Rejoingnez-nous sur FACEBOOK Rejoignez-nous sur TWITTER
Recherche
 
Arts visuels
Danses
Musique
Theatre
Patrimoine
Mode
Litterature
Cinema
Medias

Bénincultures
Accueil
Qui sommes nous?
Bibliothèque
Bénincultures, le mag
Envoyez des informations
S'inscrire
Acteurs culturels
Organisations culturelles
Consulter le répertoire
Les acteurs culturels
Les organisations
 

NOS PARTENAIRES

Gouvernement du Bénin
RIAH: Réseau Inter Africain des Habitants
OIF: Organisation Internationale de la Francophonie
logo_aoa


MEDIAS

Luc Aimé Dansou :
" On parle de la révolution … et on imagine réussir cela en dehors de nos Cultures? "

Coordonnateur des unités d’informations au sein de La Chaîne 2 (LC2), premier responsable de l’association Kauris d’Afrik et manager de l’une des plus belles voix de la musique béninoise, Zeynab, Luc Aimé Tênivi DANSOU allias « Lad » est un homme polyvalent averti. Il est actif dans plusieurs domaines : les medias, le management d’artistes, la production et la gestion d’événements artistiques. Professionnel des médias passionné des arts et cultures, il est l’un des rares journalistes ayant fait l’expérience de quatre types de presse: la presse écrite, la presse en ligne, la radio et la télévision. C’est un homme d’expériences, fin blagueur et assez courtois qui a accepté de répondre à nos questions.

luc_aime_dansou
Luc Aimé Dansou ©Charles Placide

Bénincultures : A l’issue d’une enquête menée il y a quelques années, Pascal Zantou conclut que le journalisme culturel au Bénin est un parcours de combattant. Etes-vous de cet avis ?

Luc Aimé Dansou : Oui, je suis de cet avis. En ce sens que comme toute profession, tout métier, il faut du chemin. Être formé ou se former, pratiquer et acquérir de l'expérience. Un parcours de combattant...oui on peut le dire. On ne peut pas s'auto proclamer journaliste, encore moins journaliste "culturel". C'est comme un médecin généraliste et un médecin spécialiste! Dans notre pays, le journaliste qui s'occupe des arts et des cultures est banalisé. Comme d'ailleurs le sont les cultures et les arts par certaines personnes. Depuis un moment, on parle de la révolution verte et on imagine réussir cela en dehors de nos Cultures?

Vous venez d’évoquer la question de la formation des journalistes culturels. Vous estimiez déjà en 2006 que « la formation est la priorité dans le domaine du journalisme culturel ». Quel est l’état des lieux aujourd’hui ?

Le problème de la formation ne peut se résoudre définitivement. C’est une question permanente. Un journaliste culturel doit avoir les clés du secteur d’activité auquel il s’intéresse, en ce sens que lorsqu’il est avec les metteurs en scène, les comédiens, les auteurs, les plasticiens et qu’ils parlent de scénographie, de costumes, de lumière, de jeu d’acteurs ou de direction d’acteurs, il ne doit pas être bleu.  Ensuite, il faut savoir qu’on s’adresse au lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur moyen.  Au-delà de la formation, il faut s’exercer. Il y a de moins en moins de journaliste sur l’événement artistique.

N’est-ce pas parce que les journalistes culturels ne savent pas forcément quel doit être leur apport au développement de la culture (art et spectacles) ?

Les journalistes culturels savent qu’ils ont un rôle de promoteur et de critique. Il faut juste qu’ils jouent leur rôle sans complaisance. Il faut aussi qu’ils aillent voir ailleurs pour s’améliorer et mieux apprécier les produits de son pays.

Revenons à vous. Vous considérez-vous aujourd’hui comme un bon journaliste culturel ?

Je crois que je suis un bon journaliste … Simplement. Je maîtrise les techniques et j’ai une expérience appréciable. Je regrette tout de même l’absence de loi sur l’accès aux sources d’information et quelques insuffisances dans les lois existant ainsi que certaines réalités béninoises et africaines qui rendent difficile l’exercice de la profession. Par ailleurs, les entreprises de presse ont du mal à se développer, à grandir. Elles sont fragiles. Je me reconnais comme un journaliste passionné  d’art et de spectacle. Un journaliste qui a roulé et qui roule sa bosse dans le milieu des arts et du spectacle. Comme tel, je suis un journaliste culturel. Un bon ? Je crois bien.

Vous êtes l’un des journalistes ayant  de l’expérience dans la presse écrite, la presse en ligne, la radio et la télévision. Ce parcours était-il nécessaire pour faire de vous l’homme que vous êtes aujourd’hui ?

Ce parcours n’était pas spécialement voulu. Certes je voulais devenir journaliste. Après mon BAC, j’ai passé  avec succès le concours d’entrée à l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) pour intégrer le Cefoci, Centre de formation aux carrières de l’information. Seule école au Bénin à l’époque qui proposait des filières proche du journalisme. J’ai étudié les Sciences et Techniques de l’Information documentaire. J’ai fait la presse écrite universitaire. Puis ‘’le Matin’’, ensuite ‘’Le Matinal’’ dont je suis membre fondateur avec Charles TOKO, Malick GOMINA, Agapit Maforikan et autres. J’ai été le correspondant de l’organe en ligne « Opays.com ». J’ai touché à la radio, à Banjul en Gambie. Au Bénin, grâce à « Le Matinal », j’animais avec Berthe Angèle (l’actuelle directrice de Canal 3 Bénin, ndlr) et le doyen Marcellin Attindegla, une émission dénommée ‘’Le grand jury’’ sur Radio Star. Aujourd’hui, je  suis  à Lc2. Et je suis le manager de Zeynab. Les choses se sont enchaînées. Est-ce que ce parcours était nécessaire ? Je ne sais pas. Mais c’est lui qui a fait de moi ce que je suis. Dans mes activités de manager d’artiste quand je parle des médias je sais de quoi je parle. Et je dois beaucoup à  la presse écrite.

Comment êtes-vous arrivé à La Chaîne 2 ?

J’ai assisté au démarrage des activités de LC2. J’étais à Le Matinal. Notre journal en gestation à l’époque avait de bonnes relations avec le patron de cette chaîne. On avait même rêvé de faire des émissions ensemble.  Ces relations entre Charles et le patron de la jeune télévision, nous ont d’ailleurs permis de faire un magnifique spot télé pour annoncer la sortie de « Le Matinal ». Plus tard, la chaîne me demandait des contacts de personnalités  politiques, d’avocats ou d’artistes pour des émissions. Je collaborais d’une manière ou d’une autre avec LC2 jusqu’au jour où on m’a sollicité pour faire partie du personnel de la télévision. La direction m’a dit qu’elle voudrait que j’aide à l’amélioration de la qualité du journal télévisé. Je devrais aussi proposer des émissions et suivre leur tournage. C’est comme ça que je me suis retrouvé à m’intéresser à la télévision. Je suis donc allé à LC2 en tant que Coordonnateur des unités d’informations. Puis à un moment donné, on m’a sollicité pour diriger la rédaction. Je devenais ainsi le Rédacteur en chef de la chaine plus près de vous.

Ce que vous faites depuis des années. Comment expliquez-vous cela ?

Je n’ai pas de mérite particulier. Rédacteur en Chef ou Coordonnateur des unités d’informations, c’est grâce aux collaborateurs que les chefs sont ce qu’ils sont…en principe. C’est grâce à eux qu’on s’en sort. Mais, depuis  septembre 2009, je ne suis plus Rédacteur en Chef, je porte le titre de Coordonnateur des unités d’informations. Euh…voilà.

Que retenez-vous de votre parcours professionnel ?

J’oublie les mauvais souvenirs. Je garde mon expérience au « groupe Sud » du Sénégal, la création du journal ‘’Le Matinal’’ C’était une grosse aventure. On avait l’obligation de réussir. Nous n’avions que le courage et la volonté. Ensuite les moments de délestage où nous soulevions les ordinateurs de Guinkomey pour Akpakpa  à la recherche d’énergie électrique. C’est des moments palpitants qui m’ont confirmé que les chemins faciles ne conduisent souvent pas à quelque chose de bien. Je n’oublierai pas les grands moments passés au FESTHEF, au MASA, au SIAO, au FITMO, Fitheb, à L’Université d’été de Fragments du monde à Paris. Les Koras en Afrique du Sud,  quand Zeynab a gagné le trophée à Durban. Les émissions Droit de Savoir et Cartes sur table à LC2…

Vous êtes membre de plusieurs associations. Parlez-nous de Kauris d’Afrik dont vous êtes le premier responsable.

Kauris d’Afrik a été mise en place en 2002 pour, entre autres créer des spectacles. Notamment de théâtre. Ouvrir des débats sur le tourisme, les arts et la culture. Nous avons créé des spectacles de théâtre tels que ‘’La leçon de géographie’’, ‘’Le dernier pas’’ qui a été joué avec Joël Lokossou et Sophie, et dans une nouvelle mise en scène de Isidore Dokpa par Sophie Mètinhoué et Guy Ernest Kaho. C’est un spectacle qui est allé en Allemagne en Novembre 2009. Il a déjà gagné quelques prix. On a également produit ‘’La rose aux deux parfums’’, mise en scène par Alougbine Dine.

Vous managez l’une des plus belles voix de la musique béninoise, Zeynab Habib. Pourquoi le choix exclusif de Zeynab ? 

Je n’ai pas fait un choix exclusif. J’ai managé un moment Don Métok avec qui je garde de bonnes relations qui me permettent quelques fois de parler en son nom. Pareil pour MCMCA. Il n’y a pas si longtemps, j’ai été approché par Habib, puis par Jolidon Lafia. C’est une question de feeling et d’entente et moi je rêve de très bien gérer un artiste plutôt que de gérer à peu près bien cinq. Et avec Zeynab, on se supporte. Nous sommes engagés pour la carrière et l’avenir. Quand je vais mettre en place la méga structure dont je rêve, je pourrai gérer la carrière de  plusieurs artistes  à la fois.

A votre avis, quelle est la valeur de la culture béninoise au-delà de nos frontières ?

Pour moi, il y a des Cultures béninoises et il y a les arts. Parler de valeur me paraît inapproprié. Il n'y a pas de comparaison possible entre les valeurs des cultures. Cela dit, les béninois ont toujours leur place dans les arts. Ils sont sollicités à l'extérieur. A l'heure où je vous réponds, 11 comédiens béninois partis de Cotonou il y a quelques jours, évoluent sur une scène française dans une pièce de théâtre qui sera présentée au moins en 15 dates dans la France. Les Cultures du Benin ont besoin d'être promues au Benin d'abord. Ce serait déjà ça. A l'extérieur les danses, les musiques, les plasticiens, le théâtre, la pharmacopée, la cuisine, et autres éléments des cultures du Benin sont très respectés et demandes en Afrique et dans le monde.

Propos recueillis par Eustache AGBOTON (Bénincultures)


Journalisme culturel, le parcours du combattant

Précarité économique des entreprises de presse, léthargie de la création artistique et amateurisme des journalistes eux-mêmes. La pratique du journalisme culturel bute sur nombre de difficultés au Bénin.

journalistes_culturels_en_formation
Journalistes culturels en formation à Lokossa en août 2007 © Ayoko Mensah

Journaliste culturel au Bénin, est-ce de l'héroïsme quotidien ? Romuald Binazon, journaliste au quotidien La Nation, va droit au but : "Les éditeurs et les producteurs de cassettes ne nous offrent pas les livres ni les albums nouvellement parus ; le journal ne nous les achète pas ; nous devons les acheter nous-mêmes. La pratique du journalisme culturel est un véritable parcours du combattant au Bénin." Serge Ologoudou, animateur de "Bénin cadence" sur Atlantique FM, l'appuie : "Mon émission ne bénéficie d'aucun soutien financier de la part de la radio. Je couvre les frais de production moi-même : téléphone, transport, etc." Fortuné Sossa de La Nouvelle Tribune renchérit : "Je devais, avec mes collègues, réaliser un numéro spécial dans le cadre du cinquième anniversaire du journal, en 2006. J'avais à mener une enquête sur les difficultés à faire carrière dans la musique au Bénin et une autre sur l'évolution de l'architecture à Cotonou, la capitale économique. Comme frais de reportage, nous avions demandé 10.000 F Cfa (15 euros) par sujet. Cela a été jugé excessif. Il nous a été accordé 2.000 Fcfa (3 euros). Mais, comme ces sujets me tenaient à cœur, j'ai dû travailler à partir de mes propres moyens : téléphone, transport, documentation, etc. Depuis lors, je fais mes enquêtes et mes reportages sans rien demander au journal parce que je me dis qu'à force d'attendre son appui financier, je ne vais jamais faire des travaux de fond, des articles de qualité."

Au Bénin, l'insuffisance des moyens disponibles ne permet pas en effet aux rédactions de prendre en charge les frais de reportage ou de production d'émission. La morosité économique (la croissance économique est en baisse depuis 1996) ne facilite pas de manière générale la pratique du journalisme dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest qui a ouvert, en 1990, le bal des nouvelles démocraties libérales sur le continent africain. L'entreprise de presse est, ici, une aventure périlleuse. Le marché publicitaire est étroit et âprement disputé par des dizaines de titres. "Vers la fin des années 1990, quand je lançais Emotion, les sociétés qui faisaient de publicité dans les journaux étaient rares. Les chefs d'entreprise considéraient les insertions publicitaires comme des aumônes faites aux journalistes. Ils nous malmenaient en nous faisant attendre des heures durant dans les salles d'attente avant de nous jeter à la figure : une annonce dans votre journal ne nous rapportera rien ; mais nous allons le faire pour vous aider. J'en ai été dégoûté." Eric Huannou édite Emotion, le seul magazine culturel qui tient haut le pavé depuis une dizaine d'années, à partir de ses économies personnelles. Ousmane Aledji (dramaturge et metteur en scène) et Boniface Sagbohan (directeur d'une agence de communication), qui éditent respectivement Artistik Bénin Mag et Assan, n'ont pas d'autres moyens que ceux venant de leurs poches.

Entreprises non rentables

La situation n'a guère évolué aujourd'hui. Boniface Sagbohan - qui a publié le premier numéro de Assan en juin 2007-, en fait l'expérience : "Les entreprises n'acceptent pas de d'acheter des publicités. J'ai tenté en vain de nouer un partenariat avec mon imprimeur. Je lui ai proposé un échange marchandises : je lui fais de la pub, et il me réduit les frais d'impression. Il m'a gentiment promis de le faire dès que j'aurais publié au moins trois numéros. Un autre annonceur m'a demandé de retourner le voir après le sixième numéro. Belle manière de me pronostiquer que je ne pourrais pas tenir pendant ce temps."

La réticence des entrepreneurs à confier leur publicité aux journaux est donc grande... Une étude sur l'état des médias au Bénin, réalisée en 2001 par l'Observatoire de la Déontologie et de l'Ethique dans les Médias (ODEM), diagnostique le mal : "Dans le contexte de l'économie béninoise, caractérisée par le goût de la dissimulation, la peur (…) de l'administration fiscale, l'enrichissement illicite, on imagine aisément la réticence des chefs d'entreprise à faire de la publicité." Or, rapporte la même étude, les recettes publicitaires représentent 70 à 80% de l'ensemble des recettes des journaux. Les ventes sont rendues difficiles par ce que l'étude appelle "l'absence de culture de lecture et d'achat de journaux". Ceux-ci ont donc de minces tirages : de 300 à 3 000 exemplaires en moyenne, pour une population de près de 7 millions d'habitants. Beaucoup d'entre eux, de fait, disparaissent après les deux premiers numéros ou ne paraissent que très sporadiquement. Ce qui alimente la méfiance des banquiers et hommes d'affaires. Quant aux prestataires… Mamoudou Maliki, un imprimeur, explique : "Certains promoteurs de presse versent dans la roublardise : quand ils ont accumulé des dettes chez un imprimeur, ils le feintent en allant voir un autre, jusqu'au jour où l'on découvre leur ruse. Cette race de promoteurs de presse a provoqué une crise de confiance dont les gens honnêtes font malheureusement les frais, puisqu'on ne sait plus qui est qui."

Les promoteurs des magazines culturels ont cru pouvoir amortir le choc grâce aux subventions publiques. Illusion : il n'y a rien à signaler du côté de l'État ! Porte fermée également du côté des bailleurs de fonds. Une seule fois, Artisttik Bénin a reçu 1 500 euros de l'ambassade de France au Bénin. Puis c'est la grande désillusion face à la mise en place du PSICD (Programme de Soutien aux Initiatives culturelles décentralisées), mis en route, en mars 2006, par le gouvernement avec l'appui de l'Union Européenne : ce programme ne soutient que les projets présentés par des associations à but non lucratif. "Quel dommage", se désole M. Sagbohan.

Dans la presse généraliste, la situation n'est pas plus brillante. Les journalistes culturels sont mal lotis, à l'heure où la culture semble reléguée au second rang dans les rédactions. "Qu'il s'agisse de la télévision, de la radio ou de la presse écrite, c'est toujours à la fin du "Journal" qu'on parle de la culture, comme s'il fallait d'abord avoir dit ou couvert l'essentiel" (1). Ousmane Alédji, qui avait collaboré avec certaines rédactions d'information générale avant de créer son magazine en 2005, confirme: "La pratique du journalisme culturel relève du militantisme. Il faut lutter dans sa rédaction pour obtenir et conserver une page culture, sinon c'est la première page à être supprimée quand le secrétaire de rédaction a besoin d'espace pour positionner une "dernière heure" ou insérer une annonce publicitaire." Romuald Binazon raconte : "Autrefois, il n'y avait qu'une page culture par semaine dans la Nation. Un jour, j'ai tapé du poing sur la table pour demander qu'on porte le nombre de pages à deux au moins ; sinon autant ne pas parler de culture dans le journal. J'ai été entendu, et on est passé à deux pages par semaine."

La culture ne souffre pas d'amateurisme

Reste que le grand handicap, pour la critique culturelle, réside dans l'amateurisme des journalistes culturels eux-mêmes. En l'absence d'écoles de journalisme dignes de ce nom, les journalistes entrent dans la profession sans formation appropriée. Ils sont sociologues, économistes, juristes, historiens et géographes etc., et au départ ignorent les notions élémentaires du métier. Le hic, c'est qu'ils ne s'auto-forment pas davantage, et que les formations proposées par les associations professionnelles et des institutions comme l'École du Patrimoine africain ou la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication, ne contribuent guère à corriger la situation.

Par ailleurs, ce n'est pas tant l'ignorance des règles du métier qui est reprochée aux journalistes culturels, que leurs lacunes en culture générale. Oscar Kidjo, directeur des arts et de la culture au ministère de la Culture, déplore que "certains journalistes viennent au journalisme culturel en oubliant qu'il y a un minimum de connaissances qu'il faut avoir sur les arts et la culture". "Les journalistes culturels ne lisent pas ; on ne sent guère de culture générale dans leurs écrits", s'indigne lui aussi Alougbine Dine. Le directeur adjoint du Centre culturel français de Cotonou, Noël Vitin, déplore leur manque de profondeur : "Ils se contentent des comptes-rendus, sans chercher à analyser et à critiquer ce qui est fait. Nous n'attendons pas des journalistes qu'ils nous rapportent que le public a applaudi un spectacle. Nous voulons qu'ils comprennent les démarches des artistes, qu'ils aillent au fond des choses pour nous proposer des critiques qui éclairent les artistes sur leurs insuffisances et leurs mérites."

L'amateurisme des artistes et la léthargie dans laquelle végète la création artistique ne facilitent pas non plus la tâche aux journalistes. Les activités culturelles se signalent par leur manque d'abondance, et la qualité de beaucoup d'œuvres présentées laisse à désirer. Les salles de cinéma sont restées noires depuis plusieurs années (le pays compte moins de dix longs métrages, depuis la réalisation du premier du genre en 1974). Les festivals, les expositions et les spectacles sont rares : Festival international de Théâtre du Bénin (FITHEB), Festival de théâtre scolaire (Kaletas), ou Festival racines (théâtre également), spectacles et expositions organisés par les centres culturels français, plus quelques autres activités sporadiques constituent toute l'offre en la matière. Alougbine Dine, metteur en scène et ancien directeur du FITHEB, reconnaît que "le spectacle est malade." Oscar Kidjo aussi, qui regrette que "beaucoup d'œuvres manquent de profondeur." Ce malaise rejaillit sur le manque d'intérêt du public, et bien sûr sur la critique. Celle-ci n'est-elle pas délicate "quand l'artiste est farfelu" (2)? A qui la faute ? Aux artistes qui ne se forment pas ? Ou encore aux pouvoirs publics, pour qui la culture n'est rien d'autre qu'une hypothétique cinquième roue de l'attelage, à laquelle on ne concède que moins de 0,15% du budget de l'État. Promesse, toutefois, du directeur des arts et de la culture : "Le nouveau régime va améliorer la situation pour redonner du souffle à la création artistique."

On l'aura compris : au Bénin, tout concourt à faire de la pratique du journalisme culturel le contraire d'une sinécure. Précarité économique des organes de presse, faiblesse de la production culturelle, amateurisme des acteurs, tant artistes que journalistes. La plaie est grande, mais pas incurable... Pour la panser, suggère Oskar Kidjo, il faut commencer par le commencement : "artistes et journalistes doivent faire l'effort de s'auto-former en attendant que les conditions optimales pour l'exercice de la critique se mettent progressivement en place".

Ecrit en novembre 2007 par Pascal Zantou (africultures.com)

1. Charly-Gabriel Mbock, "Les limites de la critique culturelle dans les médias en Afrique", in Culture, Arts et médias en Afrique, p. 36, Institut Panos, Dakar, 2001.
2. Ibidem, p. 37.


HANLISSA, pour la valorisation de la musique traditionnelle

Un homme passionné : Aubin Akpohounkè. Une chaîne de télévision privée : Canal 3 Bénin.Un jour et une heure : Samedi, 18 heures 30 minutes. Depuis deux ans, toutes les conditions sont réunies pour offrir à la musique traditionnelle son instant à la télévision. Depuis deux ans, « Hanlissa » s’impose comme la tribune officielle de défense de la musique traditionnelle à la télévision. Au travers d’entretiens avec les acteurs de cette musique, l’animateur plonge le téléspectateur au cœur de l’univers de la tradition, le temps d’une émission.

« Combien de fois avez-vous déjà entendu dire qu’un artiste de la musique traditionnelle est allé en prison ? ». Pour aubin Akpohounkè, l’importance de la musique traditionnelle n’est plus à démontrer, tant sur le plan personnel que sur le plan social. Une importance qui contraste paradoxalement avec la marginalisation de ce type de musique et de ses acteurs dans les médias. En effet, les médias audiovisuels taillent la part belle aux musiques modernes si ce n’est pas aux musiques étrangères, reléguant ainsi aux oubliettes la musique traditionnelle propre à notre pays. Un constat attristant effectué par le jeune animateur-télé et qui le pousse en 2009 à initier l’émission « Hanlissa ». Et pour lui, l’objectif est clairement défini : valoriser la musique traditionnelle. « Les artistes de la musique traditionnelle diffusent des messages d’éducation, ils sensibilisent à travers des histoires et des proverbes inspirés de nos réalités. Et nous les comprenons mieux. Il fallait donc valoriser cette musique dans les médias. C’est ce qui m’a inspiré l’idée de cette émission », explique-t-il. Une idée qui a tout de suite reçu l’assentiment de la chaîne de télévision privée Canal3 Bénin. Pour la dénomination de l’émission, il n’a pas eu à beaucoup chercher : « han » et « lissa » signifie respectivement en fon « chanson » et « palabre » ; « hanlissa » se traduirait donc « l’instant de la chanson ».

Une émission multi-générationnelle

Créée pour valoriser la musique traditionnelle béninoise, « Hanlissa »va chaque semaine à la rencontre des artistes du secteur bénéficiant d’une réputation avérée ou pas. Elle se propose de mieux les connaître, de comprendre leur carrière et de s’imprégner de leurs difficultés. Dans son concept, « Hanlissa » se déroule en deux principales phases : la biographie et la discographie d’un artiste traditionnel confirmé suivies de la présentation d’un jeune talent qui essaie tant bien que mal de suivre le chemin de la tradition. Cette approche novatrice dans le déroulement de l’émission permet à l’aîné, selon les dires de l’animateur, de donner son avis et des conseils au jeune qui espère devenir célèbre comme lui. Ce qui fait dire à Aubin Akpohounkè que son émission est « une plateforme de rencontre entre deux générations qui ont en partage un même combat : la valorisation de la tradition ».

« J’ai espoir »

Après deux ans au service de la musique traditionnelle au cours desquels il a reçu plusieurs dizaines de musiciens traditionnels, Aubin Akpohounkè garde l’espoir de se faire entendre un jour et ainsi de redonner une meilleure image à la musique traditionnelle. « Si nous rééduquons notre jeunesse et que les responsables en charge de la culture prennent conscience de l’état de notre musique traditionnelle, je pense qu’on pourra renverser la tendance », confesse-t-il. Pour lui, « les différentes chaînes de radiodiffusion et de télévision de notre pays ont également un rôle très important à jouer dans ce combat noble qui est de donner la priorité à notre culture ». Malgré les difficultés qu’ils rencontrent dans la production de l’émission et qui ont trait essentiellement au manque de moyens pour le tournage, Aubin Akpohounkè compte garder le cap car il reste persuadé que pour le retour des valeurs morales au sein de la population béninoise et surtout de sa jeunesse, la musique traditionnelle doit beaucoup être valorisée.

Par Berchet-Steeve CHABI (Collaboration)


Koffi ATTEDE, Directeur de Publication du magazine Bénincultures : " Ce qui nous différencie des autres magazines, c'est que nous parlons exclusivement de Culture"

Mis en vente depuis la fin du mois d’octobre, le nouveau visage de l’information culturelle au Bénin, le magazine Bénincultures a été officiellement lancé ce vendredi 11 novembre 2011. La cérémonie de lancement qui s’est déroulée dans la salle de conférence des Résidences Céline Hôtel de Fidjrossè a connu la présence du ministre de la culture, Valentin DJENONTIN AGOSSOU, des acteurs culturels et d’un public de curieux. Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le Directeur de Publication de ce magazine, Koffi ATTEDE revient sur le bien-fondé de cette nouvelle publication et nous explique  sa vision de l’information culturelle au Bénin.

Pourquoi Bénincultures?
Bénincultures à cause de la ligne éditoriale qui régit le magazine : l’économie de la culture, les métiers artistiques et les contenus culturels des médias. En cherchant le nom à donner à ce nouveau support, nous avons voulu trouver quelque chose de très simple, facile à retenir par les lecteurs et qui ne devrait pas nécessiter beaucoup d’efforts avant la compréhension. En prenant en compte notre ligne éditoriale exclusivement consacrée à la culture béninoise, nous avons décidé de Bénincultures comme l’identité nominale de tous les canaux d’information dont nous disposons comme le magazine.

Quels sont vos objectifs en mettant sur le marché un tel magazine?
Laissez-moi vous dire que la majorité des études menées sur la compétitivité de la culture béninoise classent le manque d’information au premier rang des problèmes dont souffre le secteur. Avant même la formation. C’est-à-dire que les acteurs culturels béninois souffrent de la non-disponibilité de l’information, concernant par exemple l’organisation de tel ou tel festival auquel ils pourraient prendre part ; ou encore d’une formation qui concerne leur domaine et beaucoup d’autres exemples. Notre principal objectif en éditant le magazine Bénincultures est de mettre à la disposition des acteurs culturels les informations dont ils ont besoin. Ensuite, nous voulons informer tous les consommateurs des œuvres culturelles de ce qui se passe dans le secteur. Nous nous intéressons à toutes les actions culturelles qui  ont lieu au Bénin ou à toutes celles qui impliquent des acteurs culturels béninois et des organisations culturelles de droit béninois à l’étranger.

Qu'est-ce qui différencie le magazine Bénincultures des autres magazines que nous avons l'habitude de voir?
Je l’ai dit un peu plus haut. Déjà notre ligne éditoriale exclusivement dédiée à la culture. Comme j’ai d’ailleurs pris l’habitude de le dire, le magazine Bénincultures n’est pas un achalandage éditorial avec la culture en appendice. Autrement dit, ce qui nous différencie déjà des autres, c’est que nous ne parlons que culture. Nous ne nous servons pas de la culture pour traiter d’autres choses. Quand vous prenez le magazine Bénincultures, vous n’aurez que des réflexions sur la culture. Ce qui nous différencie aussi, et là je dois dire que beaucoup d’observateurs sont de cet avis, ce sont nos  qualités rédactionnelle, graphique et d’impression. Nous avons exprès mis la barre très haute dans ces trois domaines pour un résultat presque irréprochable à la parution. A la rédaction, nous mettons un point d’honneur dans le choix des articles à produire et la façon de les écrire. Pour le graphisme, nous pouvons nous vanter d’avoir l’un des meilleurs graphistes de la place et pour l’impression, nous n’avons pas lésiné sur les moyens pour satisfaire le public béninois réputé exigeant.

Décrivez nous quelques rubriques du magazine.
Le magazine est composé d’une quinzaine de rubrique. Je parlerai ici des principales. Nous avons Saga qui va à la découverte dans chaque numéro d’un acteur culturel béninois qui a réussi et qui fait la fierté de notre culture ; Projecteur qui concerne les journalistes culturels ; Talents qui présente à chaque parution 4 valeurs sûres de la culture béninoise. Nous avons aussi Découverte consacrée à une organisation qui œuvre pour la promotion de la culture ; Patrimoine qui se propose de retourner sur les traces de notre histoire ou encore Destination qui est notre clin d’œil aux richesses touristiques du pays. D’autres rubriques alimentent chaque parution pour le bonheur de tout le monde.

A la cérémonie de lancement officiel du magazine, très peu d'acteurs culturels ont fait le déplacement. Ne pensez-vous pas prêcher dans le désert?
Non, nous ne devons pas tirer une conclusion aussi hâtive. Il faut considérer que la pluie a été pour beaucoup dans l’absence de certains acteurs culturels. D’autres étaient vraiment sur d’autres champs d’action toujours pour la promotion de la culture béninoise. Nous avons reçu beaucoup de soutiens des acteurs culturels mais qui n’ont pu effectuer le déplacement. Loin de nous en plaindre, il est de notre devoir de les rassurer sur le fait que le magazine Bénincultures n’est pas le seul apanage des Editions Plurielles ni d’un groupe d’acteurs culturels. C’est le magazine de toute la culture béninoise et donc de tous les acteurs culturels. Nous devons aussi fait preuve de grande reconnaissance envers les acteurs culturels qui ont effectué le déplacement et surtout le Ministre de la Culture, de l’alphabétisation, de l’Artisanat et du tourisme dont la présence et celle de tous les autres nous prouvent que nous ne nous sommes pas trompés de combat ni d’objectif.

Nous savons qu'il y a à peu près deux ans vous avez fait publié trois numéros du magazine Plurielles. Mais après, vous avez cessé de paraître. Qu'est ce qui a justifié un tel arrêt?
Il y a deux ans effectivement, nous avons assuré trois parutions du magazine Plurielles qui avait la même ligne éditoriale ainsi que la même qualité d’impression que le magazine Bénincultures aujourd’hui mais qui était gratuit. Nous avons très tôt compris qu’un produit gratuit au Bénin n’est pas forcément considéré comme un produit de qualité. En ce sens que nous béninois considérons que ce que nous obtenons gratuitement ne mérite pas qu’on lui taille trop d’importance. Donc après les trois parutions, nous avons décidé de prendre du recul pour reconsidérer les choses. Je dois aussi avouer que nous en étions arrivés à un point où on se demandait s’il était vraiment utile de continuer d’injecter de l’argent de cette façon. Nous avons donc arrêté et nous nous sommes consacrés durant tout ce temps à l’édition du livre et à l’organisation du concours national d’écriture et des genres littéraires « Plumes Dorées ». Mais nous n’avions jamais cessé de réfléchir à relancer la publication du magazine.

Pensez-vous avoir pris toutes les dispositions pour que la même situation ne se reproduise pas avec le magazine Bénincultures?
Oui et non. Oui parce que nous pensons que notre nouvelle formule plaira à nous lecteurs qui accorderont au magazine l’attention qu’il mérite. Je veux parler du format, de la qualité rédactionnelle, du graphisme et de l’impression. Nous estimons que nous avons essayé au mieux de prendre en compte les erreurs que nous avons commises avec notre première expérience pour entamer cette nouvelle aventure. Non parce que nous attendons encore de voir l’accueil que les lecteurs en général et les acteurs culturels en particulier accorderont à cette nouvelle formule. Nous travaillons avant tout pour eux et s’ils accompagnent cette initiative comme il faut à travers l’achat, les conseils et apports, nous ne doutons pas que nous sommes revenus pour rester pendant longtemps encore.

Qu'avez-vous envie de dire à vos lecteurs en général et aux acteurs culturels en particulier?
Je dirai aux lecteurs de considérer le magazine Bénincultures comme le support par excellence de diffusion de l’information culturelle et de s’en procurer à chaque parution, c’est-à-dire tous les deux mois. Des offres d’abonnement sont spécialement étudiées pour eux et ils n’ont qu’à prendre contact avec notre équipe commerciale. Aux acteurs et journalistes culturels, je dirai la même chose mais j’ajouterai que nous avons besoin de tout le monde pour faire grandir et vivre ce magazine que nous avons aujourd’hui du plaisir à qualifier de « nouveau visage de l’information culturelle au Bénin ».

Propos recueillis par Prince BOCO (L'Autre Fraternité)


 

Elpidio de SOUZA à cœur ouvert

Il s’appelle Elpidio de Souza. Il est animateur radio. C’est avec une facilité déconcertante que ce comptable de formation  nous emballe avec sa voix sur les différentes chaines où il s’est fait un nom. Aujourd’hui âgé de 35 ans et père de deux enfants, Elpidio Josélito Léo de Souza de son vrai nom est l’un des animateurs les plus populaires du Bénin. Voyage au cœur de la vie d’un homme dont la voix ne laisse personne indifférent.

 

Comment devient-on animateur après une formation de comptable ?
Simplement. Après mon Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en Comptabilité et Gestion des Entreprises, j’écoutais la Radio Nationale un jour pendant les vacances quand ils ont lancé un  concours dénommé Antenne Vacances. Je me suis inscrit. On était 88 au départ, ensuite on s’est retrouvé à 14 et après, j’ai été retenu avec Henri ASSOGBA. C’est comme ça que j’ai commencé l’aventure radio. J’ai donc commencé à l’ORTB ; je suis passé par Radio Wêkê, dans ses tous premiers jours où j’ai fait un mois et à Radio Adjaouèrè où j’ai fait 7 mois. Ensuite, j’ai lancé les programmes de Radio Planète où j’ai fait environ 4 ans et j’ai participé à la naissance de Océan Fm. Sur cette radio, j’ai d’abord occupé le poste de Responsable Animateur et j’ai animé pendant deux ans et demi. Entre temps, j’ai fait une expérience télé à LC2 où j’ai animé l’émission Groove pendant 3 à 4 mois.

Et aujourd’hui ?
Après Océan Fm d’où j’ai démissionné, je me suis beaucoup plus lancé dans l’animation live. J’ai un contrat de scène avec la SOBEBRA et je m’occupe de presque toutes les animations de cette société depuis environ deux ans. Je prête ma voix pour des publicités. Donc, je peux dire que depuis environ trois à quatre ans, je suis à mon propre compte, pour l’instant dans l’informel en attendant d’avoir une structure digne de ce nom pour officialiser ce que je fais.

Vous jouissez d’une certaine renommée dans le domaine de l’animation au Bénin. Comment vivez-vous cette situation ?
Si vous dites que j’ai une certaine popularité, ça vous engage. Pour moi, je n’ai pas encore une popularité. Je suis au service de mes frères et c’est ce que je fais avec beaucoup de plaisir et de bonheur depuis environ une quinzaine d’années. C’est vrai que de temps en temps, on m’interpelle dans la circulation, je fais un geste de la main ou je klaxonne si je suis à moto. C’est tout. A certains endroits, on me facilite la tâche quand on découvre que c’est moi. Mais ce n’est pas encore ça.

Les femmes ne vous gênent elles pas trop ?
En ce qui concerne la gent féminine, on essaye de gérer. Ce n’est pas facile mais il faut se mettre au dessus.    Il faut savoir ce qu’on veut et ne pas se laisser perturber.

Quelle est votre plus grande satisfaction en tant qu’animateur ?
En tant qu’animateur ? Je ne l’aie pas encore eu. J’espère que je l’aurai.

Et votre plus grande déception ?
(Long  soupir). Ma grande déception, ce sont les circonstances de mon départ d’Océan Fm. Quand des frères à qui tu as tendu la main et qui sont venus là, ont eu la chance d’occuper un poste de responsabilité plus élevé que toi vont jusqu’à couper l’émetteur à cause de toi, je dis que c’est décevant. Le Responsable Animateur à l’époque, qui soit dit en passant m’a pris ma place injustement, me donne une lettre de suspension qui prend effet dès l’instant où je l’ai reçue c'est-à-dire à 10 minutes de mon émission. Je dis non, je fais mon émission d’abord et après on va en discuter. Je mets mes génériques et jingles et les auditeurs savaient que je venais. Malgré ça, il me dit non. Je m’apprêtais à faire mon introduction quand un haut responsable de la Radio n’a eu qu’un seul reflexe, c’est d’aller couper l’émetteur. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. J’ai dit bon ok, si ça va jusqu'à ce point, il vaut mieux laisser tomber et j’ai laissé tomber. J’ai écrit une lettre de démission que je voulais rendre publique mais Jérôme CARLOS (Directeur de CAPP Fm, Ndlr) que j’ai eu le reflexe d’aller consulter m’a dit non : « Sans amertume, tu écris ta note de démission normalement ».  C’est ainsi que j’ai déposé ma lettre de démission un 3 Mai, Journée internationale de la liberté de presse. Donc, j’ai pris ma liberté vis-à-vis des médias.

Quelles sont vos relations actuelles avec ce responsable ?
On se voit souvent, on se salue, on s’échange quelques mots et c’est tout. On a gardé une bonne relation. C’est vrai qu’il y a une réserve. Si on te blesse, même si la blessure guérit, la cicatrice reste. On dit dans notre culture que, lorsque  le serpent te mord, tu fuis si tu vois le ver de terre.

Africa Star au Bénin, c’est vous. Comment s’est opéré votre choix ?
Depuis 2000, je suis le correspondant de Claudy Siar et de l’émission Couleurs Tropicales de RFI au Bénin. C’est Claudy Siar et Charlotte de la Chaux qui ont eu l’idée de cet événement Africa Star qui est un championnat africain de chant. A l’instar de la Coupe d’Afrique des Nations de football, c’est la coupe d’Afrique des Nations de musique et la première édition a regroupé huit pays et ceux qui ont représenté Africa Star dans les huit pays sont les correspondants de Claudy siar.

Parlez nous du Casting de la première édition d’Africa Star au Bénin
C’est en tant que représentant d’Africa Star au Bénin que j’ai organisé le casting ici l’année passée au Djembé à Cotonou où j’ai retenu les dix meilleurs. J’ai envoyé le film du casting et les fiches en France où se trouve la structure qui produit l’émission et qui s’appelle SCDC Productions. Là bas, ils ont visualisé les images et Gaël GBESSOVI qui était deuxième juste devant Kiinzah que j’ai proposée comme représentante du Bénin, a convaincu le jury de SCDC Productions. D’où son choix pour défendre les couleurs nationales du Bénin. Sinon, la première était Natascha KPIKPIDI.

L’animation radio au Bénin aujourd’hui, vous en pensez quoi ?
Le niveau a baissé, ce n’est plus comme avant où on avait des références sur les radios. Aujourd’hui, des gens essayent mais ce n’est pas encore ça. Parce qu’ils ne sont pas motivé. Figurez vous que je gagnais 30.000 francs CFA, le mois. Comment je peux entretenir une famille avec une somme pareille. En principe, je devrais être sur une radio ou une télévision mais ça ne paye pas bien. Donc, je préfère collaborer, travailler avec plutôt que travailler pour. C’est dommage, le niveau a baissé et  il faut le relever.

En quoi faisant ?
Il faut mettre les animateurs à l‘aise, mieux les traiter et il faut aussi que ces derniers s’exercent encore plus.  Aujourd’hui, ils ont tout à leur disposition par le biais de l’internet qui se développe.

Propos recueillis par Eustache AGBOTON (Bénincultures)

 


 
(©) 2012 Les Editions Plurielles
WebMaster: Nelson GANGBO / iMedia