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MODE
Adj’Ka, une styliste aux mains magiques
« Quand on ne discute pas avec le client, on l’habille, mais ça ne donne pas vraiment quelque chose. Il y a des personnes qu’on habille facilement et d’autres avec qui il faut beaucoup discuter. Moi, je parle avec le client et quand c’est la première fois je lui demande ce qu’il aime. Je prends le temps de discuter avec lui pour savoir ses goûts ».
En somme, donner corps aux rêves de corps de rêve. Faire porter au ciseau, au dé, à l’aiguille, au Singer et à son génie créateur, la réponse aux besoins du client. Faire primer le client tout en l’associant à la folie créatrice, qui fera de lui, quelques surfilages, quelques fronces et une demi-douzaine de boutonnières plus tard, le véhicule d’une œuvre art, une pièce inédite de la couture. |
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Piquée dès sa plus tendre enfance par le virus de la couture et plus tard par la force créatrice de la mode, Pamela HOUENOUDE fait partie de la nouvelle génération de stylistes-modélistes que compte le Bénin. Après un Baccalauréat série A et deux années d’études de communication à GASA Formation puis à l’Université Polytechnique Internationale du Bénin, elle entre à la très sérieuse Ecole des Arts de la Mode de la styliste Nini NICOUE à Lomé, d’où elle sort, après 18 mois de formation, avec un diplôme de styliste-modéliste. Celle qui a dû se frayer son chemin à travers les réticentes de son entourage afin de se construire une carrière dans la haute couture, impriment aujourd’hui aux matières les plus subtiles, sa griffe et sa vision de la beauté africaine. Perles, basins, lins, lessi, peaux d’animaux et surtout la large gamme des beaux tissus africains sont autant de matières qu’elle manie à sa guise, selon son feeling pour créer ses modèles et satisfaire une clientèle diversifiée et aux goûts variés.
« J’aime bien ce que font Gilles TOURE, Eloi SESSOU ou encore ALPHADI. Je trouve qu’ils mettent bien en valeur la femme africaine. En fait, j’ai beaucoup de références africaines. Je me retrouve plus dans tout ce qui est africain » nous confie-t-elle.
Installée à Cotonou où elle exerce depuis plus d’un an, celle qui à 7 ans déjà, pour se faire de l’argent de poche, vêtaient avec habileté les poupées du quartier, se singularise aujourd’hui par sa justesse, sa rigueur et l’attention particulière qu’elle accorde au travail de finition. S’imposer. Défiler. Et bien plus tard transmettre le savoir. Le rêve de Paméla HOUENOUDE est à lire entre ces trois suspensions. Suspension unique d’attention cette fois-ci, sur une femme de talents aux mains magiques, à l’imagination agile que croisent une grande finesse et une façon nouvelle de s’habiller : la façon Adj’Kan.
Par Rosine KEDEDJI (Bénincultures)
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