DANSES
Conservatoire de danses cérémonielles et royales d’Abomey :
Sauvegarder le patrimoine culturel immatériel fon
Fruit d’un regroupement d’intellectuels d’Abomey, le conservatoire de danses cérémonielles et royales d’Abomey a été créé en 1996 et s’est donné pour mission la sauvegarde et la redynamisation de deux éléments essentiels du patrimoine culturel de l’aire sociogéographique fon : la musique et les danses cérémonielles, royales ou populaires. Mission tant bien que mal réussie au regard des talents des promotions sorties de ce conservatoire qui a par ailleurs pris part à plusieurs manifestations de promotion de danses sacrées aussi bien au plan national qu’international.

Les élèves du Conservatoire de danses cérémonielles et royales ©DR
Rechercher, en vue de leur fixation et de leur diffusion, des danses cérémonielles et royales ainsi que des chants populaires menacés d’extinction. Le principal objectif du conservatoire de danses cérémonielles et royales d’Abomey répond parfaitement à l’ambition de ses créateurs de sauvegarder et de redynamiser le patrimoine immatériel que constituent les danses cérémonielles et royales d’Abomey. Ainsi, depuis sa création, le conservatoire s’attèle à transmettre cette richesse culturelle à ses apprenants. Recrutée tous les ans sur concours dans les établissements scolaires d’Abomey, la centaine d’écoliers et d’élèves, âgés de 6 à 20 ans, suit une formation artistique de cinq ans, à raison de 3 à 5 mois par année scolaire et au rythme de quatre heures par semaine. Sanctionnée par le Certificat d’Aptitude Artistique avec diverses options, la formation est axée sur la redécouverte des principes des chants et danses (atcha, akon, zinli, houngan,…), l’éducation physique (assouplissement et équilibre du corps, renforcement de la cheville), l’histoire de l’art, l’initiation à la lecture et l’écriture de la langue Fon. « Ils apprennent à chanter et à danser. Nous leur apprenons aussi à exalter les rois et à travers les louanges à eux prodiguées. Ils retrouvent le chemin des panégyriques », explique le professeur Albert Bienvenu AKOHA, directeur du conservatoire. Ont déjà bénéficié de ce certificat, la promotion Basile KOSSOU (le 15 Avril 2001), la promotion Justin AHOMADEGBE TOMETIN (le 29 mars 2003), la promotion Tara Daniel TINDJILE (le 16 avril 2005) et la promotion Coffi Guillaume ADJAHO (le 13 avril 2009).
Diffuser le patrimoine immatériel
De par sa mission et depuis sa première sortie en 1997 sur la place Singbodji du musée historique d’Abomey, le conservatoire de danses cérémonielles et royales d’Abomey participe à de nombreuses manifestations et festivals pour « valoriser le patrimoine culturel du Bénin et témoigner de sa richesse ». On le retrouve ainsi aux lancements du Centre international Basile KOSSOU et de la Fondation de l’ex-président de la HAAC, Thimothée ADANLIN, au festival de la francophonie à Parakou en avril 2002, au festival international de danses sacrées de Thiès (Sénégal) en mars 2004, à l’ouverture du festival international « Gospel et Racines » en août 2003 et à toutes les éditions du festival de Danxomé.
En outre, le conservatoire de danses cérémonielles et royales d’Abomey a entrepris dès sa naissance de collecter, d’enregistrer, de transcrire et de traduire des chants historiques tels que ceux du rythme kotoja que le roi Ghézo a fait dédier à son prédécesseur. Et pour renforcer les capacités de lecture et d’écriture de la langue Fon, un ouvrage intitulé Musique du Danxomè, mélodies immortelles, CDCRA, Avril 2009, est publié et répertorie des chants fons accompagnés de leur traduction.
Des avancées non sans peine
« A chaque séance de répétition, les mercredis après midi et les samedis matin, chaque élève du conservatoire a droit à 200 francs comme frais d’entretien. Cette charge ajoutée aux frais de personnel qu’il faut payer et l’entretien des locaux, le conservatoire peine », explique le professeur. Malgré le financement de huit millions de francs Cfa reçu de L’UNESCO en 1996 et du PSICD en 2008, le conservatoire vit des aides de bonnes volontés et …des ‘’poches’’ du directeur. « À l’heure où je vous parle, c’est moi qui soutiens le conservatoire jusqu’à la prochaine subvention », une subvention qui pourrait venir du Fonds d’Aide à la Culture. « Nous avons écrit pour demander comme tout le monde une subvention au Fonds d’Aide à la Culture. Nous croisons les doigts et attendons », poursuit le professeur Akoha.
Outre l’inexistence de partenaire privilégié et la pénurie criarde de bonnes volontés pouvant soulager les peines dues aux dépenses financières inhérentes au fonctionnement du conservatoire, l’institution perd au fil des prestations et des admirations, ses plus talentueuses danseuses prises dans l’engrenage social : « Les filles qui dansent bien ne restent pas longtemps au conservatoire, les hommes ne les laissent plus tranquilles. Résultat, il y en a beaucoup qui nous ont quittés précocement pour aller se marier et ça c’est un peu dommage » se désole le professeur AKOHA.
Garder le cap malgré les obstacles
Evoluer vers le conservatoire de danses cérémonielles et royales du Bénin. Le conservatoire ambitionne de se mettre au service de tout le pays et contribuer à la collecte et à l’enseignement du patrimoine de Djougou, Natitingou, Kandi, Nikki, Lokossa, Grand Popo, Allada ou Kétou. Une ambition qui deviendra bientôt réalité à Porto Novo puisque le professeur Albert Bienvenu AKOHA a été sollicité par l’Ecole du Patrimoine Africain comme personne ressource pour aider le conservateur du musée Honmè à mettre sur pied le conservatoire de Porto Novo.
Ecrit par Eustache AGBOTON (Bénincultures)
Marcel Gbeffa bientôt aux 8è rencontres chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien

Connues sous le nom de « DANSE L’AFRIQUE DANSE », les Rencontres Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan Indien sont une initiative de l’Association Donko Seko et de Culturesfrance. Sa huitième (8ème) édition aura lieu du 29 octobre au 5 novembre à Bamako au Mali. Ce concours interafricain et de l’Océan Indien est un moment de brassage, de rencontres et de partages d’expériences professionnelles dans le domaine de la danse. « Il s’adresse avant tout aux jeunes chorégraphes et aux compagnies dont les créations témoignent d’un travail de recherche et d’une expression artistique imaginative ».
Marcel GBEFFA, jeune chorégraphe béninois vient d’être retenu pour cette 8ème édition dans le « IN » du festival. En effet, en 2003 le chorégraphe béninois Cakpo Clément avait été retenu pour le « off » de cette manifestation tenue à Antananarivo.
Pour une première participation officielle du Bénin, Marcel GBEFFA a la lourde mission de défendre valablement l’image du pays.
Jeune, frêle, timide et presque fragile physiquement, Marcel est très peu bavard. Très effacé, le chorégraphe béninois retenu pour cette 8ème édition des Rencontres de Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan Indien n’est très pas reconnu du public béninois comme un talent de la chorégraphie. Pourtant il a déjà, à de rares occasions exceptionnelles, donné la preuve de son immense et particulier talent de danseur doué et cultivé. Ses approches de la chorégraphie et de la danse restent ici une véritable révolution et une innovation dans le domaine.
Co-fondateur et Co-animateur d’un atelier de formation pour adolescents et adultes, Marcel est aussi un formateur pointilleux très apprécié de ces apprenants.
Vivement que cette 8ème édition des Rencontres Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan Indien le consacrent et le positionnent d’avantage sur l’échiquier national et africain de la chorégraphie.
Bénincultures.com