitre. J’en profite pour dire merci à l’ORTB (Office de Radiodiffusion et de Télévision du bénin, ndlr) qui a réalisé mon clip sans rien me demander et rendre grâce à Dieu d'avoir inspiré l'initiateur du prix de la Paix, Christian Enock Lagnidé, président du Club Jeunesse et Progrès, ses amis qui ont cru en lui et la fédération des Ong du Benin.
Parlant justement de Christian Lagnidé, beaucoup de personnes pensent encore aujourd’hui que vous avez écrit Dotou à sa demande et avec sa complicité. Qu’en est-il ?
(Très étonnée). Non. La chanson Dotou a été écrite par moi. J'en suis l'auteur- compositeur et interprète Je vous l'avais dit plus haut, Dotou est sorti de mes entrailles. C’est suite à mon passage sur l'ORTB avec Steeve Facia à qui une fois encore je dis merci que M. Lagnidé m'a interpelée à travers le Club Jeunesse et Progrès et la Fédération des Ong du Benin. La suite vous la connaissez. J’ai été Honorée par tout un peuple. Aujourd’hui, Dotou est interprété par le Chœur Penuel Cantorum (Groupe musical religieux béninois essentiellement vocal composé d’hommes, issus de l'Église Catholique, ndlr) et j’en suis vraiment fière.
Vous fêtez cette année 16 ans de carrière et vous avez sorti cinq albums. Pouvez-vous nous parler brièvement de ces albums ?
Le 1er est Founwadjê que j’ai commencé avec le ghanéen Ernest Honny et Oscar Kidjo avant de le boucler avec Nel Oliver qui a cru en moi. Je lui dis d’ailleurs toute ma reconnaissance. Il y a eu ensuite de façon consécutive You, Ireti, Racines et Dari Djimi.
Comment se comporte votre dernier album sur le marché ?
Mon 5ème Album a reçu un accueil chaleureux au Benin et ici (en Côte d’Ivoire, ndlr). Le hic c’est l’autre forme de piraterie qui tue. Quand les pirates copient nos chansons pour en faire des compils, on ne gagne pas assez et au vu de la situation que nous avions vécu ici, les choses n'ont vraiment pas bougé. Mais, on espère la réconciliation et la paix totale pour que tout aille mieux sur le plan culturel.

Isbath Madou, le 27 février 2012 à Abidjan ©NEPS fotoshoc, Côte d'Ivoire
Pensez-vous avoir fait de votre mieux en 16 ans de carrière ?
Oui, parce que je me suis battue seule avec l'aide de mes amis(es) que je ne peux nommer ici mais qui ont beaucoup fait pour moi depuis mon 1er Album. Il y aussi le Fonds d'Aide à la Culture qui m'a aussi soutenue et j’espère que ce soutien continuera.
Vous ne regrettez rien ?
Je n’aime pas le mot regret. Je me dis toujours que c’est une expérience que je referai peut être en changeant les données. Car avec Madou, on oublie le pire et on garde le meilleur.
Après 16 ans de carrière, à quoi doivent s’attendre vos fans pour les années à venir?
Mes fans doivent s'attendre au meilleur. Déjà, il y a la synthèse de leur critique constructive pour le 7ème album -inch allah- puisque le 6ème sera le double best off composé d’un Dvd de 15 de mes meilleurs clips vidéos et un Cd audio de 14 titres tradi-modernes marquant mes 16 ans de carrière qui se prépare ici en Côte d’Ivoire à travers un concert Vip.
Vous n’avez rien prévu au Bénin ?
Bien sûr. Cela se fera comme nous l'avions déjà fait pour les 10 ans de Madou au Bénin. 16 ans ce n’est pas négligeable. Mes amis(es) artistes d'ici et d'ailleurs sont prêts même... Nous commencerons en Côte d'Ivoire pour venir finir le show au Benin.
Quelle est votre appréciation de la musique béninoise ?
La musique des artistes béninois évolue très bien. Mais il faut faire une distinction entre artiste de la chanson Béninoise et artiste Béninois…
On est d’accord. Mais la question est de savoir si le Bénin se distingue à l’extérieur par une musique qui lui est propre.
Oui, le Bénin a sa musique. Mais le problème, c’est que chacun veut faire sa particularité. Du coup, on est éparpillé. Sinon qu’aujourd'hui, on peut reconnaitre un artiste de la chanson béninoise grâce à son originalité. Moi, je fais de l’Afro music, une musique d'inspiration traditionnelle mixée avec le folk et la pop, un condensé musical qui résiste au temps. Je pense que si on oublie de vouloir toujours être le leader et qu’on accompagne chacun avec son feeling sans se plagier, on aura d’autre « Noudjihou » qui est en passe de devenir une référence au Benin. J’en ferai à ma manière sur mon 7ème Album.
Vous venez d’évoquer le « Noudjihou ». Que pensent les ivoiriens de ce rythme ?
Les ivoiriens apprécient bien la musique des artistes béninois. Le « Noudjihou » surtout capte par ses pas de danse donc on peut aussi le promouvoir car il a sa place dans la musique béninoise.
Au Bénin, Madou est surtout connue pour ses chansons qui conscientisent dans divers domaines de la vie. Madou se définit –elle comme une artiste engagée ?
Oui, je suis une artiste qui défend les causes nobles donc engagée positivement.
Vous étiez à Abidjan pendant la crise ivoirienne. Comment avez-vous vécu cette période ?
(Elle se passe la main sur le front. Et répond après quelques secondes de silence) C’était pénible !! Nous avons beaucoup souffert... (Long soupir) Je n’ai plus envie de vivre ce qu'on a vécu en cette période et je ne le souhaite à personne.
Quels conseils pouvez-vous donner aux béninois par rapport à la gestion de la paix ?
Je demanderai à mes frères béninois de se parler, de dialoguer pour avoir un consensus. Cela évitera de se taper dessus. On sait toujours quand on commence, mais personne ne sait quand et comment cela s'arrêtera.
Qu’avez-vous à dire pour conclure cet entretien ?
Je tiens à remercier tous les lecteurs de Bénincultures. Je n’oublie pas mes fans ni mon époux pour son soutien de toujours et surtout toute l’équipe de Bénincultures.
28-02-2012
Propos recueillis par Eustache AGBOTON (Bénincultures)
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Kiinzah annonce « Zaakin »
C’est un secret de polichinelle. La diffusion du clip du single « Fêmi » sur les chaînes de télévisions et la campagne d’affichages dans la ville de Cotonou enclenchée par le staff de l’artiste ont fini par convaincre tous ses fans : Kiinzah lance bientôt son deuxième album. Trois ans donc après « Noudéhouénou » (officiellement lancé en juillet 2009), la « perle d’ébène » s’annonce avec « Zaakin ». Un titre qui n’est pas choisi par hasard, comme elle nous l’explique à travers cette interview exclusive qu’elle nous a accordé quelques semaines avant le lancement officiel de son album. Entretien.

L'artiste béninoise Kiinzah dans sa boutique à Cotonou, ©DR
Ton deuxième album s’intitule « Zaakin ». Pourquoi ?
Fortuitement déjà, ce titre est l’anagramme de Kiinzah, mon prénom qui lui veut dire « Trésor ». Mais au-delà de ce jeu de mot, « Zaakin » ou « Zaakinn » selon les appellations littéralement traduit signifie « balayer les rancunes » ou « balayer l’impur ». Pour moi, c’est un message fort à l’endroit de la jeunesse africaine et qui suggère compréhension, pardon et unité pour une Afrique plus belle.
Cet album est donc une adresse à toute la jeunesse africaine. Est-ce le signe de l’ouverture de la musique de Kiinzah au monde ?
Je pense que cela a toujours été mon objectif et même avec le 1er album, je l’ai entamé. Mais plus les jours passent, plus on devient mature et votre musique s’adapte à votre but. Mis à part cela, c’est parce que l’Afrique n’est pas assez belle malgré ces têtes fortes politiques et culturelles. Moi je rêve d’une Afrique qui n’a pas peur, qui ose et qui assume. Ce n’est pas pour pousser les jeunes à la rébellion mais au courage et à une reconstruction mentale de cette Afrique qui se fait rétrogradée par les comportements de ces filles et fils et tous les maux qui la rendent malade.
« Zaakin » intervient trois ans après « Noudéhouénou ». N’est-ce pas trop tôt ?
Après le lancement de « Noudéhouénou » les 3 et 23 juillet 2009, nous nous sommes attelés à sa promotion. On n’est pas resté silencieux car ce n’est pas le lancement d’un album qui en fait le succès mais la communication autour. Autant il n’est jamais tard pour bien faire, autant il n’est jamais tôt pour mieux faire. J’écoute beaucoup la presse et mes fans, ils pensent qu’il est temps alors… Ce sont eux mon soutien.
Parles-nous de l’album.
L’album comporte normalement 14 titres au nombre desquels « Alishé », « Noukiko », « Akpodofi », « Fêmi », « Néyé moukè ? », « Fa », « Unsé », « Azonlin », « Kin », « Agoo ». Beaucoup de fans voudraient qu’on leur ramène « Lélé » en bonus. Mais on n’en a pas encore décidé. Pour les autres titres, vous les découvrirez à la sortie de l’album.
Le single « Fêmi » lancé il y a quelques mois nous a révélé une Kiinzah plutôt moderne. Doit-on comprendre que tu changes de style musical sur cet album ?
Non, je n’ai pas changé de style musical. J’ai plutôt embrassé une variété de rythmes tels que le Chachacha dans « Fêmi » et le blues dans « Alishé ». Je garde toujours mon originalité, celle qui m’a propulsé au-devant de la scène c'est-à-dire celle qui puise sa source dans l’Afrique. Je pratique toujours ma musique moderne d’inspiration traditionnelle avec beaucoup plus de chants acoustiques à connotation mandingue.
Avec cet album, penses-tu avoir évolué sur le plan artistique ?
Sans prétention aucune, je préfère vous laisser me juger bientôt
On t’a beaucoup vu aux côtés de Queen Etémé.
C’est l’art qui nous a réunis. C’est une dame que je respecte à cause de son potentiel artistique. On a eu à collaborer sur son festival et à participer à plusieurs congrès panafricains.
Cette collaboration a-t-elle influencé sur ton album ?
Influencé ? Peut-être. Par contre un plus, oui. Il y a forcément eu des acquis, des découvertes surtout théoriques que j’essaie de pratiquer dans mes répétitions quotidiennes.
Qu’est-ce qui différencie fondamentalement les deux albums ?
Ma maturité. La confirmation de mon identité culturelle.
« Zaakin » est donc l’album de la confirmation ?
Oui. La confirmation d’une identité culturelle. « Zaakin », c’est vivre autrement. Quand vous vous refusez à ce que vos peurs dirigent votre vie et que les rancœurs vous pourrissent l’existence, vous balayez tout ce qui vous semble impur et votre vie devient « Zaakin ».
On te sent décidée à évoluer malgré tout dans ta carrière. On dirait que tu es convaincue que la musique et toi êtes faites pour la vie.
J’aime la musique surtout quand elle nous murmure, nous caresse, nous parle, nous sensibilise, nous fait rêver et nous donne espoir. J’adore la musique.
A quand prévois-tu le lancement de l’album ?
Bientôt.
Est-ce vrai que le titre « Djohodo » qui figure sur ton premier album a créé une division entre toi et Dibi Dobo ?
On s’entend bien Dibi et moi. Mais comme toujours, l’esprit de certains béninois tente de faire passer sa sale rumeur au risque de détruire les liens entre artistes. Dibi ne m’a jamais rien fait de mal et moi non plus d’ailleurs. On n’est juste pas collé-serré comme un couple parce qu’on n’en est pas un. Mais on est amis.
Il y a quelques mois, tu as ouvert une boutique. Trouves-tu le temps de t’y consacrer ?
En fait, j’ai une assistante qui s’y trouve tous les jours. Je fais l’effort d’y être les samedis et dimanches pour me consacrer à ceux qui sont venus m’absenter en semaine. Mais si je n’ai pas d’obligation musicale, je m’y rends souvent. C’est plaisant quand vous rencontrez des personnes qui vous visitent et souvent prient pour vous. Moi, je me dis que c’est de la bénédiction pour évoluer.
Kiinzah a-t-elle prévue de se marier en 2012 ?
C’est possible. Seul Dieu décide.
Quel message as-tu à l’endroit de tes fans qui s’impatientent ?
Il y a de la force dans la discrétion. Pour ceux qui ne me voient pas beaucoup, c’est parce que je ne sors pas et je m’en excuse. C’est un naturel qui ne se laisse pas chasser facilement. Pour ceux qui s’impatientent, je leur promets que « Zaakin » comblera leur attente par la grâce de Dieu. Je les aime.
22-02-2012
Propos recueillis par Eustache AGBOTON (Bénincultures)
Le jour se lève bientôt pour Nila Jogbé
« Ayihon » ou le « jour s’est levé ». C’est le titre du deuxième album que s’apprête à mettre sur le marché discographique Nila Jogbé dans quelques semaines. Un coffret de 14 titres savamment préparés pour répondre aux besoins des mélomanes. Toujours accompagnée par son groupe « Atégu », la chanteuse promet un retour mémorable sur la scène. Après un premier album, « La lumière sous l’ombre » sorti en août 2006, Nila compte montrer à travers ce second album qu’elle a évolué et qu’elle beaucoup appris pendant les six ans qui séparent les deux albums. C’est d’ailleurs une Nila mûre, relookée et sûre d’elle qui devrait bientôt se révéler au public.
Un succès attendu
Le succès de ce nouvel album de Nila n’est plus à douter. Avec son premier album, elle avait déjà gagné l’admiration des mélomanes béninois. L’album « La lumière Sous L’ombre » composé de 12 titres et lancé en 2006 avait permis à l’artiste de faire la preuve des expériences acquises aux côtés des sommités de la musique béninoise et internationale : Gnonas Pedro, Nel Oliver ou Stan Tohon au Bénin, Chantal Aissi au cameroun, Didier Bili en Côte d’Ivoire ou encore Djan Ta kan au Togo. Des expériences qui feront de l’album un chef-d’œuvre reconnu et qui permettront à l’artiste de décrocher deux prix au Bénin golden Awards (cérémonie récompensant les acteurs culturels béninois) dans les catégories du meilleur clip et de la meilleure chanson tradi-moderne. C’est donc avec légitimité que cette jeune artiste s’attend à un succès immédiat de son deuxième album.
22-02-2012
Par Eustache AGBOTON (Bénincultures)
Fallyssa : Une artiste accrochée à la culture
Après une trêve, Fallyssa revient sur scène avec un single dénommé «Fill me». Nouveau morceau, nouveau genre. A travers ce single, Fallyssa offre à ses fans un style gospel chanté en Anglais.

L’étoile montante de la musique béninoise, comme on l’appelle, Fallyssa, après un moment d’absence sur scène et hors des objectifs des caméras, revient plus revigorée au devant de la scène. Ces années passées hors des podiums lui ont permis de travailler afin d’offrir quelque chose de nouveau à ses fans. N’ayant pas envie de se répéter d’un album à un autre, l’artiste a donc préféré de travailler autrement. «J’avais envie de travailler et de me concentrer sur mon deuxième album. Il fallait donc que j’améliore mes performances vocales. Sur mon premier album «Dunyan» sorti en 2006, je m’étais concentrée sur le style musical. Il fallait alors que je revienne avec quelque chose de nouveau. Pour se faire, il fallait que je renforce mes capacités vocales afin de faire évoluer mon style pour ne pas me répéter», a clarifié l’artiste. Tout ce travail étant fait avec succès, Fallyssa pouvait maintenant revenir sur scène avec son deuxième album. Mais, elle a préféré se faire annoncer d’abord par un single. «Fill me» qui veut dire «Remplis moi». Ainsi est intitulé ce single qui est une prière que l’artiste adressée à Dieu afin qu’il puisse lui allumer les astres devant guider ses pas vers une autre dimension. «»Fill me» est un single pour annoncer mon deuxième album. C’est donc une prière au Saint Esprit. Car, quand Dieu veut opérer, il le fait à travers son Esprit. C’est aussi une chanson dans laquelle je remercie Dieu en lui faisant savoir que sans lui, je n’aurais pas pu faire tout ce que j’ai déjà à mon actif. Je lui demande également de me remplir parce que j’ai besoin de lui pour avancer dans ma carrière», a ajouté Fallyssa. Ce single a été enregistré dans le studio Codjo Arthur au Ghana où réside désormais Fallyssa. Ce morceau annonciateur de son retour dans les discothèques porte déjà ses fruits. Car, des mélomanes ont eu le temps de l’apprécier grâce aux quatre chaînes de télévisions béninoises qui passent le clip en boucle et presque toutes les radios qui le jouent. Mais ce style gospel ne figurera pas sur le deuxième album, a annoncé l’étoile montante de la musique béninoise. Elle retrouvera donc ses rythmes tradi-tionnels qu’elle exécute bien avec son bâton. D’où le titre «Yaro» qui veut dire «Sur la piste de danse» en Bariba. Cet album, teinté aux couleurs de la tradition, sera plus dansant que le premier, a précisé l’artiste.
Une artiste aux inspirations intarissables
Comme l’arbre qui s’enracine solidement dans les entrailles du sol, Fallyssa puise les inspirations de sa musique dans les entrailles de la tradition. La trentaine environ, mère de quatre enfants, Fallyssa accorde une importance à la culture. Des mélodies fortes, une voix suave et exceptionnelle, un jeu de scène animé, elle meurt d’envie de franchir les frontières nationales. Sa musique sort des sentiers battus. Elle présente un nouveau registre de musique dans lequel la fraîcheur de sa voix, accompagnée des sonorités locales, fait parcourir la richesse culturelle béninoise. La chanteuse béninoise, avec son allure effilée, qui rime avec son teint clair, exhibe aisément le métissage culturel dont elle est issue (Dendi et Peulh). Elle est la voie du talent de demain. Associant simplicité et complexité…, le secret de Fallyssa réside en ces aptitudes. Toujours inspirée par les grandes traditions mandingues, peulh et fon, «cette perle » ne cesse de travailler. Quand bien même la perfection n’est pas de ce monde, elle cherche toujours à avoir une performance dans tout ce qu’elle entreprend.
Victorin Fassinou (La presse du jour)
Concert live de Dibi Dobo : l’Institut Français du Bénin a fait le plein !
Le concert tant attendu du rappeur Dibi Dobo à l’Institut français de Cotonou (Ifc) a eu lieu le samedi 8 octobre dernier. Pendant près de deux heures, Didi Dobo, a su adouber et électriser le public. Mais ce spectacle aurait pu tenir toutes ses promesses si les musiciens de l’orchestre sollicité pour le live n’avaient pas fait piètre figure.
Le vent frais qui soufflait sur l’Ifc n’a pas empêché les fans de Dibi Dobo de ressentir chaleur et frissons pendant plus de 120 minutes. C’est un artiste disponible, drôle et parfois charmeur qui a presté au Théâtre de verdure. Blouson noir, casquette vissée sur la tête, à s’y méprendre, l’on peut facilement le confondre à un musicien noir américain. Mais sa voix légèrement éraillée, son « flow » saccadé, rapide, clair et épuré, et le son juste de sa musique, créent un cocktail envoûtant, aux accents africains. Au bout d’une trentaine de minutes, il a d’ailleurs réussi à faire lever et danser les spectateurs, un exploit pour qui connaît le côté exigeant du public de l’Ifc. De « Soyimavo », au « Temps passe », en passant par « Que ferais-tu », « Tchitchavi » et « Wini-wini », le jeune rappeur a fait vibrer son public. Son rap, loin d’être une pâle copie de l’ambiance des ghettos de Harlem, a une identité. Au cours de cette soirée, il a d’ailleurs fait connaître la toute nouvelle appellation de sa musique : du « dibitisme », un mot qu’il a dû inventer pour ce genre musical dans lequel il est doué. Dibi Dobo est devenu l’un des artistes majeurs de sa génération, car il allie à perfection, son flow rapide et chaleureux, aux multiples sonorités de la musique béninoise. Et ce rap bien qu’étant africain, demeure universel. L’artiste est en fait, un talent brut, un écorché vif de la nature qui a besoin de la scène pour s’épancher. L’espace de sa prestation, sa communion avec le public, devient une sorte de catharsis qui permet de se libérer du poids de l’existence.
Une note regrettable…
Seule note regrettable de ce concert, le nombre pléthorique de musiciens sur scène qui avaient du mal à offrir des sons en harmonie aves les paroles de Dibi Dobo. Exaspéré, l’artiste n’a pas caché sa désolation en les rappelant chaque fois à l’ordre. Ce qui laissait transparaître un goût d’inachevé. Le spectacle aurait gagné beaucoup plus, avec une scène plus dégarnie et sobre et des musiciens aguerris. L’artiste pourra ainsi donner la pleine mesure de son talent. Cependant, cela n’enlève rien au pur bonheur dont a gratifié son public Dibi Dobo, qui reste par ailleurs comme un bourgeon qui vient d’éclore. Il a besoin de soutien pour grandir définitivement. Pour les fans, le prochain opus du rappeur est attendu décembre prochain. Déjà on peut avoir un aperçu de son nouveau tube sur You tube, avec Kiinzah en featuring.
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Ecoutez Kiinzah !!!
Moi, je l’ai aimée. De la première poussée vocale à la dernière note arrangée. De la beauté de sa voix venue du Sahel ou de l’Ouémé, (enfin, je ne sais plus) aux choix artistiques qui sont les siens sur cette œuvre. Kiinzah fait de la musique. La bonne ! Celle qui vous parle et qui éponge vos douleurs profondes. Celle qui, lorsqu’elle est bien faite et surtout bien chantée, comme c’est le cas avec Morgyane Diane FADONOUGBO ou Kiinzah si vous voulez, vous transporte en vous. Celle qui au gré des modulations et des notes, vous emprunte une larme, à votre insu. A écoutez çà, vous devenez incontinent. Emotionnellement, je veux dire. |
Ecoutez Kiinzah, car son talent n’est pas venu ex nihilo. Les « Kasseurs » vous diront pourquoi. Il y a trois ans seulement, elle flirtait déjà avec les shows et les micros de l’orchestre de l’Ensemble Artistique et Culturel des Etudiants de l’Université d’Abomey-Calavi, antre où elle a véritablement éclos. Le public, étudiant ou mixte, du Bénin, du Burkina Faso, du Togo ou encore du Niger, légitime caution, restait ivre du plaisir qu’elle avait du cœur à donner. J’étais déjà ivre du plaisir de sa voix souvent élue parmi d’autres. Je l’aimais déjà.
Ecoutez Kiinzah parce que « Noudéhouénou », son tout premier album est une pure « Perle d’ébène ». « Femme africaine, soit fière de ta peau noire », ainsi pourrait se résumer la substance de cette chanson, numéro un de la liste qui, en éclaireur, a très tôt convaincu le public béninois, tant elle est « complète ». Viennent ensuite entre autres « Toi et moi », « Tatim » et surtout « Djohodo », un superbe duo avec le non moins talentueux rappeur béninois Dibi Dobo. « Lélé » à la piste 10 et en bon meneur, reste La Chanson, précédée de « Mondouodé è » qui recrée le tradi-moderne en faisant dialoguer le gangan et la grosse caisse. Elle annonce du volume, Kiinzah !
Dans « Noudéhouénou », elle chante la condition humaine à travers des exhortations à la foi en soi, en Dieu, la beauté de la passion amoureuse qu’elle dit ne pas encore vivre, l’imprescriptibilité du cours du destin, ces douleurs qui doivent, au-delà de tout, vous maintenir la tête haute et en guise d’épilogue sur l’album, « Priez Jésus », une divine prière au Père. A retenir en 11 titres, la pertinence et la profondeur des textes, la construction musicale, les choix mélodiques et sa voix, un délice pour les sens. Comme si l’auteure avait été conçue pour. Comme si elle n’existait que pour. Comme si « Kiinzah » voulait dire « douceur et harmonie ».
Ecoutez Kiinzah parce que bientôt, comme elle l’annonce, vous la redécouvrirez sur scène, en concert, toujours avec le même talent et une force nue de séduction. Et il le fallait. Le refuge des studios, la complicité avec le micro ne sont pas suffisants. Restent la présence scénique, la communion sans intermédiaire avec le public, le charme des jeux de scène et les réalités du live qui ont moulé et consacré les plus grands. Reste à ce qu’elle s’arrache à son précieux cocon pour se présenter au balcon de la vie qu’elle s’est librement choisie et ce, toujours avec la même passion. « Noudéhouénou », c’est « l’heure de Dieu ». Et pour Kiinzah, je pense qu’elle a sonné.
Ecoutez Kiinzah parce ce que son album « Noudéhouénou » n’est sorti que le 3 Juillet 2009 et déjà, il a raflé deux grands prix aux plans national et international : trophée de la meilleure musique moderne d’inspiration traditionnelle aux Bénin Golden Awards 2009 et Grand prix du public aux SICA 2009. Deux trophées dans le seul mois de Novembre ! L’œuvre vaut le détour auditif car elle a de l’allure, de la texture et l’auteure, de la carrure. Ecoutez Kiinzah aussi parce que la fièvre créatrice « Fifi Fender » est passée par là.
L’artiste est peut-être « fière d’être noire, d’être africaine » mais moi, je le suis en tant que jeune béninois de la génération de ceux que, comme elle, les autres disent paresseux mais qui en réalité ont leur destin en main, avec la manière.
Ecoutez Kiinzah ! Simplement parce qu’elle mérite qu’on l’écoute.
Par Koffi ATTEDE (Benincultures)
La Grande chancellerie de l’Ordre national du Bénin s’est acquittée d’un devoir de portée nationale. Celui de rendre un hommage mérité de leur vivant, à deux citoyens talentueux, figures emblématiques de la musique béninoise. Il s’agit de Gbénou Gustave alias Gg Vickey et Théophile do Régo alias El Rego. La cérémonie de décoration a eu lieu au domicile du premier à Calavi en présence du ministre de la Culture, Valentin Djènontin, d’un nombre impressionnant d’artistes, des parents et amis des récipiendaires.
«Au nom du président de la République, Grand maître de l’Ordre et au nom des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Commandeurs de l’Ordre national du Bénin ». |
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C’est par ces termes consacrés que les artistes chanteurs Gg Vickey et El Régo ont été faits Commandeurs de l’ordre national par la Grande chancelière Osséni Koubourath. Apparu en fauteuil roulant, signe des incommodités de la vieillesse, le natif de Bopa n’a pu retenir sa joie face à cet honneur qui lui a été fait. D’une voix très affaiblie à peine audible, il a gratifié l’assistance de sa chanson fétiche « Vive les mariés ».
Du retour d’un check-up en France, Gg Vickey a été célébré à la hauteur du succès qu’a connu sa carrière artistique. Comme l’a rappelé la grande chancelière, c’est un valeureux citoyen dont la voix a porté aux confins du monde, l’écho du Bénin. Rappelant le parcours élogieux de l’artiste, Koubourath Osséni a indiqué qu’il fait partie des premiers cadres du Dahomey. Il obtient son Cep en 1955 et le baccalauréat en 1962. Gg Vickey a poursuivi ses études et obtient en 1969, un diplôme de hautes études commerciales à Paris. Au plan professionnel, il a été agent et cadre du Trésor au ministère des finances puis au ministère du Trésor et du tourisme d’alors. Le récipiendaire a été successivement directeur de l’Onato, de l’hôtel Croix du Sud, de la Loterie nationale. Mais le public béninois et africain le connaît plus sous un autre manteau, celui d’artiste, chanteur, auteur compositeur et guitariste. Plusieurs œuvres musicales béninoises portent sa signature comme « Il est gai de voguer », « Adowè », « Gali koudo Zoomin » ou encore la berceuse connue de toutes les mamans « Toutou Gbôvi ». De la musique noble pour les amoureux, légère, agréable aux oreilles, c’est ce qu’ a offert le Gentleman aux mélomanes tout au long de sa carrière.
El Régo, un autre talent célébré !
L’autre heureux récipiendaire du jour, est Théophile do Régo alias El Régo. Avec sa célèbre chanson « Un ko go xo tcho gui wa whonto » et son riche répertoire musical, il a certainement marqué l’histoire de la musique béninoise. Né un 03 mai 1938 à Porto-Novo, cet artiste musicien chanteur, est marié et père de 8 enfants. Il débute sa carrière artistique en 1953. Dans les années 50, El Régo animait déjà les journées culturelles avec son groupe « Harmonica » à Dakar. Puis il met le cap sur le Niger où il joue dans un orchestre. Au Burkina, il était membre d’un groupe qui jouait souvent au palais de Ouagadougou pendant les rencontres au sommet des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. Il a côtoyé de grandes figures de la musique mondiale et africaine. De retour au pays, il accompagné la grande figure de la musique africaine, Bella Below. Il a à son actif, plusieurs disques 45 tours et 33 tours. El Régo a donné une centaine de spectacles au Bénin et environ 80 à l’étranger. De 1990 à 2003, il a été maire de la commune de Godomey. De 2000 à ce jour, le chanteur est également président de la Ligue Atlantique-Littoral de boxe. « Vous étiez Chevalier de l’Ordre du mérite du Bénin. Le gouvernement du Bénin a décidé de vous promouvoir au grade de commandeur. Recevez au nom du président de la République, Grand maître de l’Ordre, nos vives et chaleureuses félicitations », a déclaré la Grande chancelière. Koubourath Osséni n’a pas manqué de faire savoir que les heureux récipiendaires sont de ceux qui ont sacrifié leur vie, leur temps et surtout leur expérience, pour le rayonnement de la culture béninoise. Il faut préciser que le ministre Valentin Djènontin a offert à chacun des récipiendaires, une enveloppe financière de 250.000Fcfa.